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LA VOIX DE L'ÉCHO

POUR LE PLAISIR DE TOUS: AUTEURS, LECTEURS, AUDITEURS...
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vendredi 20 mars 2015

TippiRod - VISITE À MELENCOLIA









Melencolia 500 - Emecka MK





Viens,
Viens !
Approche-toi, n'aie pas peur !
J'ai fait le plein de solitude, je suis rassasié pour un petit moment de cette nourriture qui, tu le sais m'est indispensable. Mais ne sois pas timide, entre, c'est grand ouvert !

Oh je te sens impressionnée Petite ! Surtout ne le sois pas ! Ne te fie pas à ma grandeur apparente. Justement je suis infiniment petit. Tu vois ce gros bonhomme bien rond, il est le grain de sable que ma vie représente. Oui ! Toute sa bonhommie m'enveloppe, l'érosion des jours en douceurs personnifiée. Et pas que ! Alors viens ! Donne-moi ton œil et laisse-moi te guider pour ne pas que tu trébuches dans tout mon fatras, et raconte-moi, oui, raconte-moi...

Laisse-tout dehors Petite, viens sans rien, juste toi et ton regard naïf...Espiègle... Complice...

Oh je t'ai fait peur, je le vois à ta moue ! Eh bien emporte tout alors, je te fais confiance, je sais que ton imagination saura se débarrasser du superflu !

Hop te voilà ! Ah directement tu choisis la balance ! Coquine ! Il faut que tu te sentes chez toi tout de suite ! Bon et bien, assieds-toi au moins... Le plateau droit, soit ! Je pose un doigt sur le gauche pour maintenir ton équilibre.

Allez, je suis impatient ! Raconte-moi...

Oui ! J'ai des lacets à mes souliers ! Que tu es drôle ! Tu crois vraiment que c'est primordial ! Ah ok je te rappelle ces grosses peluches habillées avec ce genre de chaussures ! Tu vois, c'est l'expression même de ma bonhommie, je suis roudoudou pour toi ! Laisse-toi aller ! Vas-y, vas-y, c'est bien par là que j'aime que tu m'emmènes !

Comment ça trop de choses ! Eh ! Paresseuse ! Allez secoue-toi la plume, enfin !

Ma tête ? Le yin et le yang ? La lune et le soleil...Bleu le soleil, ah bon ! Une tête de canard sur un air de penseur ? Oui !!! Si tu veux !
Un canard coquin ? Un canard qui sait tout qui sait rien ? Un canard heureux, un canard plongeant, un canard gourmand... Bon ! Allez laisse ma tête tranquille et va voir plus loin si j'y suis toujours !

Ah je savais que ça t'intriguerait ! Des armoiries ? Tu crois ? Tu optes pour un bouclier-écusson. Tu vois des serrures, des silhouettes ? Ah ? Je suis préservé et ne laisse entrer les choses, les gens, les informations, qu'avec prudence. Et parfois je mets le bouclier de côté, comme maintenant, pour me laisser ouvert... Vite, faut peut-être qu'on se protège ! Que personne ne vienne interrompre ton chemin ! Ah ce n'est pas grave ? C'est fait pour ? « Interractivité » que tu appelles cela, d'accord.


Un œil ? Encore ! Tu me fais le coup à chaque fois ! Un tube de peinture déguisé en palette, d'accord. Juste du noir et blanc... L'expression pure.
Tu relies tes premiers fils de lecture... La balance, ma figure, cette palette... Le pour le contre, la justice et le doute, la certitude et l'inexpérience infinie...

C'est au tour de la cloche d'accrocher ton imagination. Hé ! Te voilà te balançant à son battant, tes minuscules genoux remontés et agrippés autour de lui ! Attention, tu vas tomber ou bien te cogner de chaque côté de la paroi. Comment ça « Chutt ! » ? Tu entends une musique ? Non ? Quoi « ballot, elle sort de la palette, la musique ! » Un peu de respect dit donc!Te voilà bien cavalière sur ta clochette ! ça te raconte... ça te raconte quoi ? Des secrets ! Des secrets ? Je sais très bien ? Mais non je ne sais pas ! J'ai qu'à savoir ! Eh bien dis donc je ne sais pas si je te réinviterai ! Que j'enlève mon poing de ma joue ? Mais je ne peux pas, j'ai pas fini de penser !

