Je
sais que c'est un sujet que je commence à épuiser, les drapeaux,
les idéaux, les trahisons et tutti quanti. J'ai une excuse, ma muse
vient de se réinstaller, enfin réinstallée, je ne sais pas? Elle
est encore assise sur le sofa et n'a pas enlevé sa veste,elle se
sifflote pas non plus, ce qui n'est pas bon signe. Alors j'ai voulu
lui montrer que sa présence changeait les choses, je suis allé au
plus court afin qu'elle sente que les beaux jours peuvent revenir; Et
puis la nuit dernière était "nuit des étoiles" je
voulais lui faire un clin d'oeil à elle et à elles. Allez donc
jusqu'au bout et soyez indulgent pour elle et pour moi. Mais pas de
béni-oui-oui. Si ça ne vous plait pas, nous acceptons tous deux la
critique...
Je
regarde mes certitudes plastronnant menton levé
Soulevant
des bottes aux couleurs de mes illusions
Tandis
que des plafonds tombent des drapeaux
Oripeaux
dont elles s’habillent en riant.
Ma
chambre s’est faite oubliettes
Aux
multiples rêves reclus à jamais
Et
dont les murs suintent de mots mortels
Aux
dards effilés. Aux cris assassins.
Ainsi,
doutes et trahisons
Implacables
ennemis de ma raison
Rythment
les pas d’une troupe grimaçante
Plus
armée qu’aucune guerre n’aura jamais vue
Peu
à peu les heures tombent en phosphorescences
Comme
ces corps désarticulés qui jonchent ma conscience
Attendant
une aube qui tout à l’heure les relèvera de leur mort
Pour
leur faire recommencer demain leurs terribles chutes
Les
promesses ferment le cortège
Bannières
levées dont l’étoffe n’est plus qu’un voile
Dont
les lettres qui hier faisaient briller les oriflammes
Ne
sont plus que propos en quête d’étoiles
Quand
enfin le premier rayon du jour
Se
dessine sur la peau
D’un
rêve qui tout à l’heure couvrira de couleurs
Les
évanescences grisâtres de mes nuits.
Nota:
J'ai demandé, supplié, prié à genoux qu'une muse daigne enfin
prendre le chemin de mon esprit. Aucune depuis des semaines n'a
daigné m'accorder la moindre parcelle de son temps. Tout à l'heure
j'en ai vu passer une, camouflée mais facilement reconnaissable,
elle semait des mots derrière elle. J'ai couru, elle a couru aussi,
quand finalement épuisé j'allais m'arrêter, c'est dingue
l'endurance des muses, j'ai attrapé un bout de sa cape, il en est
tombé quelques-uns de ces mots . Elle s'est arrêtée et me
transperçant d'un regard meurtrier m'a dit: "Tu me voles? Et
bien soit, recueille ce qui est tombé, mais sache que dans ce que tu
ramasseras il y aura peu de joies, utilise les au mieux" A vous
de me dire si je les ai bien cousus. J'aimerais qu'elle soit contente
et pourquoi pas ...revienne.
Je veux parler de mon imagination ! Au début, quand j’étais enfant, je veux dire, elle était ma sœur. Enfin, la vraie, celle avec qui je pouvais discuter, celle avec qui je pouvais jouer. Quand je lui parlais, elle me répondait, systématiquement. O pas toujours aimablement ! Mais comme une sœur parle à son petit frère, avec des mots, des réponses, des répliques. Nous avancions ensemble et elle me permettait de ne pas être seul à décider. Je lui demandais toujours son avis.
Un jour, par un après midi d’été pluvieux, de ceux qui vous collent un vêtement d’ennui sur le dos et qui vous rendent mélancolique, je cherche « quelque chose à faire »… ! Mon regard se porte soudain sur une buche de bois, courte, droite et d’un bon diamètre. Je questionne instantanément ma compagne. Elle me dit :
- « Tu pourrais bien en faire une sculpture de ce machin… »
Dans un premier temps je ne réponds pas, bloquant quelque peu sur le terme « sculpture ». Mais finalement elle a mis un vers dans mon fruit cérébral. Je vais sculpter ce bout de bois. Je réunis rapidement divers outils pouvant servir à cureter, à couper, à poncer cette future « œuvre d’art. » Elle me guide, me force à réfléchir, à reculer, à penser et naturellement, elle fait apparaitre en moi, l’image d’un visage, d’une tête plus exactement. Plusieurs heures plus tard, trône sur l’établi de mon père une statue de bois, lisse, expressive et fine. Elle et moi, sommes très satisfaits du résultat. J’ai toujours gardé cette figure initiatique.
