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dimanche 21 décembre 2014

JAVA - TU CROYAIS POUVOIR


BANDE AUDIO ICI

MISE EN VOIX AUBRÉE
Sur la musique : The Gael - extrait du Best of Celtic Music






http://www.le-comptoir-malin.com/medias/images/arc-en-ciel.jpg





Tu croyais pouvoir… 


Tu croyais que leurs doigts touchaient le ciel…
Tu voyais la connaissance comme un escalier et que tu le gravirais
Petit singe savant, tu as apprivoisé les mots, tu es entré dans le cercle.

Ils t’ont regardé.
Ou peut-être, t’es-tu regardé.
Eux voyaient déjà plus loin que le cercle,
Tu n’imaginais pas que leurs yeux fouillaient tes origines.

Confusion des paroles
Les tiennes volent sans les toucher.
Bon élève et naïf, tu voulais les maîtres curieux
Regarde les sourire et comme ils sont absents à tes efforts

Tu voulais faire des mots un chemin
Qui, sans autre guide, t’aurait mené ailleurs
Mais ils ne sont plus des passeurs, ils n’ont plus ce pouvoir.
Mais rien n’est vain, regarde, tu as fait de ton histoire un horizon

Les mots ne sont rien sans la couleur.
Même si ce noir dont tu les peignais les a habillés parfois
D’attributs moins gais que les teintes que tu volais aux arcs en ciel
Ils t’ont donné la vie quand tu ne les voyais qu’en simples lanternes

N’envie plus les maîtres penseurs
Ils tuent beaucoup plus qu’ils ne font vivre
Dans ton ignorance tu les voyais parler aux étoiles
Alors que, dans leur suffisance, ils ne tutoyaient qu’eux-mêmes.

Ne va que là où tes pas peuvent te porter
Tu peux voler, mais sache que ce ne sera qu’un rêve
Et si là où tes pas te mènent tu dois encore ouvrir des portes
Alors ces mots, si tu les aimes, t’aideront à fabriquer toi-même les clés.

Porte un regard de paix sur toi-même
Et par delà la connaissance qu’ils te donnent
N’oublie jamais mon ami, mon frère, que les mots

Seront toujours un lien de lumière entre les Hommes.




Tous droits réservés




Et un petit tour sur "The Gael" avant de sortir !






samedi 6 décembre 2014

LOUYSE LARIE - ON PASSERA DES LUNES



MISE EN VOIX EVELYNE DE GRACIA





On passera des lunes !
 
Croquis caricaturé d'un enfant ébauché au stylo bille en 10 mn.
Louyse Larie




Il était une fois un petit bonhomme à la frimousse parsemée d'étoiles rousses !
On le disait étrange et dans sa bulle !
Bien que de nature peu bavarde, il lui prit l'envie de vider son cœur du trop plein un jour de vent sucré !

" Quelle drôle d'idée fut celle de mon père de me nommer Barnabé !
À l'école, on m'appelle l'Épouvantail ou Poils de châtaigne, on me regarde comme si j'étais un phénomène !
- Il est vrai que je suis coiffé d'une épaisse tignasse hirsute, tandis que les enfants pour la plupart exposent de fines mèches sur le crâne, gommées au gel ultra fixant, selon la coupe très tendance !
- Mes joues colorées ressemblent davantage à des collines bien dodues.
- Une pâte d'oie balafre celle de gauche depuis ma naissance, et des poussières ombrées constellent mes pommettes joufflues !

- Je voudrais oublier les éventails qui me servent d'oreilles !
- On ne voit qu'eux !
À tel point qu'à force de laisser pousser une toison complice pour les camoufler, ma bouille rondouillarde frise le ridicule.
- On dirait un champ de corbeaux en bataille !

- Mon petit nez se retrousse comme s'il faisait des pieds de nez et voulait décrocher les toiles d'araignée au plafond !
- Il est bien trop hardi que ce que je ne saurais le rendre plus discret, pour moi qui ne trouve refuge que dans les trous de souris !

- Je zézaye et j'ai la langue qui fourche dès que je dis le moindre mot !

- Sans compter mes yeux de teinte claire écarquillés qui transforment mon regard quelque peu oblique, pour mieux cautionner les mystères en un hublot ouvert sur le monde, avec en prime des sourcils formant des arcs-en-ciel en biseau sur un front bombé tel un potiron rose.

- Par dessus le marché, quand je souris et que ma vivacité embrase mes prunelles, ma bouche grimaçante affiche une rangée de râteaux en zigzag, plutôt que des dents de lait polies comme celles des autres enfants.
- C'est sûr que la grimace flotte davantage sur mes lèvres que le sourire, mes camarades de classe se moquent de moi à loisir !

- Pour autant, il parait que je possède des armes secrètes qu'ils n'ont pas !
- Il se dit que dans le reflet de mes yeux jailli de la palette du ciel, on y perçoit  des  papillons de satin qui s'illuminent comme des vers luisants, que l'on chevauche à volonté pour dessiner le chemin du rêve !