Tu m'énerves ! Pourquoi tu ne me parles pas du temps ? Tu veux faire ta rebelle ? Ne me dis pas que tu n'as pas vu le cadran avec les chiffres romains ? Je suis certain que c'est ce que tu as vu en premier ! Ah ben non je suis bête, je prends la plus grande place ! Je tape à l'oeil dès l'arrivée de mon visiteur ! Tu n'es pas une visiteuse. Tu es ma contemplatrice, tu es ma conteuse de rêves. Tu n'as pas le droit de ne pas voir le temps qui s'écoule tout autour de moi. Tu as tous les droits ? Pff !


Ah noooooon !!! Pas sur les aiguilles, tu vois bien qu'elles sont fragiles! Tu vas les CASSER... TU VAS LES ABIMER...

...Tu vas tomber ! Oui ben tu n'es pas vraie de vraie, tandis que mes aiguilles elles sont réelles et j'y tiens comme à la prunelle de mon œil. Ben oui, on va pas se mentir, je n'ai qu'un œil ! Mais t'inquiètes, c'est le bon ! Ben voyons, t'avais pas remarqué ! Tu crois que le second est caché ? Tu vois la poutre d'une plànète qui s'en échappe ? Pourquoi cet œil de peinture noire et blanche que tu crois deviner ne serait-il pas le mien ? C'est un regard extérieur de moi sur moi. Repose-toi ! Tu t'égares sur des chemins qui ne sont pas les tiens. Ne cherche pas à m'épater, reste-toi, ça me suffit tellement !

Je t'ai vexée. T'es où ?

Reviens !

Partie lire ? Partie lire quoi ? Il y a des livres ici, des fois que ça non plus tu ne l'aurais pas remarqué !



Melencolia -  Albrecht Dürer


T'es déçue ? Faut pas ! Rien ne s'invente vraiment Petite, tout s'interprète, que fais-tu toi en ce moment. Tu me cherches des ailes sur la tête ! Je suis un bon gros grain de sable, je te l'ai dit !

Tu aimes l'automne ! Ça te redonne le sourire ! Te voilà comme j'aime ! Un peu démunie, toujours tendre, naïve, espiègle...

Eh ! Ne t'en va pas, t'as pas fini !

T'as rien vu encore !

Tu reviendras, dis ?

Elle est partie

Dans un sourire par un trou de mes serrures, là derrière, à travers ce qu'elle appelle mon bouclier





Surtout, vous, ne partez pas sans cliquer sur le tableau de Emecka !
Vous y attend tout autre chose. L'univers de l'artiste et son inspiration, quelques citations également du peintre Albrecht Dürer



C'était ma façon de saluer ce printemps nouveau, en célébrant une fois encore le Poète aux pinceaux musiciens.





mercredi 4 mars 2015

TippiRod - BOUQUET DE PERSONNAGES POUR ELSA !



BANDE AUDIO ICI



LEVER DE CARNETS !




Marthe - Vous n'avez pas oublié j'espère ?

Jules - Quoi donc encore ?

Arsène - Moi gue sais ! C'est l'aguiversaire de notre auteur à nous !

Charlotte - Oui ! Oui ! Oui ! Youpi !Le maître va souffler les bougies sur un beau gâteau plein de crème !

Maître Cormaillon - Ah non ce n'est pas du tout la date de naissance de notre brave instituteur. Mémoire de notaire !

Marthe - Ce n'est pas vrai ! Vous n'avez toujours pas compris ? Les notes 3, ça ne vous a pas suffi ! Si c'est comme cela que vous étudiez mon dossier, Maître...
 Ah cela pour vous souvenir, vous vous souvenez... tous que vous en êtes ! La mémoire ne sait pas tout, figurez-vous !

Arsène - C'est gomme ça ma bonne Marthe ! Gue Goulez-Gous ! Les humains lisent et disent parfois plus vite gue le grain...QUE le TRAIN  passe !

La bibliothécaire - Pas tous voyons mon petit Arsène loquace ! Pas tous heureusement, mon Arsène aimé ! Nous avons de très bons et fidèles lecteurs, très attentifs...qui lisent autre chose que des inepties...

