Le mot du jour

Qui suis-je?


LA VOIX DE L'ÉCHO

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dimanche 10 mai 2015

EMECKA - AU-DESSUS DU JE-NOUS










Au-dessus du je-nous




Conseil au lecteur: Respire profondément, détends toi et laisse toi aller...il est possible que tu aies besoin de toute ta concentration...Bonne lecture.






Résultat de recherche d'images pour "JE"


Cette histoire avait pourtant bien commencé.
Le couple se promène sereinement en voiture, toutes vitres ouvertes laissant ainsi l’air vivifiant pénétrer au plus profond de chacun. Il fait bon vivre l’instant, l’esprit apparemment libéré. Le silence s’est imposé entre eux comme une évidence, nul ne voulant perturber la quiétude de l’autre. Les paysages et les magnifiques villages successifs se suffisent à eux-mêmes laissant planer cette doucereuse impression que rien ne peut venir altérer ce "bucolisme". Une simple question va toutefois gripper la belle harmonie de façade.
« On est bien, non ? dit JE 
- Ce « on » me semble bien indéfini, répond SOI »
A ce stade de l’histoire, il nous faut faire connaissance avec les personnages. En effet, JE cohabite avec SOI depuis qu’ils sont nés. C’est dire s’ils se connaissent ! Enfin, le pensent-ils encore en cet instant anodin. Leur vie commune serait somme toute bien banale si d’aventure, nombre de gêneurs ne venaient pas troubler leur relation. Les linguistes en premier, qui prétextant leurs différences, souhaitent les assimiler à des jumeaux indifférenciés. Certains préconisent donc l’adjonction de « même » à Soi ; ainsi JE devient plus proche de SOI-même. Il n’est nul besoin de préciser plus avant que l’armée des « psys » de toute confession, s’écharpent depuis leur naissance à ce sujet. Sans parler du Moi!
« Tu préfères que je parle de « nous »  mais, sommes nous pluriels rétorque JE ?
- Tout de suite les grands mots, ironise SOI.
- D’autant que ça ne me paraît pas si simple cette histoire de je-nous insiste JE
- Ah ! Et pourquoi ? questionne SOI
- Car j’ai un doute lâche JE, soudain grave.
-Explique-toi donc enfin réplique SOI un tantinet agacé. »
Et voilà, c'est reparti! Nos deux compères recommencent à se chamailler, se questionner, s’introspecter ce qui avouons-le est plus facile que seul. Naturellement, cela engendre nombre de cogitations et de réparties mais globalement, nous pouvons dire qu’ils s’aiment bien. Attentif l’un à l’autre, JE prend soin de SOI et lui prête généralement sa confiance.
« Qui suis-je est une question qui me tourmente commence JE. Pourtant ce doute me confirme que j’existe, puisque je pense. Pour douter il faut être, n’est-ce pas ?
- Mais si tu le penses, donc tu es, mon pauvre ami insiste SOI
- Dans ton « donc » je trouve toutes les raisons de mes doutes. Voilà ! rétorque JE. »
L’échange est bien parti pour se prolonger mais survient le panneau d’un village portant un joli nom : « Ipséité. »
 « Tu ne voulais pas t’arrêter visiter ce village ? interroge dubitatif SOI
- Si bien-sûr, le prochain également. Ces deux villages collés presque l’un à l’autre sont singuliers et représentent la particularité de la région explique JE.
- Ah ! Et comment s’appelle l’autre ? demande SOI
- « Altérité », je crois répond JE. »
Effectivement, la jolie route de campagne traverse ces deux beaux sites qui après bien des luttes intestines sont devenus finalement très complémentaires. Chacun voulait aux temps anciens, exister par lui-même. Mais une logique humaniste finit par triompher pour le bien de chacun de leurs habitants. Quelle est donc cette raison qui a prévalu ? La prise de conscience d’être lui-même - devise de l’Ipséité - s’est confrontée à celle de l’Altérité « qualité de ce qui est autre ». L’ipséité a donc compris qu’elle ne pouvait exister sans l’autre et que précisément, sa propre existence passait par l’autre village. 
JE est sur le point d’expliquer tout cela à SOI quand celui-ci interrompt brutalement son intention :
« Figure toi que moi aussi je me pose une question existentielle. 
- Bien ! Quelle est-elle ? s'étonne JE, interloqué.
- Pour moi, tu es un autre. Un autre que je crois connaître et qui peut être ne me connaît pas. Ma question est pour toi, l'Autre : Qui suis-je ? Comment me vois-tu? Puis, c'est ici à mon tour d'être l'Autre. Car je suis un autre. Tu comprends JE ? poursuit SOI
- Oui, je te comprends. En fait, je ne suis moi que parce que je me distingue des autres, parce que mon histoire est différente de celle des autres. Il faut beaucoup de SOI pour parvenir à l'Autre, n’est-ce pas ? lui réplique malicieusement JE
- « Oui et…Soi-même comme un autre » devise SOI, satisfait de son effet !
- Tu as raison SOI. Comme ces deux villages. Tu vois, « l'Ipséité du soi-même  implique l'Altérité à un degré si intime que l'une ne se laisse pas penser sans l'autre, que l'une passe plutôt dans l'autre reprend JE en citant pour l’occasion une réflexion de Paul Ricœur.
- Hum ! Tu n’as pas l’impression que notre discussion devient un petit peu trop philosophique ? plaisante SOI en éclatant d’un rire sincère.
- Oui, répond JE en se joignant à l’hilarité de son compagnon, restons-en là ! »
La voiture poursuit ainsi sa route jusqu’à une intersection. Tournant à droite, le pilote, JE,  s’exclame soudain à l’attention de SOI :
« - Tu as vu ? La route que nous prenons s’appelle « Reconnaissance ». 