- Je comprends mieux que je puisse repeindre de mes cils roux les nuages lorsque je contemple le soleil, mais aussi pourquoi je peux m'envelopper d'un rideau de neige sur un tapis de saisons sans avoir froid, car elles ne me trahissent jamais parce que je laisse dormir la nuit !

- Mes livres sont mes oreillers, mes oreilles gigantesques s'y blottissent, appréciant  le doux confort - j'en oublie même leur disgrâce !

- Fagoté bizarrement, je sais ! Je le suis !
-Oui, ma mère s'obstine à m'affubler d'un nœud papillon rayé et d'un pantalon de velours hiver commeété, sous prétexte que ça me rend élégant, alors que la plupart des écoliers portent des survêtements en vogue. Ce qui renforce le festival des moqueries au grand galop, à mon grand désespoir !

- Mais j'ai les guiboles très lestes et j'en use comme des ressorts !
- Je traverse un tunnel de ronces sans une égratignure et je protège mon corps de toutes blessures, pendant que les gamins de la ville ont la hantise de la bogue et de la nature imprévisible.

- C'est ainsi que j'utilise ma cervelle aussi bien que mes muscles pour me faire accepter, et  que j'anime mon semblant de sourire naissant d'un air amusé, car je suis l'as de numéros de haute voltige, tant il est vrai que l'on découvre ma grande  agilité !
À croire que j'ai hérité de pouvoirs que n'ont pas les autres !

- J'habite dans une grande caravane !
Les sorcières y séjournent secrètement et récoltent à la pelle mes larmes autant que mes joies, qu'elles recueillent soigneusement dans un coffret comme de précieuses pierres.

- Vous l'aurez compris, toutes les occasions me sont offertes pour monter à califourchon sur l'une d'entre elles, lorsqu'il leur arrive de deviner l'odeur humide de l'un de mes chagrins muet, car elles savent que mon cœur ne fabrique pas la cruauté, mais des bulles de tendresse et qu'il bat la mesure de l'amitié !

- Et mes yeux s'embuent comme tout le monde, tandis que les soirs de firmament, mes mains nouées àcelles de mes copains se réjouissent de la joie de la ronde enfantine !

- Pourtant, dans la cour de récréation, on me fuit et on ricane de mes oreilles d'éléphant, mais l'on recherche ma compagnie en contre partie sur les terrains de jeux ou lors de sorties en campagne grâceà mes prouesses sportives.

- Nos différences ne forment alors plus de barrières entre nous ; bien au contraire, elles les font tomber et tissent le lien, celui que les adultes déclarent vital sans se donner les moyens de le créer.

- Et ce, dans le meilleur des cas, le regard de mes copains sur moi change totalement !

- C'est dire que chacun possède ce que l'autre n'a pas, y compris ceux qui semblent les plus fragiles et les plus démunis."


On passera des lunes avant que le territoire de l'enfance ne devienne plus conciliant, et il s'y trompera encore sans revoir pour autant les codes du clan des bambins, mais le temps se chargera de changer le cours des choses !




Texte protégé et déposé

sur le site iPagination

avec cette dédicace de Louyse pour son ami 

Quelques mots  s'imposent pour vous expliquer l'objet de la composition de ce texte.
Jean-Marc (Administrateur) qui a quitté le site en début d'année, m'avait proposé d'écrire un texte sur le thème de la caricature, et de l'illustrer d'un croquis d'enfant (croquis que je fais  d'un seul jet au stylo bille), afin de le destiner aux enfants du site ÉducationIPAGINATION, dans lequel je suis animatrice. Notre sympathique "Singe malicieux" comme il se désignait sur le site étant parti avant que je ne puisse le publier, mon texte est resté au fond d'un tiroir. Après un échange avec Liliane Baron, Administratrice dudit site, il s'est avéré que le thème caricature n'était plus d'actualité.  J'ai donc décidé de le publier en ce lieu destiné aux GRANDS ENFANTS que nous sommes. En conséquence, j'ai fait le choix en cette rentrée 2014 de le sortir de mon tiroir avant qu'il ne devienne suranné, et comme le dit l'adage "Rendons à César ce qui est à César";   je le dédie très chaleureusement à Jean-Marc qui savait jouer de son âme d'enfant sur le site,  à qui il revient en toute amitié pour avoir stimulé ma motivation ainsi que pour le bon état d'esprit et la dynamique qu'il a su impulser au sein de l'équipe.
Louyse


samedi 30 août 2014

EMECKA - L'ESCALIER SANS FIN




CLIQUER SUR LA VIDÉO SONORE ICI







L'ESCALIER SANS FIN

Réflexion sur l'optimisme...