(Elle lance un regard noir en direction de Jules)

Jules - Ben je croyais que vous alliez fermer vous ! Je lis ce que je veux d'abord, je n’ai pas de compte à vous rendre, seulement des livres ! 

Jean - Ne nous disputons pas mes amis, un si beau jour ! Va plutôt nous ouvrir une bonne bouteille Jules !

Marthe - Ooooooh ! Toi Jean ! Il ne manquait plus que cela ! Si mon frère se met à boire autant que le cantonnier et ses compères au bar "Aux Demoiselles", nous courons à la perte certaine !

Maître Cormaillon - Dîtes donc la Marthe, vous n'avez pas toujours fait autant de manières...

Charlotte - Des bulles ! Des bulles ! Pas de manières ! Pas de manières ! Le chat y parle ! Le chat y parle ! Des bulles et des bougies, oui, oui, oui ! 

Jules - Je ne demande que ça ma Charlotte, mais en l'honneur de qui, de quoi ? Mettez-vous d'accord !

Marthe - Parce que vous avez besoin d'un honneur pour déboucher ! Première bonne nouvelle de cette journée ! Notre chère romancière va être ravie !

La bibliothécaire - C'est l'anniversaire de Catherine ? Catherine Dutigny ? C'est bien cela que vous voulez dire Marthe ? Elle va venir aujourd'hui ? Oh la la !  Et l'on ne m'a pas prévenue ! Quel bonheur !  Elsa, Elsa Saint Hilaire, ici, parmi nous ! Faites-vous beaux et oui, Charlotte a raison, il faut des bulles et un beau gâteau ! 

Jules - Eh ben ! Va falloir vider la cave ma parole ! Ils sont combien "Notre auteur" ! 

Marthe - Ne vous faites pas plus sot que vous ne l'êtes, Jules. Je sais ce que vous mijotez depuis la nuit qui fut fatale au coq du père Baillou.

Arsène - Ah ça goui ! Je suis d'aggord ! Jules il n'est pas sot du gout...Gu tout...Du Tout ! 
(Je finis goujours par y arriver !)


Jules - Merci le chat, tu me fais plaisir ! C'est vrai, je le sais que les auteurs, ils usent de pseudonymes parfois pour écrire des choses, comme les carnets secrets de l'instituteur par exemple. Et cela ne les empêche pas d'avoir un vrai nom pardi ! 

Michèle - Juste une histoire de timing !

Jean se précipita, débordant d'enthousiasme, il eut trop peur que cette intervention de Michèle ouvre un débat, disons, scabreux !

Jean - Eh bien le timing, c'est aujourd'hui et maintenant ! Trêve de toute baliverne ! Allez !Tous en chœur, reprenez après moi :


JOYEUX ANNIVERSAIRE NOTRE AUTEURE !   

L'instituteur - En notre temps, celui auquel Elsa nous offre vie, auteur ne prenait pas de E au féminin.   

Arsène Ça ne m'étonne pas de vous ! Vous ne savez jamais sur guelle patte danser, vous, les humains ! Mais je vous aime bien gand même !

Jules - Faut toujours que tu aies le dernier mot, le chat ! Limoges et alentours, il n'y a bien que ton maître - pas vous Cormaillon ! le vétérinaire, pour ne pas s'en apercevoir !  

Arsène - Et vous Jules, jamais le dernier verre  ! Levez-le pour m'engourager ! Notre enquête n'est pas terminée, le suspense est à son comble ! Je suis fier d'avoir été nommé et inscrit à la page « L'inspecteur Arsène et les carnets secrets »

Alors !


 San "Notre Auteur", longue vie   à vous et à nous ! 

Et un beau grand succès aussi !

Tous nos meilleurs ux d'anniversaire ici réunis ♥



Montage Tippique ♥



Avertissement : Ceci est une fiction et toute ressemblance avec des personnages déjà copyr@ïtés...

En effet, dans la réalité de ces carnets secrets, seul Jules peut entendre Arsène, le chat du vétérinaire, s'exprimer humainement et gorrectement.

Et surtout n'oubliez pas ! Demain jeudi, matin, neuf heures pile, tout le monde, rendez-vous chez Maître Cormaillon ! Vous aurez même des nouvelles du maire !

