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samedi 28 juin 2014

EMECKA - LE COIN "POÈME RÉVOLUTIONNAIRE" & BLUETTE



MISE EN VOIX ZIBELYNE




Photographie personnelle de Emecka - De si beaux villages





Le coin "Poème révolutionnaire"



Le coin
Lors de votre balade en ce jardin,
Quelle ne fut pas votre surprise
De trouver des pavés dans ce coin
Qui d'ordinaire ici, ne sont pas de mise.

Point besoin, vous vous dites, de ces parements
Pour défendre quelconque barricade
Puisque ici, de révolution n'existe vraiment
Que celle du jardin, votre promenade.

Alors peut-être, est-ce un coin de ralliement
Dévoué aux fidèles péripatéticiens
Qui, pris de plaisir ou d'épuisement
Reposent leurs sens sur ce banc ancien.

Bienvenu, profite de ce coin de pavés !
Pense alors, à la quiétude du recoin
Même si d'aventure, il te prend de rêver
De jeter à l'adversité, les pavés du coin.



~~~


Photographie personnelle de Emecka - Chatoiements



Bluette


Toi, s'il te venait l'idée, bien cavalière
Après quelques boissons goulûment consommées,
Contre le pied de cet auguste réverbère
De t'oublier, en d'autre terme d'uriner ;

Saches, vile et grossière engeance,
Que, sans nulle autre formalité
Tu rendras compte de ton incontinence
Par là, précisément, où tu as fauté.

Quoi de pire en réalité qu'une miction,
Observée par toute la lumière érigée ;
Puisse t-elle rendre impossible la mission
Qu?avant ces mots tu avais engagée.

Ranges donc ton idée buissonnière
Que tu sois chien, chat ou homo erectus
Passe ton chemin et tes basses manières
Pour un autre lieu digne de tes reflux.


Moralité :
Pisser contre ce lampadaire
Se regrette la vie entière !...





MK
« Poèmes de jardin et fables pour qui veut les entendre »


Tous droits réservés
sur images et poésies

déposées

sur le blog de Emecka

sur le site iPagination






lundi 7 avril 2014

EVE ZIBELYNE - Le cochon à béquille



Mise en voix par Zibelyne



Illustration ZIB - BD ancienne



Le cochon à béquille

Il était une fois – c’est ainsi que débutent les contes – un cochon fort mignon surnommé Mirliton.
Mirliton le cochon – le saviez-vous ? avait un don !
Sa naissance, dans un tet1 de qualité, forçait le respect des gorets de l’année.
Pourtant – Mirliton – dernier-né d’une portée de treize porcelets était, d’une terrible infirmité, affligé.
Que s’était-il passé dans le ventre de sa mère, la truie ? Elle ne le savait, attristée — du moins –, elle n’osait y penser. Lequel des cochonnets, cannibale avéré, avait – in utéro – d’un appétit féroce, boulotté le porcelet ?
Mirliton en sortit amoindri d’un jambon et doté d’un moignon, sans ongles ni soies, lisse comme un saucisson ! Sa mère l’éduqua si bien que nul, à la ferme, ne vit avant longtemps la béquille du cochon. Sagement, contre ses frères il prenait sa ration, tétant et grognant à l’unisson, mais jamais ne jouant, cachant son moignon.
Le porcher, un beau jour, se prit de ranger sa maison et, lassé d’entasser des rogatons, déposa dans un coin de la soue bazars et cartons – ainsi qu’un balafon. Intrigué, esseulé, de sa béquille d’os frais il osa, et les lames en tintèrent de joie.
Grisé, le cochon rose, inspiré, en vers – et pas de soie et non plus contre-tout – se mit à chanter, frappant avec maestria l’instrument de bois si long qu’il courait en entrechats, leste — le croiriez-vous — comme un matou, un marabout, ou…, un tatoo ?
Le lardon, flanqué de son daron, en firent choir les cartons !
Les cochons à leur tour s’extasièrent, mais aucun n’avait – jambonnés qu’ils étaient – de don ni de chanson, de vers ni de dévers, si ce n’était du lard, comme tout bon cochon.
C’est ainsi qu’à la foire, au cul du camion, se rendirent les treize et, le treizième en vedette, apôtre ou à Pau – de rillettes – en vers de Mirliton, jouait du balafon, saluant d’une chanson l’adieu à ses compagnons, vendus pour des rillons.

1 Patois local, tet – prononcé taie, également prononcé tête


Tous droits réservés
Eve Zibelyne le 20 mars 2014