« Que le lecteur veuille bien me pardonner, je ne parle de moi que pour chercher le plus loyalement du monde ce qu'il en est de lui ».
Michel Serres





Pour aller plus loin : Paul Ricœur « Soi-même comme un autre », René Descartes « Le discours de la méthode » et l’article « Le paradoxe de l’ethnologue » Ipséité et altérité par M. Martial Villemin..








Montage Tippi-que  sur une photographie originale de Emecka à visiter dans sa collection personnelle "De si beaux villages".

En cliquant sur l'image, vous y serez immédiatement téléportés!






Tous droits réservés

Texte à retrouver sur le site iPagination






vendredi 1 mai 2015

DURANDAL - MARIAGE









Mariage




Je ne sais plus quel âge avait Amandine le jour où elle resta scotchée devant cette vitrine dans laquelle deux mannequins habillés comme des mariés semblaient attendre dans la vitrine l’arrivée du convoi nuptial.



Je m’arrêtai, elle serra ma main pour être sûre que je ne bougerais pas avant qu’elle ait fini d’admirer la scène. J’attendis quelques minutes, je ne pouvais pas sacrifier son bonheur de petite fille.

— Dis Maman, pourquoi elle est déguisée en princesse, la dame ?
— Ce n’est pas une robe de princesse, c’est une mariée.
— Pourquoi elle est habillée comme une princesse la mariée ?
— Pour être belle, parce que le curé va demander au marié s’il veut l’épouser et avoir des enfants.
Elle s’arrêta un instant pour intégrer le sens de mes paroles. Je patientai.
— Il dit oui parce qu’elle a une belle robe. Mais si elle n’avait pas une belle robe, il pourrait dire non ?

Ce genre de raccourci étonne par son étrangeté on se demande s’il faut tout reprendre à zéro au risque de casser le monde des rêves ou s’il faut laisser les idées se former toutes seules dans la fraîcheur enfantine.

— C’est un peu comme les oiseaux qui chantent dans le ciel pour trouver un autre oiseau et fonder une famille.
— Mais alors le marié ne doit pas être content le lendemain quand la mariée ne met plus sa belle robe.

J’essayai de lui expliquer dans ses mots qu’ils ne se mariaient pas seulement parce qu’elle était belle dans sa robe de mariée. Elle me demanda de lui dessiner ce qu’était l’amour. J’avoue que je ne sus répondre à sa demande. La robe de mariée, c’était plus simple, elle ne voulait retenir que cela.

Cette vitrine l’impressionna, elle insista pour retourner voir la robe de mariée. Elle en reparlait, me posait une question à l’improviste, je sentais que cela la travaillait. 

Elle me demanda de lui montrer les photos de mon mariage. J’en mis une dans un cadre, elle le gardait près d’elle lorsqu’elle jouait avec ses poupées. Elle ne se lassait pas de la regarder. Elle faisait un lien entre la robe de mariée et sa naissance.

— Si tu avais mis une autre robe, j’aurais été différente alors.


Pour Noël, elle demanda une robe de mariée !

— Pas une vraie, parce que je ne veux pas avoir de bébé tout de suite.