Mais en attendant, vous pouvez cliquer sur l'image pour aller faire une petite visite à Elsa !




Tout un roman à lire et à écouter !

CARNETS SECRETS - ELSA/CATHERINE DUTIGNY








jeudi 1 janvier 2015

TippiRod - QUE VOULEZ-VOUS QUE LA BONNE Y FASSE !





En réponse à un atelier d'écriture de 2013

ayant pour sujet : La bonne résolution


Quelle bonne idée!!!




Que voulez-vous que la bonne y fasse !




La jeune femme bien propre sur elle, droite comme un i, sans un pli de travers sonne à la porte de la grande maison des Boniface.

Un homme argenté et très élégant l’accueille d’un sourire courtois.

— Mademoiselle, quelle bonne journée vous amène ?

— Bonjour Monsieur, je suis la Bonne Résolution

— Très bien mon petit, quelle bonne surprise ! Vous arrivez à point nommé aux moments des étrennes !

— Permettez-moi, Monsieur, de vous souhaiter alors une bonne année...

— Oh Mademoiselle comme vous y allez, pourquoi pas une bonne santé, tant que vous y êtes !

— Mais de bonne grâce, Monsieur...

— Vous m’avez l’air d’une bonne fille

— Et vous Monsieur, d’une bonne maison

— C’est de bonne guerre !

— Chère Demoiselle, si vous aspirez à cette bonne situation, il va falloir être d’enfer...

— D’enfer Monsieur ?

— Vous n’êtes pas une
bonne soeur que je sache !

— Non, mais je suis de bonne famille et j’ai reçu une bonne éducation, alors l’enfer...

— ...est pavé de bonnes intentions ! Voilà ce qu’il vous faut... Je vais alerter Madame.

Elle est dans ses bonnes oeuvres et croyez-moi elle a une très bonne intuition, en un battement de cil — que vous n’aurez même pas détecté ? Madame vous jaugera en moins de temps qu’il ne lui faut pour sourire ! Je vous en conjure Mademoiselle Résolution, faites bonne figure !

— Bonne Mère ! Vous m’effrayez !

En attendant le vieux ne doit pas avoir une bonne vue pour lorgner aussi près dans mon corsage, en revanche il présente une bonne dose de culot; une bonne douche ne devrait pas tarder à lui faire retrouver la bonne route.

— Vous êtes de bonne volonté oui ou non ?

— Ma mère dit que je suis une bonne pâte, pensez-vous que cela veuille dire la même chose ?

— Soyez de bonne foi et tout ira très bien ! Bonne chance Mademoiselle , voici Madame, voyons tout de suite si elle est de bonne humeur !

— Ma bonne Amie !

 Tiens donc, ils ne sont pas mariés, en voilà une bien bonne !

— Mademoiselle, serez-vous la nouvelle bonne à tout faire ? Prononça Madame Boniface dans un coup de langue si sec qu’on aurait dit recevoir une bonne claque.

— Que nenni Madame...

— Oh moi, je sens gronder une histoire de bonne femme qui ne me dit rien qui vaille, je me retire dans mon boudoir, j’ai une bonne affaire en cours qui ne m’attendra pas plus longtemps.

— Très bonne excuse mon bonhomme, faite bonne fortune, vous ferez une bonne action !

Mon Dieu, mais elle s’exprime comme une dame de bonne aventure... Ne serait-ce pas l’aussi bonne place que j’avais convoitée ?
— Si vous n’êtes bonne à rien, qu’avez-vous à m’imposer ainsi votre bonne mine ?

— Je suis la Bonne Résolution

— Eh bien ! êtes-vous venue porter la bonne parole ? Je consens à être de bonne composition, toutefois est-ce une bonne solution pour me donner une bonne image, que d’oser nier être bonne à tout faire.

— Cela ne dépendra que de vous Madame et de votre bonne âme.

— Qu’est-ce à dire, vous me fatiguez ma fille. Je sors d’une bonne grippe, allez donc vous taire et me concocter une bonne tasse de grog aussi tassé que remontant.

Ma parole, c’est une bonne cuite qu’elle réclame, cette bonne blague !

Ces gens-là ne sont pas de bonne réputation.

