Le mot du jour

Qui suis-je?


LA VOIX DE L'ÉCHO

POUR LE PLAISIR DE TOUS: AUTEURS, LECTEURS, AUDITEURS...
Affichage des articles dont le libellé est .VIDÉO. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est .VIDÉO. Afficher tous les articles

dimanche 7 décembre 2014

STÉPHAN MARY/LE ZÈBRE - VOTRE VOIX DÉSIRÉE


CLIQUER SUR LA VIDÉO SONORE





Vidéo réalisée par l'auteure Stéphan Mary/Le Zèbre



Votre voix désirée



Vos cordes vocales maligne
Vous avez su me faire écouter
Cette complainte en sourdine
Du désir muet d'être enlacée

Je vous imagine câline 
Dans l'espace sonorisé
Par votre voix sublime
Nos émotions accordées

Graves et aigus susurrés
Par tant de sons entrelacés
Le plaisir auditif si insensé
D'un contre-ut jamais achevé

Les vocalises harmonieuses réinventées
Le désir fou de vos silences inavoués
Permettez moi en cet instant endiablé
Dans vos notes me couler me passionner

Je vous convie à ne pas vous offusquer
De trop de plaisir-désir ne puis me libérer
Et votre chant n'ai pas envie de quitter
Car enfin par votre voix je suis subjugué

De tant d'amour pour vous suis prisonnier
Lorsqu'en vous sincère je reste émerveillé 
Sachez ma fée que jamais je n'ai murmuré
Ce verbe adoré Aimer pour vous réinventé

Le peintre ne peut pas peindre la voix
Qu'elle soit contre alto ou soprano
Mais reproduire et parfaire le tableau
Le peintre peint ce qu'il entend et voit

Pour vous la lune j'irai décrocher 
Laissant mes pastels à vos pieds
Tel un arc en ciel de notes posées
Dans un opéra stellaire jamais saturé

Les astres en canon composeront
Un hymne à l'amour sans partition
Vous laissant la liberté d'une création
Pour une symphonie d'improvisations

Vous femme cantatrice inclassable éternelle
Qui exposez sans gêne ces sons si sensuels
Votre semi-nudité vocalisée vous m'offrez

Comme écho fatal d'une sirène fantasmée 



Texte protégé et déposé 
sur le site iPagination



Nous ne saurions nous quitter ainsi...


Alors ! Cliquez une voix encore !








dimanche 26 octobre 2014

MARCEL FAURE - LIENS DES ÉPISODES DE 0101 À 0200 - LA DANSE DES JOURS ET DES MOTS



JOURNAL POÉTIQUE DE MARCEL FAURE



MARCEL FAURE - LIENS DE LA PRÉFACE À L'ÉPISODE 0100 - LA DANSE DES JOURS ET DES MOTS



JOURNAL POÉTIQUE DE MARCEL FAURE


Auvergne - fleurs - insectes- Henri Maleysson



LA DANSE DES JOURS ET DES MOTS



LIENS DE LA PRÉFACE À L'ÉPISODE  0100 





0001 à 0005                     

0006 à 0010                      

0011 à 0015                    


- 0016 à 0020 

                    
- 0021 à 0025                     

- 0026 à 0030                     


- 0031 à 0035                     

- 0036 à 0040                     

- 0041 à 0045 
                    
- 0046 à 0050                     

- 0051 à 0055                     


- 0056 à 0060                     


- 0061 à 0065                     


- 0066 à 0070                     


- 0071 à 0075                    

- 0076 à 0080                     

- 0081 à 0085                     


- 0086 à 0090                     

- 0091 à 0095                     


- 0095 à 0100                     



mardi 14 octobre 2014

MARCEL FAURE - 0156 à 0160 de La danse des jours et des mots


CLIQUER SUR LA VIDÉO SONORE





Vendredi 24 février 2012 

Laisser des blancs...
Ou des points de suspension...
Toujours en devenir,
Quelque part...
Ce Moi qui me prolonge


Samedi 25 février 2012 

Tout se suspend au poing que l'on serre dans sa poche. Va-t-on encore longtemps accepter et se taire. L'ombre s'étend. Les regards se fanent. La désolation insouciante nous mobilise.
Dehors, la gloriole clinquante défile, pendant que les pigeons se réfugient sous les arches d'un pont.
Nous irons, comme d'habitude, aiguiser dans la joie le couteau qui nous égorgera. Sur un coussin nous le présenterons au bourreau.
- Monsieur le président, voici notre gorge. Nous vous avons élus sans trop nous poser de questions. Alors n'hésitez pas, terminez le travail avant que notre poing ne se tende. Vous n'avez plus que quelques jours. À moins que...