Par la suite, au cours de ma vie d’adolescent, d’adulte elle m’a constamment proposé « des choses » à faire. Ainsi, avec elle j’ai osé dessiner, peindre, écrire, parler, discourir, animer, enseigner bref, toutes ces activités où il faut être créatif. Elle est fidèle et toujours prête. Enfin presque toujours !
Il m’arrive de m’installer simplement devant une feuille blanche, une toile blanche, mon ordinateur et lui dire gentiment : « j’attends » ! Puis, rien ! … Elle ne répond pas ! Alors, comme dans un vieux couple, je lui demande : « qu’est ce qui se passe, tu boudes ? » Pensant l’avoir froissé par maladresse lors d’un texte où je me suis aventuré un peu seul, lors d’un dessin insipide, lors d’une réflexion totalement stéréotypée, je lui fais quelques marchandages en guise d’excuses… « Passe moi une petite étincelle, juste pour démarrer, après je ne t’embête plus, promis ! »
Comme d’habitude, car elle connait par cœur mes viles promesses, elle ne dit rien pour ne pas envenimer le dialogue mais je sais que dans les minutes qui vont suivre, ma main, mes doigts vont s’animer. Et une histoire va démarrer…
Elle ne me lâche pas et j’en suis étonné !
Je n’ose pas lui dire en face, par orgueil, mais sans elle…je ne serais pas grand-chose ! Chut…Et j’en serais réduit à fouiller dans le réel mes sources d’inspiration ! Mais je me demande quand même, à l’instant, là, si elle…elle ne puise pas dans « mes affaires » pour me sortir des idées aussi délirantes !
1 - Peut-être jaloux de ces gens qui se moquent d’ailleurs, peut-être jaloux de ces gens qui se moquent d’autrui ? Qui ne sont pas même indifférents à tout ce qui ne les concerne pas. Eux se mêlent de tout et n’en connaissent rien, ont avis sur tout et ne construisent rien. Moutons de la nation, qu’ils ne servent pas plus pour autant, défenseurs de certitudes inaltérées, pourtant nées d’incertitudes altérables. Qui ne demandent en retour qu’un peu de flatterie, un infime privilège, une coupe à exposer, une médaille à accrocher, un satisfecit à afficher ! Conditionnés d’abord à l’œstrogène et la testostérone, aussi insignifiants ordinaires que d’autres pourtant, prêts à se damner pour leurs idoles de pacotilles.
2 - Peut-être jaloux de ceux qui ne voient rien, ces béats permanents pour qui tout va bien, qui s’en remettent au destin ? Ces gens qui ne vont nul part sauf en terre très connue, qui ne vont au devant de personne sauf de ceux d’une communauté très choisie. Qui ne parlent que de leur rhumatisme naissant parce qu’il faut bien parler de quelque chose ! Ou du petit qui devient grand, parce qu’il n’est bientôt plus petit. Peut-être jaloux parce qu’ils savent changer de chaine quand ça parle de guerre, savent changer de trottoir quand l’autre dérange ? Là, ici, ailleurs… peu importe, de partout il y en a, indifférents à l’agitation du monde, ils ont leur vie à sauver, à mener paisiblement jusqu’au bout. Tous malades de gravissimes dénis.
Peut-être jaloux ?
Ô non, pas de l’1-2 !
Nul besoin d’être Homme pour n’être que cela !
Peut-être jaloux de ces gens qui regardent le monde par delà leur monde ! Ces philosophes qui ne le savent pas, ces sages qui s’ignorent. Ces bouviers nomades, ces meneurs de rennes, itinérants des terres infinies de sable brûlant, des royaumes des vents, des steppes froides, ces hommes et ces femmes, que l’on n’écoute pas, hors de nos temps, qui entendent bruisser la Terre en humant l’air, en s’inclinant devant des forces dont ils connaissent les puissances.
Peut-être jaloux de ceux qui ont laissé leurs corps à la terre, confiant leur âme à Dieu ! Partis en oubliant de respirer, un soir auprès du feu. Ces paysans ridés telles pommes au fruitier quand finit la saison, desséchés sans pourrir après avoir puisés aux tréfonds de leurs chairs jusqu’à la plus infime miette d’énergie… Parce que chez eux, quand de la céréale il faut faire le pain, on ne jette pas les miettes ! Humbles comme le sont ceux qui servent les autres, ils ont nourrit les hommes et partent nourrir le sol, se rangeant sagement aux vérités essentielles.