— Et bien, ma bonne dame, ne comptez pas sur moi , allez donc vous servir, cela sera véritablement une très bonne fatigue doublée d’une très bonne expérience !

Bonne nouvelle ! Vous aurez douze mois — à la bonne heure, pour réfléchir à ma visite, souvenez-vous bien de la Bonne Résolution, car présentement, hélas, je suis bonne... pour revenir ... Mais en janvier prochain !

Tâchez d’ici là d’avoir bonne conscience.

Mes hommages Madame, bien des choses à Monsieur, cependant n’oubliez pas l’un et l’autre, que toutes bonnes choses ont une fin...


Tous droits réservés





Le Journal d'une femme de chambre est un film de Luis Buñuel avec Jeanne Moreau, Georges Géret

Adaptation du roman de Octave Mirbeau




Ma bonne résolution,
en bonne Tippi de VOTRE ÉCHO

est de vous souhaiter à tous
et tout simplement

UNE BONNE ANNÉE

avec tout qui va bien ! 




mercredi 24 décembre 2014

TippiRod - LA SIRÈNE DE NOËL











Morgan - "Le lac Jacaré"



La sirène de Noël




Il était une fois en des contrées lointaines, une jolie sirène qui avait du gros chagrin.

Elle habitait au cœur du lac Jacaré en Amérique du Sud, tout près d'un très joli village.

Ses longs cheveux bruns bouclés secoués par ses sanglots faisaient frissonner l'onde.

Dans une mangrove voisine, un très vieux crabe bleu ressentit cette peine totalement imperceptible par l'espèce humaine, jusqu'au bout de ses pinces.

Bien que fatigué, il entreprit son voyage de côté pour aller rejoindre la belle enfant avant la fin de l'avent. Sa petite patte lui disait qu'il y avait mission pour lui avant la nuit du réveillon.

Dix jours entiers lui furent nécessaires pour atteindre le lac. Fort heureusement le vieux crabe épuisé ne cligna pas longtemps des yeux pour apercevoir la petite sirène chagrine.

— Ma belle enfant, une si belle journée d'été et je te trouve en pleurs ! Sais-tu que tes larmes font vacarme jusqu'à moi !

— Bonjour Crabe bleu, nous ne savons plus quoi faire, dit la reine des grenouilles

— Et nous non plus, reprend le crapaud chef de bande

— Bonjour Crabe bleu, c'est tellement gentil à vous de venir nous voir, pétillent les lucioles invisibles en plein jour

— Et toi Noëlle, tu ne me réponds pas ?

— Elle ne fait que pleurer, dit la grenouille

— Depuis des jours et des nuits, confirme le crapaud

— Et si on la laissait s'exprimer, gronde gentiment le crabe bleu

— Ah oui, c'est une belle idée, clament les lucioles en choeur

— Je t'écoute, petite, quel est ce gros chagrin qui te coupe la parole et fait perler tes jolis yeux d'ébène ?

— Je ne veux plus être « pas pareille »... sanglote la sirène

— Pas pareille que qui, que quoi ? En voilà une idée !

— Pas pareille que personne ! Pas pareille que les autres sirènes

— Bien sûr, puisque tu es la Sirène Noëlle ! C'est normal que tes écailles soient rouges. Elles sont d'ailleurs magnifiques, on dirait des rubis étincelants. Tu es la plus éclatante des sirènes

— Je ne suis pas pareille que le père Noël !

— Tu voudrais une grosse barbe blanche sur ton joli minois ! Et tout le lac d'éclater en un rire tonitruant.

— Je n'ai pas non plus de traineau...Et d'ailleurs, je n'ai même pas de cadeaux ! Vous parlez d'une Sirène Noëlle ! Qui pourrait bien croire en moi ?

— NOUS !

— Vous dites cela pour me consoler, mais moi je sais que je ne sers à rien. Je suis le vilain petit canard des sirènes !

— Parlons en du vilain petit canard, dit le crapaud, il a bien grandi, tu sais, c'est un très bel adolescent. Eh bien ! Tu serais surprise ! Il ne s'est pas plu du tout dans sa vie de cygne comme tous les cygnes. Il est revenu, penaud, demander asile chez les canards, mes cousins lointains et palmés. Depuis, il barbote comme un coq en pâte et, crois-moi, il ne fait plus ni le beau ni le vilain, il cherche simplement à faire l'heureux temps dans la mare. Il cultive les différences comme des fleurs uniques et merveilleuses.