Dimanche 26 février 2012 

Je décape souvent mon vieux cerveau rouillé par l'âge, tantôt avec des cris, comme hier, tantôt en le baignant dans un poème.
Ma salle de bain s'ouvre sur un jardin secret où chantent le pinson et la fauvette. De pierre en pierre, une douce cascade égraine ses notes d'eau. En caressant les feuilles au passage, une lumière d'or joue ses arpèges sur ma peau.
La puissante architecture des frondaisons déploie son vert intense, presque mystérieux. Et le silence, le silence, plus bleu que le ciel.



Lundi 27 février 2012 

Le coloriage s'anime de teintes multicolores fantaisistes. Les poussinettes gazouillent, crayons de couleur en main. Onomatopées chantées d’où surnage d'un seul coup cette expression reprise et reprise " boite à bisous ".
Évidemment en bon voleur de mots, je consigne immédiatement sur un morceau d'enveloppe usagée.
- que viens-tu de dire ?
- Boite à bisous répond-elle d'instinct, et se reprenant, croyant que je cherche à la rectifier, boite à bijoux.
Sais-tu, poussinette, quel cadeau tu viens de faire à ton ami poète ? Chaque fois que je serai triste, je fermerai les yeux et j'ouvrirai ta boite à bisous. Aussitôt jailliront toutes les couleurs de l'oiseau de paradis que ta sœur habillait de plumes chatoyantes et ce coffre plein de légumes à qui ta main donne la vie comme s'ils étaient tout frais. Est-ce lui qui t'a fait dériver vers ce trésor d'enfance ?
Me revient alors en mémoire Blandine, il y a trente ans, et qui à l'époque avait ton âge. Elle s'était mise en tête d'écrire un roman illustré. Une histoire de souris qui allaient manger au restaurant. Le restaurateur était devenu tout naturellement le "restauratier."



Mardi 28 février 2012 

De plus en plus, la poésie tend vers la prose. Le fracas des mots entre eux, leur détournement de leur sens premier s'opposent au rythme régulier qu'impose le pied et la rime. La puissance romantique de l'alexandrin disparaît au profit de formes plus chaotiques, un peu à l'image de ce monde qui craque de toutes parts. Le poème classique devient alors une sorte de refuge pendant que le poème en vers libres reflète ce désordre de la société libérale où rien n'est acquis, rien n'est fini. On voit bien que la tentation de la rime demeure présente, comme un regret d'une autre époque.
Mais le poème en vers libre tente de dire cette fêlure qui se prolonge en chacun d'entre nous. Sa tentative descriptive offre plusieurs facettes, plusieurs regards, sur un sujet dont il est le centre déséquilibré.






Textes protégés et déposés
sur le site iPagination










mardi 7 octobre 2014

MARCEL FAURE - 0151 à 0155 de La danse des jours et des mots


CLIQUER SUR LA VIDÉO SONORE






Dimanche 19 février 2012 

Je rêve du corps de l'autre, susurre une voix masculine à la radio. Bribe qui s'insinue. Beaucoup ne se trouvent plus à leur goût. L'obsession de se plaire, de se séduire plutôt que de plaire à cet autre qui vous a séduit. Narcisse jaloux.
Et dans ce corps convoité inclut-il le cerveau ? Où ce désir se réduit-il à l'apparence : une musculature parfaite, une prestance, la ligne d'un visage ou d'un sexe différent.
Pesant, lourd, empâté, mon corps me convient parfaitement. Sûr qu'aucun bellâtre ne voudra me le piquer et pour le cerveau, je n'ai pas l'intention de trépaner qui que ce soit et tant pis si le génie de tel ou tel m'échappe, je ne cherche pas à m'aimer davantage.
Et tous ces pores par où l'air circule; me voilà montgolfière et dans le rêve d'un de mes fils qui voulait survoler notre maison avec ce drôle de ballon, masse énorme et pourtant plus légère que l'air.
Et mon corps aérostat se délecte de tous ces mots que le souffle chaud des poètes alimente.



