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mardi 21 octobre 2014

EMECKA



Emecka sensualité de Vie, en toute expression





MISE EN VOIX EMECKA




Le peintre parmi ses demoiselles à lui



Je m’appelle Emecka. Juste deux lettres : M et K.
M comme Michel car en vrai, je me prénomme Michel.
K comme…Non, ça je le garde pour moi ! Je ne dis pas tout…Un artiste, ça ne dit pas tout. Mais suis-je réellement un artiste ? Allez, je vous raconte.

À l’origine était un garçon curieux, introverti, qui savait mais n’osait pas. Curieux de tous les arts en général mais surtout de la musique et du dessin en particulier. Et de la poésie naturellement. Entendre déclamer des alexandrins était pour moi une musique exceptionnelle qui vraiment me faisait rêver. Mais de là à oser en écrire ou en déclamer moi-même…c’était une autre histoire !

Puis vint un jour le désir de mettre des couleurs à mes fusains. La révélation fut fulgurante. Et je parti en chasse des grands coloristes : les Nabis, les Fauvistes, les surréalistes…Ils m’ont conduit inexorablement vers Picasso que je n’ai plus quitté.

Me vint aussi l’envie de sortir mes propres mots, mes propres vers, ma propre prose de mon sac à dos, débordant et devenu trop lourd. J’ai osé oser.
Épris d’un curieux vertige et d’un fol dynamisme j’ai coopéré à l’organisation d’un concours littéraire, cogéré des expositions d’artistes régionaux et….je suis tombé dans une marmite passionnelle.

Comme égaré, j’eus recours aux philosophes, sociologues et autres penseurs pour peindre un nouveau chemin. Et j’ai peint, peint encore. J’y ai rencontré moult rêveurs, jongleurs de mots, créateurs de chimères, pourvoyeurs de beauté, faiseurs de bonheur. J’ai aimé leur monde. Et j’y suis resté.

J’avance donc au gré de ma muse, ma fidèle compagne. Sa présence à mes côtés est variable, inconstante mais toujours fiable. Mon seul projet est de chercher, chercher encore, chercher toujours.

Ah ! J’oubliais…Je suis infirmier de formation, humaniste de conviction, pédagogue inconditionnel. Mes qualités sont dans mes modestes œuvres ! À chacun de les débusquer. Mon défaut ? Un attachement compulsif à la liberté…



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dimanche 4 mai 2014

ANNA, EMECKA, TIPPI - EN PRÉLUDES ENTRECROISÉS

MISE EN VOIX ANNA LOGON, EMECKA, TIPPI



TRIPTYQUE


En préludes entrecroisés



ANNA

"Enluminures"







La la la... Entends-tu ...
L’appel au-dessus des toits brumeux ?
Ce chant- en maussade soliste
Essayant bonne figure ça et  colorée
Derrière son archet en las éteignoir.

Si si si... J’attrape ces notes-ci
Qui dans les rues s’y envolent,
Leur réponds en si douce ballade
Égayant les sinistres pavés,
Et ravivant ici les grises façades.


Donnez-vous la peine de
écoutez cette complainte en
Minuscules gouttes d’or et
Farandole patiente, apaisante des
Solistes aux archets fusionnés
 en duo ensoleillant la ville de
Si belles enluminures...


~~~



EMECKA

"Prélude"













Ils étaient trois dans une autre dimension ;
Trois atomes épris de particules essentielles,
Et de géométrie que nul n’avait encore professée.
Ils étaient étonnamment libres dans leur champ
De fleurs imaginaires et enchainées.

Le premier devait s’appeler…Désir
Et aimait à se laisser porter par un souffle d’avant
Errant ainsi de peaux affamées en frissons retenus.
Primal, il vagissait le beau en doucereux contre-ut
Consacrant secrètement une indicible douleur.

Sonne non loin de là, une corde tendue et tempérée ;
Elle s’aventure de pleines rondes en croches étiques
Arpégeant ainsi de brulantes caresses sur un dos majeur
Telle une primitive gamme projetant sa fugue
Sur l’écran d’une langoureuse nuit d’ébène.

Enfin, ivre de mélodies dans son costume noir
Le troisième s’en allait titubant vers l’impossible
Tenant contre son ventre un antique violoncelle nu
Mais encore chaud de leurs lascifs et vibrants ébats
Que l’aube nouvelle ne parvenait pas à refroidir.

C’est ainsi qu’un hasard pour le moins socratique
Signifiant le cosmos pythagoricien bien entendu,
Unit divinement ces composites et uniques particules
En un entrelacs irisé de notes folles et vierges
Formant, à leur façon, un merveilleux prélude.