« Autant l’optimisme béat, c’est-à-dire inactif, est une sottise, autant l’optimisme, compagnon de l’effort, est légitime. »
Léon Daudet

Il y a déjà des heures et des heures que je monte cet escalier…Je pense qu’il est sans fin.

Pour tout dire, je n’ai désormais aucune illusion : il ne s’arrêtera plus.

Où peut conduire un escalier sans fin ? Existe-t-il des lieux interminables ? Autant de questions qui me viennent car je dois me préparer à cette absence de finitude. Cependant, je suis fatigué, pratiquement épuisé. Toutes ces marches, identiques, les unes après les autres dans une régularité jamais prise en défaut. Seuls les paliers, les virages tentent en vain de briser ce rythme indéfectible.

Au début, je prêtais naturellement attention aux paysages et je ne manquais pas d’admirer, à juste titre, leurs diversités. Maintenant, je ne les vois plus. Disons qu’ils me sont devenus indifférents. Que m’importent ces décors insignifiants puisqu’ils accompagnent passivement mon périple. D’ailleurs, existent-ils encore ? Se confondent peut-être dans mon regard, brumes blanchâtres, éthérées et hallucinants vertiges. Tout mon être n’est plus qu’une douleur intense qui prend conscience de son omniprésence. L’ensemble de mes muscles est totalement tétanisé et voué définitivement à fournir cet effort démesuré.

Il y a au moins six heures, j’ai bien pensé faire demi-tour. Mais alors pourquoi aurais-je fait tout cela pour rien ? Je n'aime pas renoncer. En fait, sur le moment, j’ai été obsédé par la peur de l’inutile ; ma fierté et mon orgueil m’ont empêché de ruiner mon désir primal. Je regrette néanmoins de m’être laissé abuser par de tels sentiments ! Je n’ai plus ce choix désormais et je ne peux que me diriger vers la seule direction possible. Le haut.

Sisyphe et son rocher s’immiscent progressivement dans mon esprit de plus en plus égaré. À quels dieux ai-je donc déplu, moi qui ne crois en aucun ? O, je pourrais m’arrêter là, m’asseoir sur cette marche anonyme et attendre. Attendre quoi, qui ? Rien ni personne ne soupçonne plus une once de mon existence ainsi perchée sur un zénith inconnu. L’espoir, n’est-il pas une fuite devant un réel insatisfaisant, inacceptable ? Je ne veux pas dépendre d’augures incertains, en aucun cas. Je préfère ma dure réalité à tout mirage, fut-il culminant. Alors, je poursuis mon ascension.

Je me surprends pourtant à rêver d’un destin à la Zarathoustra, si je puis dire. Reviendrais-je parmi les hommes partager ma sagesse ? Une telle épreuve ne peut que participer d’une déconstruction de ce que je suis pour mieux donner vie un être sage. Enfin, c’est ce que je me dis dans mon quasi coma existentiel de l’instant ! Je ne suis plus qu’une pensée simplifiée, épurée se résumant à gravir ce que je ne sens plus comme un escalier mais plutôt comme un construit gigantesque résultant d’un chaos originel. Mais je dois délirer, sans doute, manquant de ce que je crois être de l’oxygène et qui n’est peut être que de la lucidité. En raison de cette altitude insoupçonnable.

Finalement, il y a quelque chose de rassurant à ne déceler aucun horizon, paradoxalement. La vue d’un terme maintenant, me déstabiliserait et même, m’effraierait. Je marche, j’avance donc. Cette nouvelle perspective me tonifie perceptiblement et une forme de confiance revient. Je me mets à croire à une possible joie dans mon parcours. Comme une deuxième naissance. Cet escalier prend figure pour moi de la cuisse de Zeus d’où s’extrait lentement un Dionysos renaissant. Les forces ne me désertant plus, ma progression se fait plus régulière et même la douleur me parait moindre. Peut être est-ce la mort qui me gagne ? C’est la première fois que cette idée me vient et je la laisse passer, sagement.

Je gravis maintenant sereinement mon escalier sans fin, laissant derrière chacun de mes pas une trace d’expérience. Enfin, je suppose car je ne me retourne plus. Seul me grise le nouveau pas que j’entreprends. Et curieusement, je me sens libre…




© Mk. Aout 2013


Texte protégé à retrouver sur le blog d'Emecka
       


Ainsi qu'une sublime mise en page et en mots de ses photographies par Emecka lui-même ici





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Mon grain de Tippi ! Je m'amuse de temps en temps à publier suivant les jours ou les saints du calendrier. J'ai choisi pour cet article philosophique de Emecka, le jour où l'on fête les Fiacre.
Il en découle un p'tippi dicton du jour !



À pied, à cheval ou en voiture, 

générations ancestrales, présentes ou à venir, 

œuvrons ensemble pour un optimisme excessivement contagieux !






Artiste-Peintre espagnol  1853-1935



Et surtout si vous croisez un Fiacre, ne manquez pas de l'inviter sur cette page !