Lundi 20 février 2012 

Mon corps a des limites que mon cerveau ne veut pas reconnaître. D'abord, il n'est jamais seul, pas comme l'autre, là-haut, enfermé dans son crâne, à mugir, toujours en quête de son âme. Et quand le fier taureau sans corne refuse toutes règles, l'autre plus bas, l'ignoble tas de viande, de viscères et d'os, il n'a plus qu'une solution : craquer.
Alors c'est la lente reconquête, l'âme fait preuve d'un peu de jugeote. Elle a intérêt si elle ne veut pas se retrouver dans la peau d'un fantôme, ou pire encore dans celle du Juif errant. Et c'est le jeu de la séduction qui commence.
Vas-y, mon vieux... oui, doucement, avale un anti-inflammatoire, passe sous la douche et masse-toi le dos avec le jet d'eau chaude. Voilà, tu vois, la douleur s'atténue... ton arthrose, je m'en occupe, j'envoie des troupes dans le sang, je gonfle quelques muscles tout autour. Maintenant, sèche-toi... Habille-toi chaudement ... Dommage que tu aies jeté cette vieille ceinture flanelle que ton père portait. Un peu de marche te ferait du bien, c'est bon pour l'arthrose... Va donc acheter le dernier Pennac.
Ni vu ni connu, voilà comment je m'entourloupe et que je suis là, dans cette librairie, à chercher le " Journal d'un corps."
Provisoirement épuisé... Moi aussi... Je rentre en bus.




Mardi 21 février 2012 

Qui es-tu, toi l'informe masse grandiloquente ! Que saurais-tu sans mon expérience du vécu ! Une sorte de chiffe molle. Voilà ce que tu serais !
N'est-ce pas moi qui t'ai dit, en touchant le feu avec ma petite main de bébé que la flamme, ça brûle, que les orties piquent et que le froid engourdit tes neurones au point de t'endormir ?
Assis sur les bancs de l'école, je t'ai bourré de mots, de concepts, d'informations et de... sensations en posant ma main sur la cuisse de ma jolie voisine. Et je ne peux même pas te déconnecter. Tu en profites pour me réveiller la nuit et me hurler tes bêtises dans mes oreilles. Oui, je sais, au matin j'ai oublié ce qui aurait pu être l'œuvre de ta vie.
En plus tu me reproches mon inattention, cause de ton ignorance, alors que c'est toi qui rêvassais pendant les cours de math. Tes yeux fuyaient par la fenêtre, en poursuivant un poème de Prévert.
Non je ne suis pas en colère, mais montre-moi un peu de respect, vieux complice, si tu veux que je continue à te nourrir, en compulsant cette revue que le facteur vient de te livrer. Alors changer d'activité. Non ? Une grosse migraine ? Ah, tu comprends mieux mon arthrose. Allez, j'arrête un moment d'agiter mes doigts sur le clavier. Tu pourras te reprendre tranquillement, petite nature !



Mercredi 22 février 2012

Souvent les gens sont attachés à leurs plaintes. Trouvez-leur une solution et ils sont désorientés. Le sentiment de frustration est un puissant moteur. Chaque grain de sable que le hasard met sur notre route augmente encore notre consternation et notre stupeur.
Alors, j'ai appris et j'apprends encore à contrôler mes désirs, à accepter le minuscule caillou dans la chaussure. Avec l'âge cela devient plus facile.
Aller chercher en soi ce qu'il y a de plus précieux et le silence devient palpable, constructif. Comme si la pureté intransigeante de la lumière anesthésiait toutes formes de vicissitudes. Et puis, nous sommes si nombreux à l'intérieur de moi, que mes afflictions s'estompent rapidement.