~~~


TIPPI

" Le Poète aux pinceaux musiciens"






Tu ne me vois pas tu me regardes en plein cœur
Au centre d'une rue je te joue le bonheur

Lorsque tu passes, les soies de mon archet tressaillent
Mes partitions mes doigts mes émois en pagaille

Délices acidulés autour de moi les murs
Tu frôles ma muse mes notes s'écoulent en murmure

En mesure du temps de tes cils tu composes
Percussions de désir aux rythmes que tu oses

Une mélodie intense vibre du macadam
Tu fais rougir mon bois jusqu'à ses ouïes ma dame

Tu me trouves sexy de moi tu es gourmande
Mes pieds en frétillent sur les grises plates-bandes

Mon chapeau n'entrave pas ton imagination
Lumineux il flamboie sur ton invitation

Tu sais mes pupilles noisette et ma bouche sourire
J'invente des silences pour t'offrir mes soupirs

Pour toi je suis l'instant dans lequel tu me captes
Penser à autre chose l'un et l'autre sommes inaptes

Galerie de verre résonne des perles du soleil
Un frissonnement de bise sans nul autre pareil

Écho des sentiments émotions sensations
Quelque millième de seconde en pure adéquation

Acmé de l'unisson des passions délicieuses
Ombre et lumière fusionnent les cordes précieuses

Qui m'a posé ici m'a fait cadeau de choix
Pinceaux huiles ou pastels le Poète en est roi

La plus belle des saisons sous les pinceaux orange
Chantée en symphonie de l'instrument voix d'ange

Tu jalouses la jolie marie-louise qui m'embrasse
Susurres que tu m'aimes et cas fait de moi, grâce

ô combien dans ton regard mon talent je n'élude
Au-delà de mon do victoire bleu ciel Prélude

Á peine tes paupières closes ma chaise tourbillonne
Je m'esquisse en ton souvenir ondes papillonnent

Point de contre-ut, diapason des notes de couleurs
Tu ne me vois pas tu me regardes en plein cœur




Tous droits réservés

Textes et Images protégés par Copyright



Mise en voix de Anna sur son texte "Enluminures", accompagnée d'une ballade pour quatre violoncelles


Mise en voix de Emecka sur son texte "Prélude" accompagné d'une interprétation au piano par Anna de BACH - Prélude BWV846 


Mise en voix de Tippi sur son texte
 "Le Poète aux pinceaux musiciens"

JS Bach - 1e Suite pour Violoncelle Seul, Prélude



dimanche 30 mars 2014

ANNA LOGON - À LA RECHERCHE DE LA PORTE PERDUE - PIANO VOIX






Interprétation au piano et texte écrit par Anna Logon. 

 Mise en voix par Emecka 




Frédéric Chopin - Prélude Opus 28 No.4 – « Suffocation »
(Par Anna)






 À la recherche de la porte perdue



Un vent frileux traînait ses plaintes lugubres sous un ciel cendreux suffoquant ses ouates pleurnichardes. La futaie déjà se contractait. Le chemin s’étranglait là, bâillonné de ronces ténébreuses s’enflant sur les souches. Combien avaient fait bien avant demi-tour ?... Combien auraient renoncé ?... Pourtant l’intuition me força à poursuivre inexorablement, quitte à engloutir le reste de mon âme et mon peu de raison. Mon regard s’échouait misérablement sur les troncs se dressant face à moi tels mille titans dévorés d’un lierre millénaire. Les branches les plus basses dépliaient leurs doigts menaçants, repoussant toute ombre aventureuse. Les ramures empoignaient ma chemise, les épineuses broussailles cramponnaient mes pas. Mes mains tendues dans les noirceurs se déchiraient aveugles sur des spectres tourmentés. M’enfonçant plus profond dans ces sombres entrailles, le silence me taisait sa propre terreur, l’air s’enfuyait oppressé. Ignorant le pain et l’eau, je marchais depuis des jours peut-être... des mois assurément... Mon esprit s’embrumait dépouillé de tout repère. M’égarant dans ces limbes funestes, je tombais lourdement sur mes genoux découragés. J’allais ainsi pourrir dans l’opacité de la nuit. L’humidité des bois aurait fini par me figer les sangs s’il n’avait diffusé ce singulier parfum terreux de troncs charnus et de fistulines. Alors, mes poumons en lambeaux se gorgèrent de ces dernières bouffées, derniers sursauts frissonnants tel l’humus porteur d’immortalité redonnant courage.



Les yeux clos guidés par la seule voix d’un désir fébrile, je repris ma quête. Errance chancelante, pavée de meurtrissures autant que de chimères. Existait-il vraiment ce jardin tant rêvé ? Où la tiédeur de l’air joue entre les bras chatoyants d’une onde nourricière... Où la sérénité se moque de tous les temps... Où le plus infime grain ignore même l’ivraie... L’infini du chemin amenuisait mes espérances... Soudain, il m’apparut, ce jardin enchanteur. Pourtant à l’abandon, il s’annonçait féerique. La grille de l’entrée était délicatement ciselée. Je la croyais perdue, je n’osais plus respirer. Dieu qu’elle m’était belle dans ses dentelles de rouille. Doucement, je caressais à peine du bout des doigts les volutes subtiles, frôlais la sculpture d’impériales fleurs de lys enluminées de roses de Damas. Alors prudemment, j’osais glisser cette clé gardée si précieusement au fond de ma passion. Le fermoir se refusait... Je m’interdis alors d’insister. Criantes de fragilité, ses froides crapaudines supportaient à peine les années de tourments et de solitude, suppliant seulement le repos et la paix. Je m’assis devant le petit mur couvert de mousse, enserrais mes jambes repliées dans mes bras, la clé dissimulée au creux d’une main. Après s’être longuement abreuvé de cette sérénité inaccessible, mes paupières se cicatrisèrent pour l’éternité.



Ami voyageur... Si le hasard guide tes pas vers ce magnifique jardin... Peut-être verras-tu sur le devant un vieil arbre mort aux branches rabougries, affectueusement penché sur la grille ouvragée, protégeant ce morceau de paradis de ses orages aux vents futurs.




Anna – 28 Février 2014 ©