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samedi 22 novembre 2014

NAÏADE - OH ET PUIS ZUT !






OH ET PUIS ZUT !



La nostalgie c'est bien
Mais ça suffit !

Un amour est fini.
Et oui !
Comme tout en cette vie !

Les tristesses « sans fin »
Ne sont que tremplins,
Guides vers le bon chemin.

Je vis, je ris !
Je dis merci !

J’ai aimé
Été aimée
Plus souvent
Qu’à mon tour
Je l’avoue
Sincèrement

Quelques mois, des années
De manière passionnée
Où par la douce ardeur
D’un timide et noble cœur

Par la magie de la vie
Les blessures sont guéries
Les mauvais souvenirs ?
Transformés pour l’avenir
Ne demeure que le beau
Le bon, le doux, le chaud

Émouvants souvenirs
Qui au moment de partir
Me verront en paix
Irrémédiablement comblée

Je vous le dis :

Elle est bien belle la vie !





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NAÏADE - LASSITUDE









                                 lassitude





LASSITUDE


Alors oui j'ai tout pour être heureuse 
Alors oui ma vie fut bien remplie
Et quoi est-ce que cela me suffit ?
Je ne suis certes pas malheureuse

Mon cœur a t-il trop souvent bondit ?
Mon corps a t-il trop bien frissonné ?
Je croyais me contenter de paix
Ce soir je crie, cela ne suffit !

Je ne veux plus être - enfin - trop sage
Je veux encore subir des naufrages
Ressentir, découvrir et souffrir, 

Redevenir fidèle à moi-même
Au diable si pour vous je blasphème !
Mais alors, las, mieux vaut en finir !



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NAÏADE - LUI










Il dort, là, tout près de moi,
Il est l’unique, atypique,
Que ne fait il pour moi ?
Ses attentions constantes sont authentiques,
La vie auprès de lui,
Chaque jour me réjouit,
L’Amour est là,
L’alpha et l’omega,
Plus de mirages,
Uniquement le partage,
Vrai.
L'Amour...




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NAÏADE - PRÉSENTATION




Elle est un papillon sensuel, rieur et taquin, qui butine en déposant générosité ici, générosité là, de sa voix, de ses mots, de ses très belles vidéos.



MISE EN VOIX NAÏADE




Quelqu'un de bien !
Comme le chante Enzo Enzo




Me voici, ici, chez TippiAdorable, en ce havre de partage de jolis mots, de sentiments, entourée de bien belles plumes.

Vous dire que j'écris me semblerait bien présomptueux…

Je pose, deci delà quelques mots, ma modeste plume n'est pas prolifique, et je ne cherche jamais à la contraindre. Nous deux c'est uniquement une question de sentiments.

Une situation, une image, une mélodie…et tout va alors très vite !
Un ressenti puissant s'impose à moi et me dicte ses mots…(N'en est-il pas ainsi pour la majorité d'entre nous ?)

C'est surtout la nuit, en balade, où en ces instants dits "de contemplation" qu'ils se sont imposés avec la plus agréable élégance. Le chalenge alors est souvent de rapidement trouver de quoi noter. C'est fulgurant, intense et…profondément délicieux.

En fait, pour moi, c'est un peu comme une liaison interdite. Une passion à laquelle je ne peux prétendre mais qui s'offre néanmoins à moi, en de rares, inestimables, puissants et merveilleux instants. Alors, je m'y adonne, je m'y abandonne et…"à Dieu vat" !

Et lorsqu'un lecteur, un seul, m'écrit avoir ressenti la moindre parcelle d'émotion alors je suis comblée et ce partage réussi devient un pur bonheur.

Pour tout vous dire (ici on le peut), je crois que je suis plus un messager...Et porter par la voix ou via les réseaux, les mots des auteurs pour les faire connaître : là pourrait être ma véritable vocation. Oui...me vouer à cela...

Il n'y a donc pas de hasard si j'ai croisé Tippi...


Merci Tippi de m'avoir accueillie ici, qu'est-ce qu'on y est bien...

PS : Je pensais que notre Tippi accepterait de se contenter de cette seule chanson qui me semblait la mieux parlante pour ma présentation... Mais, pas de triche avec ma jolie, on prend la peine de se présenter soi-même!



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VIENDREZ-VOUS ?



Aujourd'hui me prend l'envie de vous emmener...
Me suivrez-vous sur cette île majestueuse ?
Aurez-vous, en ce jour, une âme aventureuse ?
Allez, fermez les yeux et laissez vous guider !