Jeudi 23 février 2012 

Notre tour est un véritable vivier pour les grenouilles de bénitier. Lloydia et moi, semblons les attirer. Encore il y a quelques jours un couple où nous en étions restés à " bonjour bonsoir ", a souhaité nous rencontrer. Ils prennent en charge à leur manière, les difficultés des parents de nos poussinettes. C'est surtout Madame qui s'exprime, elle semble avoir une foi sincère et profondément enracinée dont elle fait état sans pourtant tomber dans le prosélytisme. Une exception rare que cette grenouille.
Attentive aux petites misères des uns et des autres, elle sait rendre discrètement quelques services. Elle m'a fait repenser à ma mère, chapelet et eau bénite en provenance directe de Lourdes, mais remplissant les papiers administratifs des autres, tout en me demandant de remplir les siens. Du coup elle avait droit à des couscous monstrueux qui auraient pu la nourrir toute une semaine. Alors, j'en profitais.
Un jour, on lui demande de prêter sa cuisinière pour une circoncision. Elle comprend que l'on viendra cuisiner chez elle. Elle accepte. En fait, elle voit débarquer tous les hommes invités. Ils réorganisent la pièce de font en comble et rapidement ma mère se trouve poussée à l'étage du dessus dans la chambre où les femmes bavardent joyeusement en... arabe. Abondance de plats et de sucreries, un peu comme la première communion chez les catholiques, la fête quoi.
Un peu désorientée par cette aventure, en fin d'après-midi elle retrouve sa cuisine dans un état de propreté exemplaire.
À l'inverse de ma mère, qui à l'époque était déjà veuve, Les grenouilles de la tour coassent plus qu'elles n'agissent. La critique en bandoulière et les flammes de l'enfer dans les yeux, sans jamais voir personne, elles filent se geler les miches tous les dimanches, sur les bancs de l'église. Bon, un de ces jours, il faudra que je fasse un tri et que je noie les plus agressives dans ce fameux bénitier.










Textes protégés et déposés 
sur le site iPagination





mardi 30 septembre 2014

MARCEL FAURE - 0146 à 0150 de La danse des jours et des mots





CLIQUER SUR LA VIDÉO SONORE









Mardi 14 février 2012 

Un banc mouillé de soleil. Un soldat de plomb étendu sur le sable. Un pied l'écrase, l'enfonce plus profondément, le tue encore. Des enfants s'affrontent à l'épée de bois, au pistolet en plastique. Je te tue. Tu es mort. Tous les pigeons ont fui.
Un banc forteresse imprenable. Premier territoire à défendre. Méchant. Salaud. Une première amitié brisée. Maman il m'a fait mal. Et ma mère qui répondait : t'avais qu'à pas jouer avec lui. Aujourd'hui les mamans modernes s'invectivent. Menaces de plaintes. Ça peut rapporter gros un bobo d'enfant.
Sur le banc, les deux garnements réconciliés partagent un gâteau pendant que les mamans continuent de se crêper le chignon. Et moi je vois des images de guerres, d'enfants soldats. J'ai mal.
Pourtant, enfant j'ai joué moi aussi à ces jeux de grands. Général, je manoeuvrais des armées de boutons. Mes troupes passaient du guéridon à la chaise, montaient une embuscade sous la table et se rangeaient sagement dans une boite métallique, à grands coups de balai.
Ces boutons, il m'en reste encore quelques-uns dans la malle à couture. Parfois ils s'aèrent le temps d'une veste. Toujours soigneusement récupérés, c'est mon enfance que je recycle indéfiniment.



Mercredi 15 février 2012 

Photographies prises avec le télescope de Hubble. Comme si l'on regardait au travers d'un caléidoscope. Images que le profane ne sait interpréter. Féeries abstraites pour nous et qui représentent pourtant ce réel qui n'est plus. À l'échelle de l'univers, nous n'intéresserons probablement jamais personne. À l'échelle de la Voie lactée, nous n'aurions même pas le rôle d'un poil à gratter. Et pourtant, cela nous démange toujours d'être le centre du monde.
L'œil du chat nous regarde, tapi au-delà de notre entendement. Il ne paraît pas hostile, seulement attentif à ce que nous sommes. Des équations si nombreuses entre cette représentation du ciel et nous. On croit toucher les étoiles du doigt, avec des mots, avec un tableau. L'art n'est qu'une pâle imitation de la beauté des nébuleuses et de l'implacable violence des soleils qui explosent. Dans la course vers l'infini, de quoi nous rapprochons-nous si ce n'est de nous-mêmes et de l'humilité que nous devrions adopter devant tous les mystères à découvrir.
Photographies de Chris et de ses enfants, beautés des hommes, grandeur des regards innocents. En chaque homme l'immensité des possibles. L'exploration infinie des âmes. Déjà dans le sourire de ses deux filles, un nuage. La terre vue, du ciel, est belle avec ou sans nuages.
Soudain les correspondances fictives deviennent plus réelles. Et Chris si vivant, les mêmes yeux rieurs que ses garçons et ce sourire prêt à croquer l'avenir. Rien que notre bon vieux soleil à nous, et la terre et l'eau.