Je cherchais dans le bulletin paroissial la date du prochain mariage et nous y sommes allées toutes les deux, comme des curieuses. Je jouissais du privilège d’être sa confidente. Elle ne quitta pas la mariée des yeux. Sur le parvis, la mariée la remarqua, je lâchai Amandine. Spontanément elle courut vers la mariée pour l’embrasser. Elles étaient émues toutes les deux, des larmes coulèrent sur leurs joues. Je les pris en photo.

— Quand remettras-tu ta robe de mariée ? Mais si tu veux avoir un autre enfant, il faudra bien que tu la remettes.

Elle demanda à son père s’il m’avait trouvée belle en robe de mariée. Il fut un peu étonné quand elle lui demanda s’il voulait qu’elle mette une belle robe «comme maman le jour de son mariage». Flatté, il se redressa pour exciter un peu ma jalousie. Il prit Amandine sur ses genoux et lui dit qu’il serait fier de la conduire à son époux le jour de ses noces. Amandine fut un peu déçue, je crois. Elle repartit vers ses poupées.

Dans son bain, elle me dit sur le ton de la confidence.

— Moi je me marierai avec Louis !


Je jouais la surprise et lui dis que j’avais cru comprendre qu’elle regardait Olivier amoureusement. 


— Ah, non, Olivier, ce n’est pas possible, il est déjà marié avec Sylvie.



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mercredi 1 avril 2015

DURANDAL - LE KALÉIDOSCOPE













LE KALÉIDOSCOPE



Sur la devanture du magasin de ma mère, les passants pouvaient lire en lettres capitales : Jeux pour Salons, Cercles et Cafés. La boutique plus que centenaire servait de point de repère sur le boulevard. Ma mère y vendait toutes sortes de jeu de société, de jeux de cartes, de beaux jeux en bois… Des chariots, des chevaux à bascules voisinaient les échiquiers en bois précieux et les figurines en ivoire. Elle suivit l’évolution du marché et sur les conseils d’un représentant, elle monta un rayon de farces et attrapes.


Elle vendait aussi des kaléidoscopes un peu particuliers. Ils se présentaient sous forme d’un tube dans lequel des formes colorées et géométriques apparaissaient au fur et à mesure que l’on tournait l’appareil. L’orifice obscur devant lequel il fallait placer son œil supportait une feutrine noire. Le spectacle offert par ce tube magique valait le coup d’œil mais ce n’était rien en comparaison du spectacle qu’offrait le client après avoir reposé l’appareil : un cerne noir du diamètre du tube entourait son œil pour le plus grand plaisir des personnes présentes dans le magasin. Le client était le seul à ne pas voir le rond noir sur son visage et il se demandait pourquoi tout le monde riait autour de lui. Ma mère lui conseillait de se regarder dans les miroirs placés au fond de l’étagère. L’effet du kaléidoscope saisissait les plus flegmatiques. Ils lançaient un « Oh ! » dans le magasin. Ma mère arrivait à garder son sang-froid pour ne pas rire. Elle souriait et tendait un mouchoir au client qui riait de bon cœur en songeant aux prochaines victimes de la farce qu’il jouerait chez lui s’il achetait l’objet qui offrait ce spectacle merveilleux. Ma mère conseillait aux acheteurs de frotter le bord de la feutrine contre un bouchon de liège brûlé pour obtenir l’effet escompté.

Ce que je fis, lorsque le premier avril, j’apportai ce tube à merveilles à l’école. Ce jour-là, nous avions une interro de maths sur les repères orthonormés. Je laissais le tube magique sur mon bureau. Le professeur, en blouse blanche, écrivit l’énoncé de l’exercice sur le tableau noir. Nous nous concentrions sur nos copies au bruit des règles et des stylos que nous manipulions pour tracer les axes x et y. Notre professeur passa dans les rangs comme il le faisait à son habitude. Je m’apprêtais à dessiner un cercle lorsque je sentis sa présence à mes côtés. Il saisit l’objet, je levai le nez. Il ne me demanda pas d’explication et regarda à travers l’orifice. Il trompa son ennui quelques minutes, il s’en mit plein les yeux. Il observa l’ingénieux mécanisme de l’appareil. Il le reposa sur mon bureau et me sourit pour me remercier du spectacle. Un beau cercle noir entourait son œil. Je m’efforçai de ne pas rire, comme ma mère savait si bien le faire.