Sur l'Océan Indien, d'abord vous voguerez
Vagues étincelantes et parfois malicieuses
D'une clarté absolument délicieuse
Puis sur terre émerveillés, vous accosterez

Feu d'artifice de couleurs, lumière intense
Magie et volupté de sublimes fragrances
Vous êtes sous le charme, viendra la passion

L'humanité ici comblera votre coeur
Bien-être, paix et sérénité : pur bonheur
Bienvenue sur l'île intense de la Réunion




Tous droits réservés sur le texte de Naïade et les photographies de la vidéo qui appartiennent à Chantal VILLAGEON sur la page "Les plus belles images de l’Île de la Réunion" 







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jeudi 20 novembre 2014

ELSA/CATHERINE DUTIGNY - CARNETS SECRETS SUITE 31








Dogue baveux !




Suite 31


Armand tenait son papier sur deux colonnes, Pablo ses photos et Jules son héros. Ils remontèrent dans la voiture et reprirent la route vers Limoges, chacun revivant en silence les moments à la fois exaltants et morbides qu’ils venaient de vivre. Le journaliste avait décidé de déposer Jules et Arsène au terminus des cars avant de se rendre au siège du « Populaire » afin de taper son article et avait fini dans le feu de l’action par oublier la raison de la visite de son ami cantonnier. Aussi, lorsque Jules au moment des adieux se risqua à lui demander une dernière fois qui se cachait derrière le surnom Le Fox, il lâcha à contrecœur un sibyllin  « un gars de ton bled… », puis il recommanda à Jules de surveiller la parution du « Popu », tout particulièrement la rubrique des faits divers, tourna les talons, s’engouffra dans la Dauphine et démarra en trombe en direction de la Place Fontaine-des-Barres.

Le trajet de retour fut triste et morne. L’homme et l’animal s’endormirent de concert au bout d’une demi-heure et lorsque les murs ancestraux du village perché sur son promontoire de granite se profilèrent au sortir d’un ultime virage, le conducteur de l’autocar dut en répéter à plusieurs reprises et en forçant la voix le nom, pour délivrer Jules d’un rêve dont les tenants et aboutissants tournaient au cauchemar. En ce début de soirée, la clarté obscure d’un crépuscule hivernal encapuchonnait les masures serrées de part et d’autre des ruelles qui escaladaient en un labyrinthe complexe l’éperon rocheux. Dans la pénombre, Jules ouvrit les battants du panier à pique-nique et libéra Arsène dont les muscles commençaient à s’ankyloser. Le bonhomme chercha du regard les lumières du bar « Aux Demoiselles » et les repéra, brasillantes, derrière la ramure haute et dénudée d’un vieil ormier. La mémoire du goût légèrement acidulé du vin clairet vint titiller ses papilles. Il se souvint alors de n’avoir pas déjeuné et encore moins bu. Il ne pouvait échapper au terme d’une journée aussi riche en émotions à l’appel insidieux du breuvage et pourtant il hésita, soudain envahi par une terrible appréhension. La nouvelle de la mort de Jérôme était-elle déjà parvenue jusqu’ici ? Si oui, devait-il céder à la tentation de raconter ce dont il avait été le témoin et le rôle qu’avait joué Arsène dans les secours apportés à la Moune ? Si non, et s’il se taisait, les gens découvriraient dès le lendemain dans les pages du « Popu » peut-être son propre nom en gros caractères et sans aucun doute la photo d’Arsène. On lui reprocherait alors de n’avoir rien dit et les suppositions, les ragots iraient bon train.

Le maire devait avoir reçu un appel des gendarmes ainsi que le père Baillou. Il fallait se rendre à l’évidence : l’annonce de l’accident avait déjà circulé dans un village où la moindre nouvelle se répandait plus vite que la foudre ne frappait le clocher de l’église. Était-ce le moment adéquat pour pointer sa bedaine dans un lieu qui, dans la fumée des cigarettes et les vapeurs d’alcool, amplifiait vérités et mensonges bien mieux qu’un haut-parleur dans une fête foraine ? Serait-il capable de supporter les plaisanteries de mauvais goût que l’Augustin, avec sa légendaire délicatesse, ne manquerait pas de faire sur Jérôme et la Moune ? Il s’en ouvrit à Arsène dont l’avis en toutes choses lui était devenu indispensable et infiniment précieux. Le chat n’avait pour sa part aucune envie de pénétrer dans une auberge où derrière le comptoir un dogue aussi laid et haineux que son propriétaire gardait, la lippe baveuse, le tiroir-caisse. De plus, il se doutait que ses absences répétées devaient intriguer son bon maître et l’agacer un peu. Son plus cher désir était de regagner la demeure qui l’abritait depuis ses premiers feulements, d’avaler une copieuse gamelle et de faire un somme sur un douillet coussin. Quant à encourager Jules à boire, il ne pouvait s’y résoudre et le bonhomme avait-il soudain oublié que sa fille l’attendait chez Christine ?