— Moi je ne suis qu'une pauvre sirène isolée

— ET NOUS ALORS ! On compte pour des œufs de lump ?

— Non consentit-elle a sourire, vous êtes mes amis, mais vous ne pouvez rien pour moi.

— Tu n'as pas assez lu de contes de fées, petite ! Maugrée le crabe bleu

Tu as une armée de grenouilles, de crapauds, de lucioles, tu as tout ce qu'il te faut !

— Je n'ai pas de prince charmant !

— Teu teu teu ! Ne raconte pas d'histoire ! taquine le crapaud, le cavalier au cheval blanc n'est jamais loin d'ici !

— Oui, mais c'est parce qu'il vient voir son petit jacaré, pleurniche la sirène

— Quel cavalier au cheval blanc, quel petit jacaré ? interroge le crabe bleu

— Mais enfin, Crabe bleu, vous perdez la carapace ! Vous ne vous souvenez plus de cette vieille histoire. Elle est même la légende de notre lac !

— Ah ! Sois poli, Crapaud, à défaut d'être... Je ne veux pas me montrer grinçant.
Sache, vieux baveux, que j'ai une mémoire pachydermique et que je n'ai jamais eu vent de cette fable. Je devais être en fonction dans ma forêt d'Amazonie et avais bien d'autres sirènes à pincer ! Veux-tu bien me relater les faits ?

— C'est nous qui avons sauvé le beau cavalier ! S'exclament les lucioles

— Bon bon... il vous revient de raconter alors ! Grommelle le vieux crabe



L'assistance en émoi, chacun positionné sur son séant et sur le nénuphar de son choix, est tout ouïe et impatient d'entendre ou de réentendre cette légende locale dont aucun ne se lasse.



Les mille treize lucioles parlent en clignotant, de trois mots en trois mots — les treizièmes assurant toutes les ponctuations pour donner le ton.


— C'était une belle fin d'après-midi, le cavalier blanc pêchait tranquillement lorsque soudain au coucher du soleil, un bébé jacaré surgit de l'eau prêt à en découdre avec celui qui se trouvait en haut de l'asticot ! Le bébé d'un mètre de long était déjà bien vigoureux et ne badinait pas de la mâchoire. On aurait dit qu'il avait plus de mille dents. La bagarre s'annonçait rude pour le pêcheur cavalier. Il se débattit pendant plus d'une heure avec l'animal au milieu des nénuphars.


C'est alors que nous sommes apparues, habillées de nos plus belles lumières. Le cavalier blanc a raconté que l'instant fut magique et le petit jacaré totalement apaisé.


Le jeune homme réussit à le capturer sous les yeux médusés des crapauds et des grenouilles qui ne donnait pas cher de sa peau ! Il ficela la gueule de l'animal en vue de le confier à un ami qui s'occuperait un temps de ce gros bébé pas comme les autres...


Le crapaud reprend alors à l'attention du crabe et de la sirène:

— Vous nous direz, qu'est-ce qu’un jacaré ? Le jacaré est un crocodile d'Amérique du Sud, que l'on trouve plus particulièrement en forêt amazonienne ou dans le nord du Brésil.

La grenouille qui était loin d'être muette, de coasser :

— Les gens qui vivaient près de ce lac n'ont jamais oublié l'histoire du cavalier ! De ce fait, ils l'ont baptisé « le lac jacaré ». Mais attention, la légende dit qu'à ce jour, rode dans les profondeurs du lac...la maman jacare...


À cet instant l'eau se mit à bouillir en d'énormes bulles tout autour d'eux et d'un seul coup, un gigantesque jacare rugit :

— Où est mon petit ? Quel est donc cet ami qui l'a recueilli ?


Interloqués, la sirène, les crapauds, les grenouilles et même les lucioles courageuses se terrent les uns contre les autres aux bords des rives.


À grands coups de queue, la mère malheureuse se montre menaçante et tout le monde craint la vengeance du sang glacial.