Mais quand il retourna à son bureau sur l’estrade, tous mes camarades éclatèrent de rire. Le pauvre homme vécut un grand moment de solitude. Moi, je me cachai derrière le dos de mon voisin de devant, je rentrai les épaules, je craignais qu’une main géante m’extirpe de mon siège. Un de mes amis eut la bonne idée de crier « Poisson d’Avril » et les rires redoublèrent. Notre professeur ne comprit pas la cause de l’hilarité générale. Je me souviendrai longtemps de son regard qui, je ne sais pourquoi, ressemblait à celui de mon poisson rouge. Le prof restait calme, il souriait ahuri et décoré de son étrange monocle. Il cherchait en vain ce qui dans sa tenue prêtait à rire, il redoutait le pire. Ce fut une élève du premier rang qui lui indiqua que son œil portait un cercle noir. Il prit son mouchoir, se frotta et constata les dégâts. La cloche sonna, je m’enfuis de la classe mais au moment de franchir la porte, j’entendis mon nom prononcé. Je revins sur mes pas et me dirigeai vers l’estrade comme un condamné vers l’échafaud.

Nous restâmes tous les deux dans la salle de classe. Il me demanda de sortir le kaléidoscope. Sais-tu comment fonctionne cet engin, me demanda-t-il ? Non, avouai-je ! Il passa le doigt sur la collerette noire et quand il vit la suie sur sa peau, il comprit le vilain tour que je lui avais joué. Tu vas étudier cet appareil, tu distingueras les axes, des centres de symétrie des rosaces qu’il présente et lundi, tu nous feras un exposé sur le résultat de tes recherches. Il jouait les grands seigneurs, il ne me collait pas, il préférait me torturer.


Et le lundi, sur l’estrade, j’essayai d’expliquer tant bien que mal le jeu de miroirs de l’appareil. Le prof vint à mon secours. Au cours suivant, il me soumit devant la classe à une série d’exercices concoctés par ses soins et il nous donna un devoir non surveillé (dns) sur un secteur du kaléidoscope. Par un fait exprès, les axes et les centres de symétrie collaient parfaitement à notre programme. Mes camarades de classe me bénirent ! Quand le mode de formation des images kaléidoscopiques fut éclairci, il me demanda de dessiner une rosace entière et de la colorer. Je passai un temps fou à repérer les endroits où poser les couleurs justes. Au bout d’un moment je saisis la technique, je faisais tourner ma feuille afin de repérer plus vite les endroits où poser les bons coloris. J’exhibai mon travail devant toute la classe, un oh d’admiration envahit la salle. Le prof me demanda s’il pouvait conserver ma rosace. « En souvenir », me dit-il en souriant. Il l’inséra dans la couverture plastifiée de son classeur et promena mon travail à la vue de tous.



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lundi 26 janvier 2015

EVELYNE DE GRACIA - 26 JANVIER 2015









Montage de Evelyne pour sa sœur Véronique



 

26 janvier 2015





Voilà petite sœur, cinq mois pile aujourd'hui!


Je vois ta détresse mais je vois aussi les progrès considérables que tu as faits et si tu entends une petite voix qui résonne à l'intérieur de ta tête, c'est la mienne!

Eh oui ma petite sœur chérie, je suis toujours là bien haut, bien ailleurs, mais toujours là pour t'admirer!


Tu as manqué de ces regards qui vous donnent confiance mais le mien est sincère, cruel ou aimable, mais vrai. C'est celui de ta grande sœur.


J'ai commencé là haut une sorte de thérapie car Ils veulent que je sois totalement apte et désintéressée lorsque je rentrerai en mission.


C'est intéressant à plein d'égards et j'apprends beaucoup sur les erreurs que j'ai faites sur terre.

Et qui donc n'en fait pas? Les Anges, et ceux que nous devenons doivent grandir aussi dans ce monde spirituel .


Oups.. Je crois qu'il faut que je me taise!


Tu dois sentir par moments la protection divine et je peux t'assurer que c'est vrai, même si tu as l'impression pour l'instant qu'avec tous tes problèmes de santé, rien ne s'améliorera jamais. Mais si!


Patience...

Je te laisse for now.

Bye petite sœur. Z.....



Evelyne de gracia

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mardi 23 décembre 2014

EVELYNE DE GRACIA - MISSIVE CÉLESTE











Missive céleste



Nous y voilà ma petite sœur.

Je suis partie là haut il y aura quatre mois, jour pour jour le 24 décembre.