Peut-être jaloux de ces hommes d’estives, chevriers des cimes, bergers d’alpes ou planèzes ! Qui au secret de leurs burons font naitre des merveilles, pour ravir les palais au creux des masures, tomme ou Beaufort, Salers ou Cantal. Faiseurs de bonheur sans or ni diamant, insoumis au pouvoir de l’argent, libre d’émerveiller avec un bout de fromage. Sur la patine de leur visage, se dessine au bon air le sourire de ceux qui prennent le temps de sourire.
Peut-être jaloux de ceux qui, dans l’oubli d’une chartreuse, se tracent des chemins de lumière ! Déshabillés de superflu, offerts au labeur comme une noble prière. Qui s’émerveillent de la nuit, sans boite ni flonflon. Artistes sans gloire, penseurs sans prestige, qui cherchent d’autres voies que celles du paraître, fussent-ils peut-être à l’esprit ce que le culturiste est au corps. Mais preuves tangibles d’autres alternatives à choisir ou imaginer, ainsi ou autrement.
Peut-être jaloux du tailleur de pierre qui confronte son organique au minéral à dompter ! Qui n’a de pouvoir que soumis à des lois qui ne sont pas les nôtres. Sculpteur de cubes à bâtir ou d’allégories d’art. À façon d’artiste, artisan de toute façon, il manie l’intemporel, dessine les paysages de notre Histoire, y écrit nos traces à coups de burin. Remercie la nature qu’il honore, signifie à nos esprits consommateurs que le pérenne est la plus belle manière de ne point gaspiller.
On peut bien penser ce que l'on veut. On a tout son temps, après tout.
Il n'y a que la morale perverse pour te faire seul supposé que tu es en.. retard ! que tu vas forcément manquer de temps...pour faire.. pour tout faire.. ce que tu dois faire...mais quoi..
C'est ambigu cette façon d'envisager la vie, de la" matérialiser", de la concrétiser..D'être dans les rails, de suivre le troupeau. Faire ? oui, mais faire comme tout le monde ?
:" Et toi mon petit ! que voudras tu faire plus tard ? tu voudras faire QUOUA quand tu seras grand ?"
_ Quand je 'sera' grand, Je 'voudra' être remplaçant au PSG..
_Remplaçant au PSG ? Tu veux dire joueur de foot..?
_Nan ! Juste remplaçant, j'aime pas le foot. J' veux juste le salaire..
Monde mercantile...
Pourquoi travailler si on te paye à rien foutre. Pourquoi rien foutre si on te paye pour travailler...
Choc des cultures qui n'en ont plus. Obscurantisme léger de masse salariale tout aussi "légère".
"Smic ta mère !" .
Il n'y a bien que les chômeurs ou les petits salaires pour avaler la pilule anti sociale. La loi du moins pire fait encore des émules et de bonnes mules.
On est là sans assez y être.
On se bat ?
Non ! on ne se bat plus...On se défend ! c'est différent, c'est très, différent...
On gesticule...pendant qu'on..
Il te reste l'adolescence...L'Ado, l'essence. Pour ne pas te louper. Pour ne pas te faire avoir. Sinon on reparlera de mon article.. à l'article de la mort. Bien trop tard !
Et après ? après c'est moins..bien.
Après.. que "jeunesse se passe". Te voilà dans le grand bain. Celui qui lave plus blanc.. plus neutre (?)..
Après ces instants de rébellion Lycéenne, de jeunesse contestataire. Tes parents te "retrouvent enfin !".
C'est qu'ils avaient eu peur pour toi...Tu ne les écoutais plus...vilain garçon ! vilaine fifille !
Mais bon ! ça va, tout rentre dans l'ordre. Tu es redevenu "raisonnable" (beurk le mot !), tu vas pouvoir passer a nouveau complètement inaperçu. À être con..venable. À être respec..tueux.
Ne sois pas triste... Enfin si ! sois-le ! après tu verras.. on s'habitue..tu t'habi..tueras... Après, on devient juste nostalgique..Il faut bien que jeunesse se passe...elle est passée...du passé. Dépassée.