Adieu, Noël, cadeaux, traineaux ! Les enfants ne seront pas gâtés cette année encore, par la sirène Noëlle, qui de toute façon n'avait rien de tout cela parce qu'elle n'était pas pareille !


Seul le vieux crabe, se montre téméraire, et d'un ton rocailleux tient tête à la dame aux grandes dents :

— Votre petit est en de bonnes pinces. Je suis l'ami à qui le cavalier blanc a confié votre tendre descendance. Mon épouse, un crabe violoniste en a pris grand soin, je peux vous l'assurer.


La surface du lac est redevenue calme. Faune et flore ont cessé de trembler.


Maman jacaré reste coite un moment puis à son tour, charmeuse, s'adresse à l'assemblée :

— Alors, amenez-le ici ! Il sera le traineau qui manque tant à Sirène Noëlle. Sur son dos embarqueront crapauds et grenouilles...

— Moi je veux six rênes comme le père Noël !

— Mais c'est toi la sirène ! Bécasse ! Vas-tu cesser de pleurnicher à la fin ? Tout le monde va croire que les nénuphars font sangloter comme des oignons ! Rouspète le crabe bleu.

— Et puis je veux de la neige, j'ai jamais vu la neige !

— Ah ça, mais quelle capricieuse ! Qui l'a éduquée celle-ci ? S'insurge la mère jacaré

— C'est nous tous, les habitants du lac. Un matin vingt-quatre décembre, nous l'avons découverte endormie dans les grandes feuilles, déposée par une perle de rosée. Éblouissante avec sa robe rubis et ses boucles foncées, elle a ouvert de grands yeux d'ébène veloutée. Nous n'avions jamais vu de sirène et ainsi tombée du ciel, elle nous semblait la plus belle. Oui, peut-être bien que nous l'avons un petit peu gâtée ! confesse gentiment la petite grenouille nounou.

— Et vous l'avez donc prénommée Noëlle ? Questionne le crabe bleu

— Oui, grâce à ses écailles rouges, nous avons imaginé qu'elle serait une bonne sirène Noëlle.

— Mais le père Noël passe, ici aussi ! Les enfants ont leurs cadeaux bien qu'ils fêtent leurs grandes vacances et que ce soit le plein été, réplique encore le vieux crabe.


Ils continuèrent à parler ainsi et à refaire le lac pendant des heures.


Pourtant quelques nuits plus tard, celle tant attendue du réveillon, un drôle d'attelage effleurait les maisons.


Comme un traineau de père Noël, le fils jacaré retrouvé, volait dans la nuit encore chaude de soleil. Tout le lac voyageait à son bord et la sirène Noëlle tenait les rênes de feuillage pour guider le crocodile par-delà les habitations. À peine le père Noël passé, les lutins grenouilles et crapauds envoyaient les lucioles distribuer les cadeaux transparents.


Une d'elles déposait une bonne idée, l'autre, une bonne intention, et voilà tour à tour, offert en un balai lumineux, un beau souvenir, une jolie pensée, une inspiration, une saveur délicieuse, un éclat de rire, un tendre sourire, une réconciliation, une géniale invention, un subtil parfum, une rencontre insolite, un savoir ancestral, des envies de partage, des désirs généreux, des projets, des projets comme s'il en pleuvait !


La sirène Noëlle riait de bonheur et ses amis se réjouissaient de la voir si heureuse.


Non loin de là, le nénuphar dressé pour l'occasion de ses plus beaux apparats, offrait les honneurs de sa table à monsieur Crabe bleu et madame Crabe violoniste son épouse, madame Jacaré mère et monsieur le cavalier blanc. Tous quatre triomphaient d'être parvenus à leurs fins et d'ainsi gâter autrement petits et grands enfants.





FELIZ NATAL !


 *          *
*



À mon fils Morgan qui m'a peint et offert ce tableau qui représente le lac Jacaré dont il m'a confié la légende et à son épouse Paty. Tous les deux vivent heureux tout près de ce lac brésilien. Je les embrasse et leur envoie la petite sirène Noëlle avec son équipage complet et surtout tous ses jolis cadeaux !



Texte et tableau protégés et déposés





samedi 25 octobre 2014

TippiRod


Avec Tippi la voix, voici Tippi la plume !