Le conseil qu’il donna fut clair et sans appel : fuir la tentation, récupérer Charlotte, aller dormir et aviser le lendemain. Que du bon sens… Le cantonnier ne fut guère surpris par la réponse du chat, tout en regrettant amèrement de ne pouvoir sacrifier à un petit gorgeon en compagnie de ses habituels compagnons de beuverie. Pour être tout à fait juste, il lui était également pénible de ne pas devenir, ne serait-ce que l’espace d’un instant, le centre d’intérêt des discussions. Il imaginait sans peine la tête de l’Augustin s’allongeant d’étonnement et se figeant dans le respect au fur et à mesure de son récit. Ha ! il tenait sa revanche sur le bravache… Enfin terminé le temps où ce filou, cet escroc de basse-fosse le traitait de « coillon* ». Se priver d’un tel spectacle était inhumain ! Il se consola en se souvenant que dans le placard de sa cuisine il restait une bouteille de Menetou-Salon non entamée et en estimant que la publication de l’article d’Armand illustré par les photos de Pablo aurait un impact encore plus grand sur les esprits que ses propres mots souvent maladroits. Ils contournèrent par la droite le bar « Aux Demoiselles », rallongeant leur route d’un petit détour, gravirent en silence les ruelles et lorsqu’ils se quittèrent aux abords de la Place du Donjon, Jules ne put s’empêcher de lever les yeux pour scruter les toits. Arsène, par mimétisme, en fit de même, mais seules quelques innocentes feuilles mortes en une légère sarabande virevoltaient dans le ciel avant de se déposer sur les tuiles, glisser et venir s’accumuler au fond des gouttières.

Le lendemain matin, dès sept heures trente, une queue s’était formée sur le trottoir à hauteur de la papeterie-librairie du bourg alors que le rideau de fer n’était pas encore totalement relevé. Depuis la veille, le bouche-à-oreille avait fonctionné à merveille. L’édition du « Populaire » s’arracha si vite qu’à huit heures pile le stock de la marchande de journaux était épuisé. De petits groupes de villageois indifférents à la morsure d’un vent glacial se formèrent dans la rue pour commenter l’article ainsi que les photos. Si certains s’interrogeaient sur les conditions de l’accident, se désolaient plus ou moins sincèrement de la mort de Jérôme, plaignaient le maire et son épouse ou s’inquiétaient du sort de la Moune, la grande majorité n’émettait des commentaires que pour saluer l’exploit d’Arsène dont le portrait en noir et blanc agrémentait l’article sous celle bien plus sinistre de la carcasse difforme de la Corvair.

Vers neuf heures, le docteur Grimaud apprit la nouvelle dans son cabinet grâce aux confidences de la propriétaire d’une petite chienne qu’il avait opérée deux jours auparavant d’un kyste aux ovaires. Il tenta de rester de marbre en éludant les réponses aux questions pressantes de sa cliente. Il en fut tout autrement quand à l’heure du déjeuner il sonna à la porte de Jules. Il s’emporta face au cantonnier, le priant de lui expliquer séance tenante de quel droit il s’était rendu à Limoges en compagnie de « SON » chat et comment il avait eu le culot de déclarer au journaliste qu’Arsène lui appartenait ? Jules s’empêtra dans des explications oiseuses qui ne firent qu’augmenter le courroux du vétérinaire. Voyant qu’il n’arriverait pas à calmer son interlocuteur, Jules fit alors référence dans sa narration à une superbe rousse qui transmettait ses chaudes amitiés au praticien et qui se désolait de ne pas le voir plus souvent. L’allusion à la péripatéticienne, ponctuée de détails anatomiques croustillants, fit fondre la colère du docteur qui, sous des dehors débonnaires, était extrêmement sourcilleux et prudent quant à sa réputation dans le bourg. Rendu à de meilleurs sentiments, il accepta de laisser Arsène naviguer à sa guise d’un logement à un autre sous condition d’être tenu au courant si le chat devait sortir des limites du canton. Un verre de gnôle vint clore l’incident et ils se mirent d’accord pour une partie de cartes le samedi soir suivant. Au moment où il raccompagnait le vétérinaire à sa porte, Jules eut soudain l’idée de l’interroger sur le surnom confié par Armand.

