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LA VOIX DE L'ÉCHO

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mercredi 6 mai 2015

LOUYSE LARIE - S'IL PLAÎT A MON AUTRE




MISE EN VOIX AUBRÉE



Photographie personnelle de Louyse Larie





S'il plaît à mon autre,


S'il plaît à mon autre,
Lui dessiner genèse
Et l'exhorter au tête-à-tête,
Nous lirons ensemble
Le bruissement du silence !


Fort empêtrée d'un quotidien
En rupture, me décidé-je
Renaissance, iriser dans ma pâture !
Méditation, j'espère apprivoiser,
Dut-elle me consentir faveur !
M'abreuver de délivrance en confession
Plutôt que tourments,
Noyer aux abois,
Je compte autant que l'infini se peut,
En chemin rencontrer Dieu !


Tandis que dualité
N'y trouvant à redire
Et l'esprit mutin clignant de l'œil au bréviaire,
L’intrigue du vertige, je sonde
Pour m'en aller trouver refuge
Où caresse du lendemain donne parole
À la galaxie réinventée !
Seul compagnon
D'un chemin de promesse
Me doit bercer demain !


Je ne sais du recueillement,
Si Démiurge
Ne s'invite davantage
Plus qu'il ne décline
Le prélude des arcanes !


J'aspire que retraite n'en souffre,
Que communion ne se trouble
Et que tempête ne souffle colère
Sur mon échiquier essentiel en sursaut !
Élaborer bien aise
Le rosaire chaotique
Sur chemin de foi
Et complice du mutisme de l'absence,
Je me sens enveloppée
D'un vent de dilection !


Sereine, je m'y baigne
Et magnifie l'instant
Où le temps s'affranchit de repentance,
Il me confère congé
Plus qu'il n'espère !


Quand bien même dédoublement
Viendrait à lever le voile,
L'Éden ne se livrerait point davantage !
J'assiste à l'éclosion de ma pensée,
Et j'arpente la croyance à huit clos !


Il me vient le dessein que je vous puisse
Épargner de l'errance de mon âme,
Habiller le repentir de la nuit
D'orfèvre qui me suit à la trace,
Entamer l'inventaire à requiem
Et qu'en cette introspection,
Précepte plutôt que mécompte,
N'encourage la misérable émigrante
À s'enticher de contrition
Sur le chemin de la rencontre avec soi !


La légende nous confie
Que dans les yeux de l'antre du mythe,
Il arrive que l'archange
Ne s'acquitte du chaos
Ou ne déclare forfait
Avant que péchés, l'on n'expie !
Cependant à défaut de l'élu patenté,
La route ne saurait s'hasarder
À offrir coursive de cristal
Au miséricordieux centaure !


Solitude en chamade,
Pendant que l'oraison,
Au regard de l'énigme,
Sonne le glas du caprice
De la rédemption.
Mais débitrice de l'inutile tarifé,
Autant que nous le pouvons cultiver,
Et porteuse d'une providence en besace,
N’attendez point, de bonne grâce,
Que j’outrage le firmament !


L'espérance allant son train
Et défi rapiécé de calice,
Puisse ma ferveur capricieuse
Oser vertueux sentier,
Afin que l'ondin ne me dénoue
Des cordages du supplice,
Pour chemin recoudre
De l'hypothèse d'un paradis
Pour vivre mieux

Les délices d'un monde guéri !



Texte protégé et déposé 
sur le site iPagination



dimanche 3 mai 2015

MATHIEU JAEGERT - BLANC-BEC AU BEC JAUNE











Blanc-bec au bec jaune






La formule usuelle consacre le goéland argenté comme apte au vol. Grand opportuniste, il est avant tout cleptomane patenté tenté par le repas des autres. Une fois sucré à la faveur d’un bon bec crochu, il a la saveur d’un bonbec goûtu. Bien sûr, d’argent il n’a cure, mis à l’abri des galères pécuniaires après avoir chapardé de haute lutte ce qualificatif patronymique le différenciant du goéland moyen. Il se consacre désormais à des activités bien plus palpitantes, s’adonnant à la tuerie en bande désorganisée, c’est-à-dire souvent seul. Toujours dans l’optique d’assouvir un appétit sans limite. Si de par sa seule condition de volatile il mange comme un oiseau, en réalité, il se goinfre.