Jeudi 16 février 2012 

La symphonie des mondes se déroule tranquillement sans se soucier de nos convulsions. Je m'écarte du mieux que je peux du point de fusion où s'agglutinent les passions, les désirs, les regrets. Astéroïde fou, ma trajectoire incontrôlée poursuit sa course d'encre noire.
Dans ce désordre apparent, je rencontre des frères, des sœurs, on se frôle un instant, on échange la couleur de nos yeux, l'adresse d'une île déserte, la date du prochain arc en ciel... et notre amour désespéré des hommes. Au milieu des charniers de la consommation, nous survivons.
À l'âge des cavernes aussi nous aurions survécu, nous avons survécu. Nous sommes les fils des mots essentiels catapultés dans la mémoire collective. Enfance, amour, partage et quelques autres, comme autant d'étoiles dans le gris des jours.



Vendredi 17 février 2012 

Chaque jour, il nous faut convaincre la maman de Camélya de lâcher du lest. L'aînée des poussinettes ne doit pas vivre dans ce brouillard permanent qui m'a englué si longtemps. Il faut qu'elle parte en classe verte. Elle serait d'ailleurs la seule à se morfondre sur les bancs désertés par ses amies.
L'argent ? Non, non, maman se fait un point d'honneur à assumer. Le matériel qu'il faut réunir et emporter ? Nous avons de quoi fournir en sacs de couchage, sacs à dos, trousses de toilette... La religion ? Non, pas vraiment, Camélya sait reconnaître un morceau de porc dans son assiette et les astuces d'évitement pour ne pas l'avaler, et puis, souvent, il suffit de dire.
Alors ? C'est maman qui a peur, qu'il faut rassurer. Non elle ne se perdra pas dans les bois, oui la maîtresse a l'habitude, non ce ne sont pas trois jours de vacances. Mais l'argument qui semble décisif, c'est le retard pris à l'école. Pour coucouner les petiotes, il nous faut coucouner la mère et ne jamais baisser la garde.
Plus d'un mois avant le départ. Affaire à suivre... Armer le propulseur à idées jusqu'aux dents, sans oublier toute la panoplie des sourires, et compter sur Camélya qui va tanner sa mère et jouer sur l'effet d'usure.




Samedi 18 février 2012 

Si j'avais dû penser ce monde, je t'aurais inventée et je t'aurais nommée Lloydia. Alors j'aurais dû aussi inventer les fleurs et les plantes, les rivières et les fleuves, et les mers, et les océans, et les lacs pour refléter la lune et les étoiles. Mais c'était déjà fait, alors je me suis contenté de t'aimer et chaque colline, chaque montagne m'a renvoyé l'écho de ton nom.
Et tu remplis chaque page de ma vie.












Textes protégés et déposés
sur le site iPagination

















mardi 23 septembre 2014

MARCEL FAURE - 0141 à 0145 de La danse des jours et des mots





CLIQUER SUR LA VIDÉO SONORE








Jeudi 9 février 2012 

Je ne suis pas préparé à cette intrusion de souvenirs anciens qui viennent télescoper le présent. J'ai recherché en vain, une vieille photographie en noir et blanc de mon père, histoire de vérifier. Peine perdue.
Vanessa P., interrogée à la télé, n'avait pourtant fait que confirmer toute la distance qui nous sépare. Pourtant cette poupée de mode me fascine. Il en est ainsi de certains êtres qui nous captivent par leur beauté, leur voix ou ce qu'ils écrivent. Ils sont très différents de notre univers, ils peuvent avoir des idées aussi diamétralement opposées que Sollers, d'Ormesson ou Bobin. Cette sympathie irraisonnée peut nous surprendre au coin d'une rue en croisant un inconnu, associer un couple comme Montant et Signoret, s'attacher encore à un Lino Ventura, même lorsqu'il joue les brutes épaisses dans des films de seconde zone.
Pourquoi eux ? Pourquoi Emmanuelle Béart aussi. Evidemment, vous pourriez me reprocher une attirance sexuelle bien compréhensible envers ces magnifiques actrices. Mais non. Homme ou femme, lorsqu'ils parlent, lorsque je les lis, c'est à la fois une sensation d'apaisement et d'exaltation et, depuis que j'en ai pris conscience, une volonté de résistance.
Je ne résiste pas très longtemps. Heureusement, ils sont peu nombreux dans mon panthéon. Et trop inaccessibles ou morts, pour avoir une influence réelle sur ma vie.
Papa, les racines que tu m'as données sont solides. La vie simple et souriante, c'est peut-être cela que tu confiais à Vanessa P. dans un rêve, au bout de la rue des Deux Amis.