LA VOIX DE L'ÉCHO


Mes premiers mots sur le papier trouvent ici leur source :
Ma chère amie Marie-Christine surnommée Kikine, un matin des années 90 me fit entendre sur sa guitare quelques accords de sa composition
Ainsi est née la chanson « Cours serpente » que nos enfants et copains d'enfants ont repris avec bonheur ... 

Jeanne ma filleule et fille de Kikine me fait le plaisir de l'interpréter guitare et voix


Cours, serpente et nage le long de la rivière
Pour entrevoir quelques brins de lumière,
Sur cette vie empreinte de mystères
Des arbres autour de moi, au-dessus des nuages
Pèsent sur moi, entravent mon passage
Vais-je rattraper qui devant moi, l'expérience a comblé
Aurais-je un jour fini de rechercher
Si je dois m'isoler ou bien prier
Mais déjà j'entends, derrière moi, qui arrivent
Enfants qui chantent, toujours à la dérive
Avides de m'arracher ce que j'aurais appris.
Qu'ai-je fait de ma vie, à courir après qui ?
Déjà fini et encore rien compris
Je reviendrai et je m'appliquerai
À savoir prendre le bon temps comme il vient,
Respirer les fleurs, apprécier leurs parfums,
Jouir du présent, enfin m'en contenter




J'ai alors écrit pour remercier Kikine cette chanson qui relate notre rencontre créative :

Voici plus d'une décennie
Au milieu d'un drôle de monde
Nous avons tout de suite senti
Que nous vibrons des mêmes ondes
J'ai prononcé bien des devises
Qui ne franchissaient pas tes lèvres
C'est pourtant toi qui harmonises
Mes doutes qui n'connaissent pas de trêve
Loin du solfège, en toute liberté
Tu es souvent au diapason
Tout en arpège, pourquoi nous en priver
Chantons ensemble à l'unisson
Pour nous pas besoin que ça rime
Toi à la gamme, moi à la plume
Quand tu composes ta musique
Les mots me viennent à la bouche
Merci à toi, merci mille fois
Tu m'as donné la preuve par dix
Que d'une amitié spontanée
Peut naître la créativité.


Kikine a semé ces clochettes dans mon jardin.
 Elles sont comme des notes d'amitié qui ont fait chanter mon cœur il y a plus de vingt ans...



Ainsi sont nées mes toutes premières inspirations, intimistes et dédiées à mes proches les plus chers.





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Mes textes sont protégés et déposés

Soit sur le site iPagination
où j'ai fait tous mes débuts en participant à de nombreux ateliers d'écriture

Soit sur le site de ma partenaire et amie Falbalapat
Variations d'une plume





Mes premières expériences et partages

- "Le carré qui tourne" choisi par La Maison bleue, devenue L'Asile au Bout du Zing

- "Fantôme-moi" édité par iPagination dans le recueil collectif "Fantôme"



- "J'attends l'amour aussi" paroles de chanson choisies par Laurent Pigeault - président de l'association Pacir - pour une comédie musicale "Les Voices Iférées" au profit des enfants malades et hopitalisés.




- Quelques participations pour  STOP Au Cancer à l'initiative de Hervé Tissier et aussi pour "Cancer mon combat", aux éditions Racine & Icare

- "A fleur de vies" paru dans un recueil collectif "Dans la peau d'une autre" aux éditions Racine & Icare


Dans la peau d'une autre


- Deux participations d'écriture collective à l'initiative de Mathieu LaManna "La vieille cabane" et de Mathieu LaManna et Darklulu
"Une vie bien rangée"


- J'ai proposé et animé des sujets de défi d'écriture sur le site iPagination "les p'tippis sujets" (les derniers en juillet-août  2014)



Affiche de Bluewriter



- TippiRodio l'émission des ondes iPaginatives !

    *première émission

    *deuxième émission



Affiche de Bluewriter

Au sujet de "LA VOIX" de nombreux auteurs ont répondu ! 
J'avais ouvert le défi avec ce texte :
(au bas de cet article les tableaux récapitulatifs des participations aux quatre P'Tippi sujets été 2014 : La Voix, Toi, Le nu, Ô)



Dans ces aventures collectives vous retrouverez d'ailleurs plusieurs auteurs de ce blog!