A l’exact opposé des berger-honnêtes et des sternes qu’il consterne, le goéland se veut fourbe. De ses cris stridents et de son manège menaçant, il terrorise ses congénères depuis les côtes jusqu’à leurs côtes dodues. Une symphonie en ré-miges, du sol aux falaises dominant la mer. En ville, il a ses têtes de turc. La tourterelle, d’abord, turque à son grand désarroi. Et le pigeon ramier. Sans se soucier du danger, celui-ci picore et siffle quand l’autre pérore et persifle. Au moment de croiser le regard du blanc-bec au bec jaune, il est trop tard. Le goéland ne laisse palombe d’un doute sur ses intentions, il est de mauvaise plume. Lui qui se montre si prompt à prendre la mouche, ne peut se contenter d’un insecte. Deux ovipares se font face mais un seul y reste. Bien décidé à voler dans les plumes du pigeon, il réinvente les expressions. Au premier rang desquelles, clouer le bec. Il plante le sien dans le cou de sa proie comme un bricoleur du dimanche planterait un clou avec l’énervement de celui qui découvre que c’est lundi. Au second rang, prendre sous son aile. Lui fait tout le contraire de protéger, achevant les hostilités sous ses deux ailes, ses pattes palmées et son bec. L’attaque imparable ne dure pas, le combat est inégal et la résistance à l’offensive bec et ongle, vaine. Le supplice de la palombe prend fin au bout de quelques minutes seulement, trop longues sans doute pour la victime.



Cette scène se reproduit sous mes yeux régulièrement. De mon canapé, ne pourrais-je pas être accusé de non-assistance à espèce en danger ? Ce matin encore, un malheureux pigeon, passé de ramier à corps vidé, a fini par disparaître sous les coups d’un goéland de passage.



Je ne pouvais pas le louper.



Je ne devais pas.


J’ai ouvert ma fenêtre et crié des noms d’oiseau.

Il s’en contrefichait comme de sa dernière paire de chaussettes.

Normal, il est oiseau. Et en plus, il ne porte pas de chaussettes !



Tous droits réservés

Texte à retrouver en cliquant sur le goéland !







Et puis si cela vous dit un petit tour dans le cinéma des années 70 !



samedi 4 avril 2015

EVE ZIBELYNE - LA POULE DE NEIGE









La pouldneige


Elle est née un soir, à l’heure où s’assombrit la neige, après une journée d’épouvante.
Le télésiège avait emporté vers les sommets sa moisson de manchots sur leurs planches encombrantes. Des patauds, des élégantes, des pressés d’en découdre avec la blanche. Parmi eux, une boulette jaune moutarde pataugeait péniblement pour conserver son équilibre.

Qu’importe ! Ses acolytes l’avaient décidé : elle ferait du ski ! Le vent lui a picoté la peau tandis que le sol s’échappait. Le ramasse-fous a déversé sa moisson multicolore et la boulette, soutenue par ses congénères, sous l’œil compatissant des gamines.
Les premiers pas l’ont fait choir sur le derrière et la tête, comme si elle n’était pas assez folle ? Un renversé fabuleusement bien réussi ! Restait la perspective de descendre la piste verte longue de quelques kilomètres, avec ses à pics et ses virages, alors que la boulette, non contente d’avoir le vertige, avait peur de la vitesse, et ce, en toutes circonstances. Un centre de gravité déplacé, paraît-il, mais qui donc avait bien pu lui signifier de déménager ?
Toujours est-il qu’elle ne put pas entreprendre la descente seule, et c’est arrimée à son bienaimé — le mal nommé puisqu’il faisait partie de ceux qui voulaient sa perte — qu’elle descendit sans bâtons ni fierté, tétanisée par la peur, lourde comme un bloc de granit, à la vitesse terrible de l’escargot des neiges. Parvenue au terme de son calvaire, en sueur et jambes tremblantes, elle se jura de ne plus jamais tenter le Diable et prit ses aises au bar, seul lieu véritablement convenable pour une personne de sa qualité.
Le retour, en soirée, fut comme une bénédiction. Le soleil brillait encore près du champ de neige ombragé qui s’étalait devant le chalet, immaculé. Julien entreprit de creuser un igloo. Engoncée dans la neige tendre jusqu’aux genoux, elle a pelleté avant de laisser sa charge à plus costaud qu’elle.  Elle voulait édifier un monument à la gloire de la boulette, elle le méritait bien ! Ses mains ont roulé la neige pour enrober le petit bonhomme que les trois petites avaient vite délaissé. Fi du bonhomme de neige, trop classique, trop simple, trop bête ! Elle pensait dragon, mais ses mains en ont décidé autrement et elle a vu se dessiner un tout autre animal à la douceur rassurante. Elle ne s’appelait pas pour rien « Mamie les poules » !
Le dos osseux du dragon a ployé sous les plumes duveteuses et laissé place aux formes enveloppées d’une mère poule. La crête, orgueilleuse, a ondulé sous le dernier rayon du soleil. Sa queue s’est dressée fièrement, tant, qu’on aurait pu croire qu’elle levait le croupion pour cacher ses petits sous son corps chaud. Les enfants l’ont reconnue sans une hésitation, la poule de neige ! Quelques brindilles sont venues parfaire sa ligne et elle s’est vue coiffer d’un bonnet de lutin inaugural célébrant la nouvelle résidente du Linga à Châtel.
Quelques minutes plus tard, elle pondait son premier œuf ! La pondeuse en eut plus de succès encore. Elle trônait près de l’igloo, phare bienveillant dans la solitude blanche, irisant les regards de gaieté.
La nuit fut agitée. La lune resplendissait sur la poudreuse. Dehors, échauffée par l’astre rieur, la poule des neiges s’est soudain animée. Mue par un infernal courage, la voici qui se dresse sur ses bâtons, bec en avant, en quête de vers blancs. Mais comment voir un vers blanc sur une neige étale ? Telle une marée grondante, la lune s’enfuit vers les sommets, poursuivie par un étrange cortège. Une poule énorme se dandine, dessinant sa trace sur le manteau neigeux, entraînant à sa suite un igloo facétieux qui ouvre sa porte en invitation au voyage. Le volatile picore, picore, picore sans fin et gonfle, gonfle, gonfle dangereusement. L’igloo, vexé, abandonne son énormité et, bougon, se laisse glisser vers son socle. Là, il s’endort, harassé, d’un sommeil sans rêves. Là-haut, tout là- haut, la poule de neige déploie ses ailes et s’élance dans une vertigineuse descente, tourneboulant sans fin, bec en avant, sans vers, pourtant. Que lui importe ! Elle gobe les grains immaculés avec délices et grossit plus encore, rebondit, gracieuse, et roule, se trémousse en poussant un chant de triomphe.





