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lundi 28 avril 2014

LOUYSE LARIE - À LA RIMAILLE !








Esquisse au fusain de Louyse Larie



À LA RIMAILLE !





Il se dit grivois et rimailleur,

Mais la rime sans aucun doute, est ailleurs !



Certes, il jongle avec les mots les plus rebelles,

Et les phonèmes vocalisent poèmes en lui !

Il pense, à tort, en comprendre le rythme,

Pendant que le leste hiatus

Réfugié dans la sombre masure,

Se joue de lui

Au creux de la mesure,

 À la coupe lyrique !



Il habite demoiselle versification,

Chez qui frêles consonnes et voyelles

Se parent d'une chaude sonorité !

Oui, il fait danser l'allègre syllabe,

Fût-elle naguère revendiquée octosyllabe de renom,

Sous réserve cependant, que l'assonance

Beaucoup plus prudente,

Ne s'écarte guère du vertigineux volume !



Il pratique le vers libre ainsi que le blanc,

Se dispense du rigoureux mètre, des signes

Et du maître le plus couru,

Bien que le verset regrettablement amorphe

Ne veuille plus de lui !

Il taquine sans répit le quatrain le plus pointu,

Mais uniquement quand l'alexandrin ne rime plus à rien !



Il fréquente le tercet au tiercé !

Bien souvent le quintil en contourne l'alternance !

Jouisseur, il crée la confusion

Entre rime féminine et rime masculine,

Pour ne se satisfaire au final,

Que de la fragile approximative,

Au fil de l'amusante dérivative,

Ou celle de nature plus inversée,

Chaleureusement embrassée !



En rime, cependant, il s'enrhume !

Mais en rhume, il n'en demeure pas moins

Qu'il ensile, qu'il ensime !

 À la cime, à la rime,

Il s'enivre du mime,

Parfois au prix de la fâcheuse dîme !



Il est vrai toutefois, qu' il trime davantage

Que ce qu'il ne frime en la répétition,

Pour lier la poésie, non sans peine,

Quelquefois trop cyclique,

 À la prétentieuse strophe,

Ou césure à la piètre allure !

On le surprend aussi à glousser de plaisir,

 À l'idée de l'accent oratoire !



Quand bien même, nostalgique ballade

Rappellerait le refrain au sonnet,

Au cours de la vivifiante balade,

Croyez-vous que délicate rime

fût affranchie pour autant

De la pauvre orpheline au triolet ?

Et si tant est que l'espiègle rimailleur

S'exalte encore du rondeau,

La musique des mots, en toute vraisemblance,

Ne lui pardonnera pas de faire le dos rond !




Le 7 novembre 2011

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