Le mot du jour

Qui suis-je?


LA VOIX DE L'ÉCHO

POUR LE PLAISIR DE TOUS: AUTEURS, LECTEURS, AUDITEURS...
Affichage des articles dont le libellé est - Thème : LIBERTÉ. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est - Thème : LIBERTÉ. Afficher tous les articles

mercredi 6 mai 2015

LOUYSE LARIE - ET SI D'AVENTURE




MISE EN VOIX NAÏADE




Photographie de Louyse Larie




Et si d'aventure !


Joyau de l'histoire 

De l'humanité, elle préside,

Comme si Neptune
L'eût dispensée des rides
De la mémoire !


Dans ce monde
Où la terre est ma force,
Je crois en revanche que dans un autre, l'onde
Se tresse de la moelle de l'écorce 
En retraite !


Les magnificences sur le lit de la prosodie
Lui sont consenties,
Et le vertige du paradis,
De ses lèvres arbustives, elle balbutie 
À loisir !


Elle n'a pour s'ennoblir
Que la nature et sa quintessence en liberté,
J'essaie de m'en tapir
Pour me protéger de l'hostilité
À l'affût !


Tandis qu'à son âme,
Toutes les veinures paradisiaques, elle revêt,
On entend maugréer contre l'infâme
Sylphe, quand l'autan réveille l'éclosion inachevée 
En sommeil !


Derrière les arcanes passés au crible
Qui jalonnent nos routes 
De tous les possibles,
Trésors planétaires, elle prodigue sous sa voûte
À cœur conquis !


Je voudrais les coller au fur
Et à mesure dans la veine de mes faiblesses,
Je voudrais en tricoter les murs
Du voyage stellaire, et sa noblesse
Avoir à dessein !


De toutes les passerelles
Où se crée le miel de ma pensée, 
Je me balance à la noctuelle 
Et au silence pour magie m'en bercer
À jamais 


Ainsi, contre tout courroux
Je me défais de ses briques
Rouillées grâce à la félicité ; celui dont le verrou
Me prive de l'alpage édénique 
En gestation !


Et si d'aventure,
Il nous prenait l'envie
Au demeurant, d'honorer la terre selon sa noble parure,
Plut à l'ondin de nous couvrir de la cape de son lavis 
À flot !




Louyse LARIE

Le 7/06/2014




Texte protégé et déposé



mardi 27 janvier 2015

ALIZA CLAUDE LAHAV - LE RETOUR










Le retour





C'est au mois d'août 2003 que je suis retournée sur les traces de mon enfance. J'ai marché dans cette cité, celle des trois bornes, Paris onzième, qui a changé et qui est restée la même. J'ai marché, tête baissée, cherchant vainement les pavés anciens où j'ai sauté à cloche-pied des centaines de fois, enfouis dans ma mémoire et sous le nouvel asphalte. Tout au fond de la cité, le dernier immeuble à gauche, le numéro 11, n'a pas changé; il est toujours là, intact. Ma maison, mon passé, mes racines chancelantes perdues dans le temps.

J'ai quitté cette cité il y a soixante ans. Le petit matin sombre de notre départ est encore ancré dans mon souvenir. Ce n'est pas un départ mais une fuite, la tête rentrée dans les épaules, les yeux baissés, je ne vois que des bottes de cuir et quelques paires de souliers noirs qui montent vers nous, ma mère et moi. Je tremble de peur sans savoir exactement pourquoi, je serre très fort la main de ma maman. Je suis une naufragée, une rescapée de la rafle de juillet 1942. Inscrits dans mon corps de petite fille, les tremblements sont toujours là, à fleur de peau, dans une mémoire qui est hors de la logique.

Depuis l'année 1942, je suis revenue en ces lieux trois ou quatre fois, mais c'est la première fois que je m'y retrouve entourée de mes fils, leurs femmes et enfants; ma descendance, mes nouvelles racines. Ils sont là, curieux et silencieux, intéressés par tout ce qu'ils voient, par tout ce qu'ils pressentent. 

La cité des trois bornes n'est pas un endroit de passage, elle n'a qu'une issue qui donne sur la rue du même nom; située entre l'avenue Parmentier et l'avenue de la République, c'est un cul-de-sac. Tout est calme, pas de circulation, très peu de passants en ce début d'après-midi, qui observent notre petite troupe avec curiosité.

Je m'adosse au mur en face du numéro 11, à l'endroit même où j'ai joué à la marelle tant de fois. Je lève la tête, montre du doigt, au quatrième étage, les deux dernières fenêtres sur la droite : la chambre à coucher de mes parents et l'atelier de mon père. Mes enfants sont près de moi, je vais d'un regard à l'autre, je détecte le trouble, les questions qui, sans doute, sont là depuis toujours, cachées au fond de leurs prunelles. Tout à coup cela devient très facile de parler, de leur conter une partie de leurs antécédents, puisqu'ils sont venus " après " et qu'ils ont appris, comme tous les enfants en Israël, la Shoah à l'école. 