Toutes ces dates cultes qui s'inscrivent au calendrier marqueront à jamais ton calendrier de famille.

Si je pouvais te confier un secret...

Essaye de réfléchir un peu !

Mama dodo est partie le jour de mon anniversaire et je rejoins Papa à deux jours de sa venue sur terre. Veux-tu que je te rafraîchisse la mémoire?

Petite sœur, reste calme !

Ah si je pouvais, si je pouvais seulement donner un grand coup de pied pour montrer ce que je ressens...

Les magouilles, les caractères de chacun et leurs objectifs, c'est toujours très dur à mélanger. Nos ego...

Ici, on m'a appris à la jouer collectif, le bien de chacun se mêlant à l'intérêt de tous.

Je vous vois de là-haut par temps calme. La lumière baigne cette terre où tout le monde s'affaire.

Tout ce clinquant, ces paillettes, ces lumières ridicules qui clignotent sont si pathétiques, mais quand elles s'éteignent c'est qu'on est plus là pour les allumer.

Vue d'en haut il y a des gens merveilleux et d'autres qui le sont moins.

That's life ma petite sœur chérie.

Prends soin de toi et Take it Easy...






Texte protégé et déposé

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Composition de Evelyne pour sa sœur Véronique





dimanche 7 décembre 2014

STÉPHAN MARY/LE ZÈBRE - LA COMPLEXITÉ AMOUREUSE










Regards - Montage personnel de Stéphan Mary/Le Zèbre





La complexité amoureuse


Point de vue d'un enfant


La complexité amoureuse s’étale à perte de vue sous mes yeux, encastrée dans une forêt d’idées dont l’écorce diffère d’un arbre à l’autre.

L'enfant finit son devoir par ces quelques mots mais il appréhende que quelqu'un comprenne la chose. C'est délibérément qu'il ouvre le capuchon du stylo, saisit la recharge et appuie de toutes ses forces pour que l'encre vienne ternir le sens de ces quelques mots. Il commence par tacher dans une forêt d'idées. On lui demande d'être comme les autres, il faut nécessairement qu'il ne mette pas en avant son imagination un peu délirante. Il s'arrête un instant sur sa phrase "La complexité amoureuse s’étale à perte de vue sous mes yeux, encastrée, dont l’écorce diffère d’un arbre à l’autre". Il n’est pas convaincu, son texte reste intelligible. Il fait un trait épais sur encastrée dont l'écorce diffère puis relit "La complexité amoureuse s’étale à perte de vue sous mes yeux d’un arbre à l’autre». Cela est encore compréhensible par les adultes qui doivent le juger. Il ne faut pas que ces gens là pénètrent son secret. En conséquence de quoi, il doit encore amputer et décide de rayer s'étale à perte de vue. Sa phrase devient donc "La complexité amoureuse sous mes yeux d’un arbre à l’autre". Mais il suffit que l'adulte mette une ponctuation dans ce petit bout de texte et cela va redonner un sens. Très bien se dit l'enfant, dans ce cas là je vais noircir les mots sous mes yeux ainsi ce qui donne "La complexité amoureuse d’un arbre à l’autre". Très déçu l'enfant rageur élimine ce qui le touche de près et broie d'un arbre à l'autre. Ne reste plus que La complexité amoureuse.

Il regarde longuement ces trois mots, pense à ses parents en plein divorce qui se déchirent violemment pour avoir sa garde. La complexité amoureuse ! L'instit va lui mettre zéro, une rédaction en trois mots équivaut à la tête à Toto. Il attrape alors tous les mots, les met dans sa main et secoue le tout. Il en ressort ce que personne ne comprendra jamais :

D'un arbre à l'autre diffère la complexité encastrée dans une forêt d'idées dont l'écorce amoureuse s'étale sous mes yeux à perte de vue.

Texte protégé et déposé



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STÉPHAN MARY/LE ZÈBRE - BIO GRAPHE LIS VOIR


 Ce Zèbre nous fait découvrir une écriture et un ton très variés, sans jamais être rayés, bien au contraire ! La diversité et la surprise vous attend en ses pages !