Là ! normalement, faut pas se retourner tout de suite, c'est dangereux ! tu peux faire une rechute et tes parents te perdre a jamais...: "Je ne comprends pas ce qui lui est passé par la tête.. un garçon siii intelligent, allez élever des chèvres dans le Larzac ? quelle idée saugrenue !"
Non ! on ne peut pas plaire à tout le monde... Encore ne faut-il oublier de SE plaire ! D'avoir ce sentiment d'être où l'on doit être..C'est important, ça, tu sais.. Il y a des gens qui sont capables d'être tristes toutes leurs vies, de te faire croire que le mieux, c'est de faire comme eux. Fais attention ! fais attention a ça... De pas t'oublier en route. Après tu la retrouves plus...
Et d'adulte que tu pourrais devenir, tu deviens légume dans le grand marché du consommable...Fais gaffe ! fais gaffe de pas te laissé bouffer par des modèles stéréotypés, des clones, des transgéniqué.. tout le monde !
Fais gaffe ! préserve-toi ! réserve-toi ! prend TA place...Étonne-toi ! étonne-toi d'abord toi...Les " nous " viendrons après.. Prends tout ton temps. C'est le tien. Si tu le donnes sans raison, franchement c'est pas grave. Si tu le partages pour être solidaire, c'est bien. Si tu le perds a prendre..ton temps, c'est que tu commences à comprendre.. Et enfin, si tu en manques, alors cela veut dire que tu t'es bien fait "avaler" par la société. Car il n'y a qu'une manière de manquer de temps, c'est de s'être fait acheter...C'est pour cela que..La Liberté n'a pas de prix. La Liberté rigole..
Moi aussi... je rigole.. La liberté.. Je rigole, comme un prisonnier évadé.. J'ai pas encore l'esprit en Liberté. Mais plus jamais on pourra " m'enfreiner ", me limiter a la vitesse autoriser. Me mettre des éthylotests bio dans ma voiture. Que je puisse voir à combien de points je conduis. Y'a qu'a jeun qu'on va au Canada...dry.
Bref, y'a tant de conneries qui énervent...De temps perdu à se dire que tu retiens ou que tu te retiens..
Moi, j'attends le meilleur moment. Mais pas toute la vie hein !
Des meilleurs moments...j'en ai déjà eu. J'en aurais encore. J'écoute pas forcément ceux qui m' en proposent. Ils ne valent pas grand-chose..j'habite pas à Disney Land... Mes meilleurs moments, c'est moi qui les ai inventés. On ne les doit a personne...
Peut être que, c'est quand on se retrouve... C'est là, à ce moment qu'on atteint ces "meilleurs moments". Ceux en dehors du temps...C'est là qu'on crée enfin l'alchimie..la notre.
On doit être créateur...pas qu'acteur, ni passant. On doit essayer d'être dépassant, dépasser ses préjugés, dépasser la rigueur.
Se permettre d'autres horizons. Se donner le temps d'aller voir. D'aller se trouver. D'aller rencontrer. Toucher...être touché.
Regarder en face après avoir vu de travers. Se voir sous tous les angles.. même l'angle mort.
Allez se chercher. Ne pas se faire par concession.
S'offrir l'alternative d'être enfin soi, rien que ça...rien que tout ça...
Moi, j'ai mis longtemps à aimer la pluie..On m'avait dit depuis tout petit que c'était du mauvais temps...
Ma vie aujourd'hui est plus jeune d'autant...Je ne crois ni en l'âge, et je renie cette heure qu'on nous fait passer pour du temps.
On nous apprend pas, jamais, à regarder plus loin..On nous apprend qu'a voir de près...
À mettre en sécurité, a se mettre en sécurité...On sait pourtant bien que dès qu'on va en ce sens...
On enclenche un système de peur a jamais "sécurisable"...
On se protège !! ? il faut se protéger... Menace fantôme, la pire...
On ne peut pas trouver la lumière si inconsciemment on cherche à se cacher de l'ombre.
Pour moi la pluie, c'est rien d'autre que du soleil en goutte. Rien de moins qu'essentiel au soleil.
J'ai mis longtemps, peut être que ça veut rien dire, peut être que c'est pas du tout important :"mettre longtemps".
Ce serait juste pour tromper l'heure. Un Leurre.
Aimer la pluie, c'est encore apprendre ou à laisser.
Aimer la pluie, c'est apprendre à aimer... Une certaine façon d'aimer.