Je leur chantais, lorsqu'ils étaient petits, et plus tard à leurs enfants, les comptines que me fredonnait ma mère. Je disais l'odeur du tabac, mêlée à celle de la savonnette, aussi présente que les bras de mon père autour de moi. Je plaisantais à propos des moqueries de mes sœurs aînées. Je décrivais les repas de famille, les fous rires, les câlins, les petits secrets chuchotés au-dessus de ma tête, puisque j'étais la plus jeune, leur petite Claudine, Didine. Je disais aussi les difficultés de la vie mais jamais ceux de la guerre.

Leur père, mon mari-ami, faisait de même, lui qui, dans un pays encore plus dément que le mien, avait traversé une guerre si pénible... nous pensions les préserver, ces enfants réparateurs. Et surtout, nous étions occupés à vivre, projetés dans le futur, animés par un désir de reconstruction, essayant d'occulter l'impensable.

Devant cette maison, où je n'ai plus jamais habité depuis l'âge de neuf ans, je trouve des mots simples pour dire les petites choses de la vie, qui sont parfois essentielles, mais aussi les départs, les séparations, les angoisses, les attentes, les pleurs, les faux noms, les caches. La clandestinité précoce. Et le désarroi d'une petite fille qui ne comprend pas pourquoi être juif est si mal et pourquoi il faut s'en cacher.

11 Cité des trois bornes. Devant cette maison, dans la cour de cet immeuble, je me sens à l'aise, presque heureuse, réconciliée avec ces murs, satisfaite de mon cheminement. Mes enfants, près de moi, sont ma vengeance contre le racisme de tout ordre et de toute forme. Ils sont ma réparation, un baume sur mes déchirures, blessures cicatrisées mais encore douloureuses les jours d'orage. 

J'écris ces dernières lignes… à la radio un speaker à la voix chevrotante, annonce les noms des dix-neuf morts de l'attentat qui a eu lieu hier à Haïfa.

Dix-neuf noms avec les âges, cela fait une longue liste… 

Ça ne finira donc jamais ? Nous sommes le 5 octobre 2003, il est 11h40, dehors il fait un temps splendide, le soleil brille, haut dans le ciel. Quel jour d'orage !

©Aliza Claude Lahav

Octobre 2003

Texte à retrouver sur le site d'Aliza




Un texte sincère, profond et très émouvant, qu'aujourd'hui 27 janvier 2015 - 70 ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, ma très chère amie Aliza offre généreusement à ma voix. Merci d'être mon amie.

Le dernier paragraphe sonne bien cruellement en ce début d'année meurtrier. 




jeudi 8 janvier 2015

JEUDI NOIR JEUDI ESPOIR - Au lendemain du 7 janvier 2015


BANDE AUDIO D'INTRODUCTION ICI


Il sont très nombreux les messages qui m'ont touchée en ce lendemain du 7 Janvier 2015

Mais particulièrement ceux-ci...

CLIQUER SUR LES LIENS EN BLEU OU VERT





Cette palette "Silence noir" de EmeckaMK qui exprime exactement ce que nous sommes très nombreux à avoir ressenti et ce moment d'horreur, figé à jamais dans nos mémoires

Veuillez cliquer sur l'image pour lire le poème associé


Silence noir- propriété EmeckaMK



Et cette citation de Mathieu Jaegert dès hier:

La plume, le crayon, la création, l'expression : larme absolue aujourd'hui, l'arme absolue demain



Enfin ces deux mots présidentiels

RASSEMBLONS-NOUS

qui quelques soient nos opinions politiques me donnent espoir, en ce jeudi si noir...




Voici pour terminer en donnant la parole aux dessins, le lien de 

L'hommage des dessinateurs à Charlie








































Douze bougies pensées...



Même si elles ne correspondent pas à l'humour si regretté, j'y exprime tout mon respect pour tous ces Hommes  garants de notre Liberté








Cinq bougies encore...



    

Profond Respect et recueillement...

Sincères condoléances à toutes les familles si injustement touchées et privées des leurs, de manière si cruelle et si abjecte. 

Pensées et soutien également aux personnes blessées et traumatisées.