Vendredi 10 février 2012 

- Madame, je n'entends plus aboyer votre chien, vous avez trouvé une solution ?
Cet animal prénommé Délivrance par ses maîtres, nous bourrait les tympans de sa solitude plusieurs fois par semaine, surtout le soir, comme s'il avait peur du noir. Nous en étions arrivés à proposer de le garder chaque fois qu'il était seul et le gentil mastodonte n'était pas contre, à condition qu'il puisse, sans réserve, sentiner notre entre cuisses. Pourquoi s'en offusquer, c'est sommes toutes, une façon assez banale de se saluer chez la gente canine.
- Oh oui, cher monsieur, on allume la télé, il s'installe dans le fauteuil, cette compagnie lui convient.
- Et quelle chaîne lui mettez-vous ?
- TF1
- Vous êtes dure avec lui !



Samedi 11 février 2012 

Battements du sang dans mes tempes.
Archipels de nuages dans le ciel.
L'aube donne peu à peu de l'épaisseur au jour.
Je flotte au-dessus d'un café noir.
J'aime les matins qui palpitent dans mes veines.
Dehors le temps claque de froid.
La glace s'applique à lustrer la chaussée.
C'est un moment précaire, rare, évident.
Pendant une seconde,
Je suis le seul survivant d'un monde disparu.



Dimanche 12 février 2012 

Comment naît un poème ? Un battement de sang à mes tempes ? Une alchimie qui me dépasse. Peut-être la force d'inertie du premier vers ou cette fissure dans nos pensées. Des mots s'élèvent par densité jusqu'à la surface des choses. Un coup d'épuisette, le poème est fait.
Rythme, pulsation, respiration, mais aussi refuge d'où je regarde la réalité pour mieux l'affronter. Je fais le compte de mes réserves. J'erre, air, aire, ère, pauvre hère, comme un jeune hère je me frotte le front contre un tronc imaginaire pour que me pousse plus vite les bois que j'espère. Alors je fais des gammes sur mon piano dictionnaire.



Lundi 13 février 2012 

Tu es partout présente. Chaque objet, ici, c'est toi qui l'as choisi. Les livres aussi. Ta crainte, ton désespoir : ne plus pouvoir lire. Et c'est arrivé. D'abord sur l'œil où tu voyais le plus, puis l'autre. Cette tache au milieu qui t'a volée une partie de ta vie.
Gamine déjà tu lisais beaucoup. Une passion qu'adulte tu as voulu faire partager. Avec ton amie vous avez créé une bibliothèque pour enfants dans cette commune de la Loire, le seul chef-lieu de canton qui n'avait pas d'école publique dans le bourg. De petits moyens, mais un choix réfléchi qui fait de l'ombre au maire et conseiller général chargé de la culture à l'assemblée départementale.
Les chars russes dans notre commune. Oui, oui, dans les années 80 on osait encore dire cela dans nos campagnes, mais pas l'écrire. La rumeur plus puissante que l'armée rouge ... et peu à peu le mur de Berlin autour de la bibliothèque qui était pourtant dans des locaux municipaux. "Les barbelés de la culture", vous connaissez ? C'est lui, c'est le titre de son livre.
L'activité s'est poursuivie pendant trois-quatre ans. Les lecteurs, maintenant adultes, abordent encore Lloydia pour dire leur plaisir. La plus acharnée d'entre eux a eu un jour cette expression avec elle " tu es ma maman intellectuelle".
Lloydia lit à nouveau beaucoup, plus avec ses yeux mais avec ses oreilles. Jamais nous ne remercierons assez les donneurs de voix pour ce plaisir intense de rentrer dans une histoire romanesque, rêver sur un poème, se documenter sur un sujet... Et puis, en tordant ses yeux dans tous les sens, en s'aidant du télé agrandisseur, elle arrive tant bien que mal à décoder quelques phrases.
Même dans la nuit la plus noire, nous arriverons toujours à capter des instants de lumière. En chacun de nous, sommeille une luciole, il suffit de la réveiller.







