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mardi 14 octobre 2014

MARCEL FAURE - 0156 à 0160 de La danse des jours et des mots


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Vendredi 24 février 2012 

Laisser des blancs...
Ou des points de suspension...
Toujours en devenir,
Quelque part...
Ce Moi qui me prolonge


Samedi 25 février 2012 

Tout se suspend au poing que l'on serre dans sa poche. Va-t-on encore longtemps accepter et se taire. L'ombre s'étend. Les regards se fanent. La désolation insouciante nous mobilise.
Dehors, la gloriole clinquante défile, pendant que les pigeons se réfugient sous les arches d'un pont.
Nous irons, comme d'habitude, aiguiser dans la joie le couteau qui nous égorgera. Sur un coussin nous le présenterons au bourreau.
- Monsieur le président, voici notre gorge. Nous vous avons élus sans trop nous poser de questions. Alors n'hésitez pas, terminez le travail avant que notre poing ne se tende. Vous n'avez plus que quelques jours. À moins que...



Dimanche 26 février 2012 

Je décape souvent mon vieux cerveau rouillé par l'âge, tantôt avec des cris, comme hier, tantôt en le baignant dans un poème.
Ma salle de bain s'ouvre sur un jardin secret où chantent le pinson et la fauvette. De pierre en pierre, une douce cascade égraine ses notes d'eau. En caressant les feuilles au passage, une lumière d'or joue ses arpèges sur ma peau.
La puissante architecture des frondaisons déploie son vert intense, presque mystérieux. Et le silence, le silence, plus bleu que le ciel.



Lundi 27 février 2012 

Le coloriage s'anime de teintes multicolores fantaisistes. Les poussinettes gazouillent, crayons de couleur en main. Onomatopées chantées d’où surnage d'un seul coup cette expression reprise et reprise " boite à bisous ".
Évidemment en bon voleur de mots, je consigne immédiatement sur un morceau d'enveloppe usagée.
- que viens-tu de dire ?
- Boite à bisous répond-elle d'instinct, et se reprenant, croyant que je cherche à la rectifier, boite à bijoux.
Sais-tu, poussinette, quel cadeau tu viens de faire à ton ami poète ? Chaque fois que je serai triste, je fermerai les yeux et j'ouvrirai ta boite à bisous. Aussitôt jailliront toutes les couleurs de l'oiseau de paradis que ta sœur habillait de plumes chatoyantes et ce coffre plein de légumes à qui ta main donne la vie comme s'ils étaient tout frais. Est-ce lui qui t'a fait dériver vers ce trésor d'enfance ?
Me revient alors en mémoire Blandine, il y a trente ans, et qui à l'époque avait ton âge. Elle s'était mise en tête d'écrire un roman illustré. Une histoire de souris qui allaient manger au restaurant. Le restaurateur était devenu tout naturellement le "restauratier."



Mardi 28 février 2012 

De plus en plus, la poésie tend vers la prose. Le fracas des mots entre eux, leur détournement de leur sens premier s'opposent au rythme régulier qu'impose le pied et la rime. La puissance romantique de l'alexandrin disparaît au profit de formes plus chaotiques, un peu à l'image de ce monde qui craque de toutes parts. Le poème classique devient alors une sorte de refuge pendant que le poème en vers libres reflète ce désordre de la société libérale où rien n'est acquis, rien n'est fini. On voit bien que la tentation de la rime demeure présente, comme un regret d'une autre époque.
Mais le poème en vers libre tente de dire cette fêlure qui se prolonge en chacun d'entre nous. Sa tentative descriptive offre plusieurs facettes, plusieurs regards, sur un sujet dont il est le centre déséquilibré.






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