Montage photographique personnel de Stéphan Mary





Bio graphe lis voir

Je m’amuse
Ma muse
A écrire ta bio
A l’encre du stylo
En contre plongée
Tu es née un 3 juillet

De tes pairs et mers
Vécus à l’envers
L’écriture surgit
Lectures suivies
Tes profs espèrent
Te sentent prospère

Adroite du verbe
Mais gauche et acerbe
Tu écris précoce enfant
Tes rédactions avec talent
Sur les murs sont exposées
Par d’autres commentées

Les lignes suées
Strophes ponctuées
Explosent les mots
Le texte aux ciseaux
Ado rebelle la rage au ventre
A 15 ans en philo tu te concentres

A 17 ans éditée
Un peu interloquée
Sur un beau jeu thème
Entre Guy Hocquenghem
Et l’extra Yves Navarre
Dans les règles de l’art

Dans « Le fou parle »
Tu gémis dans un râle
D’une nouvelle volée
Par un écrivain publiée
Sous son propre nom
Belle contrefaçon

L’auteure dépossédée
De son texte exhibé
Jamais ne pardonnera
De l’éditeur se privera
A l’angle des maux
Satan et suppôts
Vient le journalisme
Interview paroxysme
A nouveau emprunté
Par un quotidien imprimé
Sous le nom d’un autre
Voleur d’identité entre autre

Radio Télévision des Yvelines
Tu ris tu t’exprimes
Le théâtre tu racontes
Belles écritures tu rencontres
Au Cours Florent tu finis
La première phase de ta vie

Médée tu as interprétée
Le public a remercié
Puis Phèdre tu as soutenue
Son amour dans le refus
Le refus net d’aimer
Suicide empoisonné

Mais le loyer à assurer
Toutes les charges à payer
Comme beaucoup d’artistes
Boulots alimentaires en piste
Et avec bonne humeur
Tu as enchaîné les heures

Tes amis t’ont soutenue
En toi sincères ils ont cru
Des célébrités tu as côtoyé
Mais jamais tu ne t’es vantée
Simplement tu vivais
Au présent tu existais

L’amour un jour s’est présenté
En bord de mer tu as déménagé
Du théâtre tu as vécu
Des spectacles tu as conçu
Mais les temps ont changé
Et adieu les budgets

En faculté tu es allée
L’informatique tu as étudié
Le verbe en image a fait sa loi
Auteur scénariste multimédia
Et chef de projet tu as fini
Une deuxième étape de ta vie


Un burn out t’a emportée
La folie tu as cauchemardé
Un billet simple tu as pris
Pour sauver ta vie à tout prix
Or jamais tu n’es revenue
D’un voyage dans l’inconnu

Mais l’écriture était là
Femme fidèle dans l’au-delà
L’inspiration de tes relations
A nourri ton imagination
Un concours d’écriture gagné
Une nouvelle enfin publiée

Tes écrits reconnus
Une maturité perçue
L’Amour de ta vie rencontré
Doucement tu t’es livrée
Maintenant tu n’as plus peur
Le texte se déplie sans heurt

Bio graphe de 2500 signes
En comptant les interlignes
J’écris les mots essentiels
Même si je reste partiel
Si subjectif je suis suspect

C’est que pour toi j’ai du respect





Texte protégé et déposé 

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vendredi 26 septembre 2014

EVELYNE DE GRACIA - FAIRE CONFIANCE AVEUGLEMENT




MISE EN VOIX LOUYSE LARIE







Faire confiance aveuglément

C'est comme marcher sous une pluie torrentielle sans rien voir, mais avancer quand même
C'est marcher les yeux fermés vers une lumière que le cœur devine
C'est tituber mais rester quand même debout
C'est surtout attendre sans cesse
Sans toujours savoir pourquoi.
C'est vivre sans se poser de question.
Aimer sans trop savoir pourquoi
Souffrir et savoir l'accepter.
Avec des doutes et des certitudes.
C'est comme avoir la foi
Et s'en remettre à dieu
Se laisser porter aveuglément 
Croire qu'aujourd'hui aura
Un lendemain meilleur.
C'est poursuivre notre mission
Jusqu'au dernier souffle de vie
Pour trouver enfin la paix.



Evelyne de Gracia
 Texte protégé et déposé
sur le site iPagination





lundi 8 septembre 2014

Échos d'amour et d'espoir entre Véronique et Evelyne ...




Pour Véronique, les mots de sa sœur Evelyne de Gracia


Un texte sous chaque image...
























Mise en voix Louyse Larie



Des étoiles de Noël, quatre mois, nuit pour nuit...












Merci à vous chers lecteurs et auditeurs pour les commentaires que vous aurez la gentillesse de bien vouloir laisser ci-dessous. Ils seront un soutien et réchaufferont le cœur blessé d'Evelyne par ce deuil  récent.