Textes protégés et déposés
sue le site iPagination










dimanche 21 septembre 2014

LILAS - MARIAGE



CLIQUER SUR LA VIDÉO SONORE ICI






Mariage...
-
-
De nos cœurs est né
ce sourire aux yeux verts
~ jour de mariage
-
-
Au pied de l'église
la cloche vibre joyeuse
le cœur battant
-
-
Grandes retrouvailles
des rires et des destins
en habits tous neufs
-
-
la pluie dans nos yeux
un nouvel anneau scintille
~sa ligne de vie
-
-
Sur sa robe blanche
vibrante d'émotion
une pluie de blé
-
-
Ils pétillent de joie
dans son costume élégant
les yeux du garçon
-
-
Ce grand sourire
nouveau dans cette famille
le registre signé
-
-
Sur mon cœur serrés
souhaits de bonheur par millier
et mes doigts croisés











Tous droits réservés

MOTS EN VRAC

d'une Maman et Jolie-Maman aimante, Lilas !




Et on sort en musique s'il vous plaît !


MERCI DE CLIQUER SUR LA VIDÉO DE COLDPLAY

Vous ne serez pas déçus ! Ambiance assurée !






mardi 9 septembre 2014

MARCEL FAURE - 0136 à 0140 de La danse des jours et des mots


CLIQUER SUR LA VIDÉO SONORE







Samedi 4 février 2012 

Cher Marcel,
Merci avant tout pour ce comment, cordialement articulé et long.
Tu vois, souvent ici, on oublie que suis italienne et avec une formation culturelle, pas extraterrienne, mais differente.
Alors, je crois que si j'étais Japonaise je serais arrivée ici avec mon bagage de Tangas, Haikus, Gogyohka, etc. donc avec une forma mentis pour l'approche à la poésie, purifié, minimaliste et loin des tressements rimes, pieds.
Moi j'ai étudié la poésie d'Homère en hexamètre dactylique, Dante en terza rima et ses endecasyllabes, mais j'ai aussi profité de la poésie hermétique de Ungaretti, Quasimodo, Montale, Saba.
Chez eux le sens est recherché au maximum avec une distillation, un polissent jusqu'à l'essentiel avec le support des analogies.
Mais je vais encore plus loin...
Comme je crois que la poésie peut être crée par tous, selon l'intérêt, la formation et la sensibilité, je trouve qu'aujourd'hui nos jeunes consomment aussi leur dose quotidienne de poésie plus au moins riche de contenu, originelle et enrichissantes auteurs de chansons pop, comme autrefois les auteurs du mélodrame ou de l'opéra font de la poésie.
On a Cohen, Brel, Brassens, De André, Ferré, Conte, De Gregori... Lennon et encore...
Alors si l'Alexandrin que, moi aussi parfois je cache dans mes examêtres, ne pourra jamais être mon compagnon poétique, j'ose dire que la poésie moderne elle est vive et belle, même si on la repère loin de lieux de culte d'autrefois.
A plus et encore merci.
Galatéa belga.



Dimanche 5 février 2012 

Oui, la chanson moderne rejoint souvent la poésie, et la musique donne de la couleur aux mots. Pour être entendus, beaucoup de poètes sont passés par là, ceux que vous citez, d'autres encore, moins connus, mais souvent talentueux, je pense à Jean Vasca entre autres.
Vous parlez de votre culture italienne et de sa richesse pour souligner que chaque culture possède ses richesses et influence ses citoyens. Mais au-delà de cette culture, un linguiste français dont j'ai oublié le nom, souligne que la structure générale d'une langue, conditionne les grandes lignes de cette culture. Ainsi nous Italiens, Espagnols, Roumains, Français avons une culture assez proche les uns des autres et avons parfois du mal à entrer dans les formes de pensées des Anglais ou des Américains du nord.
Parmi les poètes italiens que vous citez, le seul que je connaisse un peu est Eugénio Montale que je ne trouve pas si hermétique que cela. Une citation de lui pour terminer :
" Il faut trop de vies pour en faire une. "

Amitiés, 
Marcel.



Lundi 6 février 2012 

Oui, Marcel nous avons beaucoup en commun comme cultures mais aussi de différences qui nous enrichissent chaque fois on entre en contact et on explore plus.
Quand on parle de poésie hermétique italienne le mots hermétique signifie avant tout désir de dire le plus possible peu de mots polis et résonnants...


Par exemple

Ungaretti dans 



Soldati

Si sta come

d'autunno

sugli alberi

le foglie


Soldat

On est 

comme en automne

sur les arbres

les feuilles


Ou encore Quasimodo



Ognuno resta solo sul cuore della dellla terra

trafitto da un raggio di sole

ed è subito sera


Chacun reste seul sur le cœur de la terre

Transpercé par un rayon de soleil

et soudain c'est le soir.