En bas, tout en bas, les chalets frémissent au roulement dévorant qui arrache les flancs de la montagne. Les sapins plient sous l’avalanche, les rocs s’ébranlent, le flot dévale la piste rouge, tout schuss, en caquetant d’ivresse. L’igloo grommelle à ce réveil impromptu et hèle l’incongrue.
Hé, poulette ! Il n’est plus temps ! Le soleil va se lever. Tu devrais rentrer à l’ombre avant de fondre comme neige au soleil ! Ton œuf est à plat et bientôt, il sera poché si quelque passant se prend de s’en saisir pour son petit-déjeuner !
La poule, surprise, freine d’un chasse-neige magistral et en perd les bras, qui restent plantés là à contenir l’avalanche. Caquetant d’effroi, elle se rue vers son nid blanc et pose son croupion sur l’œuf qui gémit sous son poids. Le vent mugit, courtois, et débarrasse la pondeuse de son copieux repas. L’aube se lève sous une giboulée neigeuse qui tournoie, flocons duveteux qui recouvrent la trace du noctambule exploit.
Impassible, la poule de neige trône, coiffée de son bonnet, près de l’igloo qui accueille les ébats des premiers enfants. Elle arbore un sourire content lorsque la boulette la dote de nouveaux bras. Cette nuit, elle ira là-haut, toujours plus haut.
L’œuf a disparu. Non ! La coquille est vide, emplie de duvet blanc. Des traces légères courent vers les pistes gelées, vers des bras oubliés, arcs boutés contre un igloo gigantesque, un igloo de rêve qui se façonne sur les contreforts de la piste, sous l’abri des sapins blancs.




Eve Zibelyne le 29 mars 2015
Tous droits réservés








Mais alors pas de poules en chocolat pour les petites chéries de Mamie les poules ce week-end pascal ?

Bien sûr que Siiiiii, voyons ! Un coeur de Mamie les poules, ça craque et ça déborde en douceurs de tendresse ♥











PS : Imaginez-vous que cette poule de neige m'est arrivée par MMS Zib'ien, un beau soir d'hiver ! Là c'est moi qui est littéralement craqué ! Et ni une ni deux, j'ai passé commande auprès de Eve Zibelyne ma copine ! J'ai bien fait, non ? !

 GRAND MERCI TOUT CHAUD À TOI MA ZIBOUNETTE LES POULES ♥♥♥ 

Et tu sais combien je me passionne pour la suite de tes aventures !





*** Un gros bisou-merci à mon "igloo" préféré !