Le nom de ces dix-sept victimes:

Stéphane Charbonnier alias Charb, Cabu, George Wolinski ,Tignous et Honoré. L'économiste Bernard Maris. Mais aussi un correcteur, Mustapha Ourrad, ainsi que deux autres collaborateurs : Elsa Cayat et Frédéric Boisseau. Invité de la rédaction de Charlie Hebdo, Michel Renaud a également été abattu. Ancien directeur de cabinet du maire de Clermont-Ferrand. Deux policiers ont également trouvé la mort à Charlie. Franck Brinsolaro du service de protection des personnalités, affecté à la protection de Charb, et Ahmed Merabet., rattaché au commissariat du 11e arrondissement. TUES MERCREDI

Clarissa Jean-Philippe, policière municipale de Montrouge, âgée de 26 ans, tuée alors qu'elle était en patrouille. TUEE JEUDI

Yoav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen, François-Michel Saada ont péri porte de Vincennes quand Coulibaly a pris d'assaut l'Hyper Casher.TUES VENDREDI.



Frédéric, Cabu, Charb, Ahmed, Elsa, Clarissa, Yohav, Philippe... Les 17 victimes des attentats

Cliquez sur l'image pour découvrir l'article de L'OBS et découvrir un peu de chacun...







*Un bel écho, cette coïncidence de prénom, à tous les messages d'Elsa Saint Hilaire partagés généreusement et sans relâche depuis hier sur cette tragédie qui "assassine" nos valeurs communes. (Merci à elle d'avoir accepté en signe de soutien de ne pas publier les carnets secrets ce jeudi.)





dimanche 21 décembre 2014

JAVA - JE L'APPELLE LIBERTÉ




MISE EN VOIX MATHIEU LAMANNA



Je sais que c'est un sujet que je commence à épuiser, les drapeaux, les idéaux, les trahisons et tutti quanti. J'ai une excuse, ma muse vient de se réinstaller, enfin réinstallée, je ne sais pas? Elle est encore assise sur le sofa et n'a pas enlevé sa veste,elle se sifflote pas non plus, ce qui n'est pas bon signe. Alors j'ai voulu lui montrer que sa présence changeait les choses, je suis allé au plus court afin qu'elle sente que les beaux jours peuvent revenir; Et puis la nuit dernière était "nuit des étoiles" je voulais lui faire un clin d'oeil à elle et à elles. Allez donc jusqu'au bout et soyez indulgent pour elle et pour moi. Mais pas de béni-oui-oui. Si ça ne vous plait pas, nous acceptons tous deux la critique...



Bûchers et Totems, incandescence des mots



Je l'appelle liberté


Nous aurions voulu interrompre la parabole
De leur conte miel aux paroles trompeuses
Qui éclairait d’une flamme parcimonieuse
Nos vies cernées de parois hypnotiques


Dans cette lumière factice
Nos doigts cherchaient la clé
Sans même avoir trouvé la porte
De leurs mots déguisés de certitudes.


Tel un papillon nocturne aux ailes de cendres
Nous nous en éloignions pour y revenir
Nos ailleurs étaient si obscurs
Et nous avions si froid


Nous regardions maintenant nos Utopies
Comme des légendes boueuses aux abords incertains
Et nous transformions nos traces en chimères erronées
Doutant même de nos ombres sous le plus chaud des soleils


Soupçonnant que celui qui marchait à nos côtés soit le prochain salaud
Nous devenions prudents des paroles que nous estimions pourtant si justes.
Après avoir été cette foule pensante et singulière marchant sur leurs totems
Nous nous heurtions maintenant aux murs que nous avions nous-mêmes érigés.


Ironie, leurs jugements pouvaient nous enfermer, nous édifions les mêmes prisons
Nos idoles préparaient des bûchers des mots que nous avions tous prononcés
Remplaçant nos incertitudes par des sentences impitoyables et meurtrières
Transformant les meilleurs d’entre nous en monastiques bourreaux


Nous avons fui, toi et moi, choisissant un chemin d’herbes rebelles
Et tu as fait du bleu du ciel un toit pour notre amour et nos chansons
Ton sourire prenait à témoin les lutins des histoires que j’inventais pour toi

Où tu étais ma douce amie, celle qui parle aux hommes de nos rêves d’étoiles.



Tous droits réservés



mercredi 18 juin 2014

FRED CHARLET - PONT A...











PONT A...







Ils avaient mis un cadenas sur la barrière,
Fermé. Sur le pont, sur la rivière,
La barrière est tombée,
Est ce si lourd d'aimer ?


L'amour en cage





Et l'amour emporté...
Au fond...
Et au fond...
Le cadenas à retrouvé sa clé.
Pour aimer, faut pas se fermer.




F.C







Tous droits réservés

Les pensées de Fred se cueillent toutes fraîches sur sa page Facebook




Un message à faire passer... 

dans ce PONT A...  ;-)





(reçu 5/5 !)