Galatéa belga





Mardi 7 février 2012 

Bonjours Marcel
J'essaie, de me donner des explications sur moi-même, de voir si c'est une question de formation, de personnalité ou des gènes qui me font sentir mal à l'aise en écrivant un texte qui ne respecte pas mon humeur du moment et toutes mes fractures intérieures.
Pour moi l'écriture est comme le tracé d'un sismographe qui reproduit, le plus fidèlement possible, ce qui me passe dans la tête et que mes tripes aussi partagent. 
J'ai déjà affirmé que je déteste mes poèmes qui me viennent en rime. Je sais qu'ils ont copié de la musicalité ailleurs, ils reproduisent des échos qui n'appartiennent pas à ma voix.
Je fais des hypothèses absolument discutables, mais je crois avoir le droit de dire comme je fais et comme je désire faire mes miettes de poétesse de gouttière ou de remplisseuse de pages Word. 
Quand j'écris, partout ! Je n'ai jamais un schéma classique devant mes yeux qui me demande d'aller avant et en arrière pour être complété, avec dignité et précision. J'écris et après je change la position des mots ou modifie le texte avec des synonymes.

Les images, la longueur du vers sont déjà là au premier jet !

Enfin, si j'écris c'est parce que j'ai envie de communiquer comme toujours, bavardeuse comme je suis.
Ici, étant sur un site de poésie, je fais mon mieux, comme je sais faire pour communiquer avec des vers et en lisant ce que les autres proposent, comme ils savent et ...aiment faire. 

Galatéa belga.


Entre fiction et réalité, nous perdons souvent le sens de ce que pourrait être un vrai dialogue entre les hommes. Réseaux faussement dits " sociaux ", nous nous croyons à l'abri dans l'œil cyclopéen du Net. Si communiquer est une prise de risques, pouvoir nous parler plus facilement est une richesse. Comme le souligne Galatéa, à quoi cela servirait-il si nous n'utilisions pas les outils de communication modernes pour mieux nous enrichir, en apprenant à mieux connaître l'autre.
Sortant du brouillard des sites, quelque part en Belgique, ce visage que je ne connais pas, me semble pourtant familier. Cette avidité d'être soi-même, cette soif de partager, cette peur aussi de se brûler, autant d'obstacles à surmonter.
Fragilement posé sur une seule patte notre héron médite sur l'eau qui dort. Je frappe dans mes mains. Il s'envole droit vers le Nord. Sa silhouette s'atténue... disparaît.
Galatéa, vois-tu ces larges ailles bleue cendrées. A l'autre bout de l'étang, il se pose dans la grande héronnière. Veille sur lui amie, alors que de la main tu indiques l'autre rive, loin, là-bas au-delà de l'eau calme, ... tout au Sud, visible de toi seule, cette île de feu où ton cœur se consume.




Mercredi 8 février 2012   

Et ces rêves bizarres, fiction ou réalité ? Ainsi cette nuit, mon père, si réel que même réveillé, je le voyais encore.
Il marche dans la rue des Deux Amis. Sur ses lèvres l'esquisse d'un sourire mi-timide mi-espiègle, se réjouissant du bon tour qu'il me joue en réapparaissant si longtemps après sa mort. Sur sa tête dégarnie, son éternel béret, il marche s'aidant de sa canne, celle que j'ai encore dans le débarras et qui m'attend. Sa veste élimée ouverte sur la chemise, les bretelles qui soutiennent le pantalon, mais le portrait ne serait pas complet sans cette ceinture flanelle dont il s'entourait la taille et qui se débrouillait toujours pour déborder quelque part.
C'est le rituel du matin. Il se saisit de la large bande de tissu que ma mère a soigneusement réenroulée la veille au soir. De son coude gauche, il bloque le bout sous son aisselle et de sa main droite, en maintenant assez serré, il s'entoure les reins et le ventre d'un solide soutien. Ainsi il aura chaud et ses douleurs lombaires seront soulagées.
Bon, la rue des Deux Amis, juste en face du 6 bis de la rue Du Coin, Il s'éloigne. Un peu avant que je ne le perde de vue, il croise une jeune fille. Tous deux s'arrêtent et discutent ensemble un long moment. Chacun continue son chemin, la jeune fille dans ma direction.
Cette silhouette, cette façon de marcher sur de très hauts talons, cette élégance de haute couture et enfin ce visage que... Vanessa Paradis !

Que vient-elle faire dans ce rêve alors qu'elle n'était pas encore née quand mon père est décédé.






Textes protégés et déposés
sur le site iPagination