- Le Fox, ça vous dit quelque chose ?

Le vétérinaire lui jeta au travers de ses lunettes de myope un regard interdit.

- À part, le fox-terrier, un bien brave animal qui, comme son nom l’indique, chasse le renard jusqu’au fond de son terrier… autrement, non, je ne vois pas… Ma réponse vous convient-elle ?

Jules se satisfit effectivement d’une réponse qui ne faisait pourtant guère avancer son enquête. Il avait hâte de retrouver Arsène pour affiner ses recherches, mais auparavant, il y aurait du travail de nettoyage sur la route conduisant au cimetière. Tant que lui-même serait vivant, les morts du bourg seraient enterrés proprement. Juste une question de conscience professionnelle.


* "Coillon": Couillon en patois berrichon.


©Catherine Dutigny/Elsa, novembre 2014
Texte à retrouver sur le site iPagination



à suivre...



ELSA/CATHERINE DUTIGNY - LIENS DES SUITE 31 À 40 - CARNETS SECRETS



ROMAN DE ELSA/CATHERINE DUTIGNY







CARNETS SECRETS







mardi 18 novembre 2014

MARCEL FAURE - MONSIEUR VOS PAPIERS




MISE EN VOIX MARCEL FAURE







Monsieur vos papiers


Monsieur  Vos papiers
Parce qu'il faut bien franchir le seuil de sa porte
Celui de sa ville
Ou d'un état.
Quels bagages
Des mots des mots des mots
Ils sont écrits là dans mon crâne
Plus lourds que les lingots de vos coffres
Plus légers que vos fugues avec bobonne
La mer la mer toujours la mer
Elle vous boira la mer
Et rotera vos corps dans un hôtel poisseux à dix mille balles la nuit
Air conditionné
Bonniches stylées
Fesses moulées dans leurs jupes noires
Le mini bar est vide
Comme votre vie dorure

Et dans ma tête un Ferré goguenard
Chantonne
Poètes vos papiers
Poètes vos papiers
Je suis déjà à quelques années lumières
Me jouant des frontières
C'est con une frontière
C'est uniquement dans la tête des gens
Je ferais ci j'irais là
Chérie n'oublie pas les maillots de bain
Parce que c'est elle qui fait les valises
C'est toujours elle ces tâches ingrates
Et puis se vêtir belle pour mieux se dénuder
Comme si l'amour avait besoin d'artifices
Pour s'exprimer
Pendant ce temps Monsieur transpire du tiroir-caisse
Il fait rentrer la monnaie
Il travaille lui
Il sue le pétrodollar
Pendant que toi
Potiche aux rêves étouffés par la soie …

Allons soyez raisonnable
Vos papiers Monsieur

Ah la raison
Voilà le grand mot lâché
Celui qui justifie votre uniforme
Et toutes vos censures
La déraison est une maladie contagieuse
Elle s'attrape par simple lecture
Méfiez-vous
Je n'ai qu'un poème à vous montrer
Je viens de Poémie
Je vais en Poémie
Pendant ce temps chez vous
Les murs se referment sur la glue des jours
J'aimerais vous parler du soleil
De la grandiose beauté du désert
Des plumes de l'oiseau lyre
De la nudité transparente de l'eau
De la fraîche vitalité du printemps
Et de la musique Monsieur
Oui de la musique
Celle d'une comptine ou celle d'un opéra
Il y en a pour toutes les oreilles
Oui, même les vôtres Monsieur
Même si vous préférez le tagadatsointsoin
Faut bien commencer quelque part

Je pars, je partirai
Ni vos menottes ni vos cellules n'y pourront rien
Nul ne peut me clouer à l'espace
Suivez-moi si vous le pouvez
Adolescent vous aimiez "Les fleurs du mal"
Aujourd'hui de faction et
De facto vous voudriez m'interdire de partir
Mais je ne suis plus là
Je ne suis qu'un mirage de chair
Et vous
Pauvre eunuque de l'esprit
Une illusion que je traverse sans coup férir
Adieu Monsieur

Déjà si loin
Loin de la haine
Cette sorte d'hiver glacé
Je suis dans dix mille ans
Comme chante Ferré qui
Croyez-moi

Est toujours bien vivant



Bloc note poème octobre 2014


Texte protégé et déposé





Léo Ferré - Poète...Vos papiers !