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samedi 23 août 2014

ROSELYNE CROS - NOS PAS SUR LA PLAGE









Photographie proposée par Roselyne





Nos pas sur la plage


Ma main dans ta main
Nous cheminons, regards au loin
Le sable glisse

Sous nos pieds nus
Encore tiède du soleil
Couché à l’horizon

L’air embaume l’iode
Des vagues ramenées par le vent
Nous humons ensemble

La salinité de la mer
Qui clapote doucement
Accroche des reflets

A l’astre de la nuit
Met de l’argent aux crêtes
Diamante le firmament

Je t’aime tant. .. et plus
Je t’aime tout autant et plus

Là et maintenant





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samedi 14 juin 2014

ROSELYNE CROS - LES YEUX















LES YEUX


Les yeux secs, comme le lit d’un torrent en été, ravinés tout autour de fines entailles et de profonds sillons que les eaux impétueuses ont creusés hiver après hiver, étaient vissés dans ce visage où on pouvait lire, en s’y attardant un peu, les épisodes de toute une vie. Au coin des paupières, l’esquisse de pétales de pâquerettes racontent des histoires joyeuses comme des soleils, riantes comme des vallées verdoyantes.



Les profondes ridules près de la bouche, coupant les joues comme des smileys parlent de rires à gorge déployée, de pleurs à fendre l’âme, de douleurs insupportables. Les oreilles se sont allongées tellement elles en ont entendu des vertes et des plus mûres! Des cris de joie et des appels à l’aide, des bruits aimés et des silences intolérables.



Ces yeux d’où jaillissaient des cascades de larmes, heureuses ou chagrinées sont taris. Ils s’animent parfois sensibles encore aux souvenirs, parfois seulement, de moins en moins au fur et à mesure que les saisons lacèrent un peu plus la peau, jusqu’à la faire ressembler à un parchemin. Un tout petit éclat intérieur.



Personne ne le voit, il est caché sous des cils qui se rejoignent sous les plis des paupières qui se ferment tout doucement, inexorablement. Ce qu’ils aperçoivent est enchevêtré de rêves, de mémoires de petites séquences de réalité, de désirs proches de voyages, de plus en plus rapprochés, souhaités.



Un soupir s’échappe des lèvres fendillées, presque rentrées, si douces autrefois… Le nez rainuré de petits ruisseaux aux teintes violacées frémit encore au doux parfum d’un rose, à celui délicat des violettes qui colorent la verdure sous le banc où une forme fragile a pris place. Le vent pourrait l’emporter, elle est si légère.



Un long manteau cache ses jambes jusqu’aux chevilles, ah qu’elles étaient fines. Le menton, appuyé sur ses mains noueuses reposant sur le pommeau d’une canne laisse entrevoir le cou, flétri, si délicat quand il s’offrait aux baisers. Comme un cygne.



Je la contemple, de loin.



Mon cœur bât. Personne ne fait attention à elle, là et presque plus là. Mes yeux sont aussi secs que les siens, depuis plus longtemps. Entre mes paupières si lourdes que j’ai du mal à les maintenir ouvertes, ils la voient et les siens me voient aussi, petite lumière prête à s’éteindre. Alors, profitant de la faible lueur de cette dernière étincelle, je lui fais signe…


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Grand merci à Roselyne pour m'avoir permis de vous inviter à écouter cette chanson de Jean Ferrat, très chère à mon coeur




Et quelques souvenirs heureux
 Quelque part au fond de mes yeux...


jeudi 1 mai 2014

ROSELYNE CROS - UN PETIT BRIN DE MUGUET M'A DIT











UN PETIT BRIN DE MUGUET M'A DIT


Viens sous ma jolie clochette te mettre à l’ombre petite fourmi

Mais si tu manges ma blanche corolle, on ne sera plus amis

Belle coccinelle mets du rouge éclatant sur ma robe immaculée

Je paraitrais plus belle, un instant, ce point sur moi, posé



Et toi, beau papillon, rejoins tes ailes, étale-toi sur mes fleurs

Je me balancerai ; ma longue hampe ploiera de bonheur !

Ah voilà mes amies les abeilles, voyez mes belles grappes

Vous pouvez butiner sans fin, mai, c’est le mois des agapes



Tous les insectes du jardin, rampez sous mes larges feuilles

La terre y est si bonne et la fraîcheur bien meilleure

Toi… oui toi regarde où tu marches, grand dadais que tu es

Tu écrases le tapis ciselé du plus beau mois de l’année



Aïe, doucement, quand tu me cueilles, tu abîmes mes brins

Là, c’est mieux, à présent ferme les yeux, approche ta main

Respire ! Quelle délicate odeur mes clochettes renferment !

Fais-en de jolis bouquets, offre les à ceux que tu aimes



Souviens-toi que je porte bonheur et tu l’as peut-être oublié

On m’appelle le lys de mai ou mieux encor le lys des vallées



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