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jeudi 20 mars 2014

Louyse Larie - Compagnon du quotidien



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À vous tous !

Quelques pensées griffonnées ci-dessous à la va-vite en ce lieu, en hommage à mon petit compagnon sur quatre pattes, subitement disparu ou plus exactement volé il y a 14 jours, pour vous informer en ce qui concerne la raison de mon absence sur le site

Petit compagnon pour lequel j'ai entrepris au quotidien de multiples recherches sur le terrain et sur le net afin de le retrouver et par la même occasion pour œuvrer, conviction chevillée au corps en faveur de la lutte contre ce terrible fléau qu'est le trafic d'animaux de compagnie; ledit trafic s'étant considérablement développé en France depuis quelques temps.

Certains individus disent au sujet de la disparition des animaux "ça n'est qu'un chien ou ça n'est qu'un chat", ce que je déplore personnellement.

Et bien moi, je m'appuie sur la profonde pensée de St Exupéry dans le Petit Prince que je partage en tout état de cause pour exprimer la mienne :


"Tu deviens responsable de ce que tu as apprivoisé "!




Merci à vous pour vos commentaires, pour vos partages et pour votre soutien ici comme ailleurs.

Mais encore GRAND MERCI pour nos petits compagnons que nous devons aimer et protéger par tous les moyens.

À bientôt, amitiés ipaginatives !



Louyse








Compagnon du quotidien !





C'était un matin de printemps,

Tes yeux de velours s'offraient

À mon objectif sans condition,

Voilà ce qu'en fut le cliché du jour !




Tes prunelles me contaient

Un langage d'évasion

Et de messages de paix

Que l'univers endolori

Veut bien nous concéder

À ses moments de clémence !




Par une journée de mars,

Tu as curieusement disparu

De mon horizon,

Toi qui par ta fidélité

Ne peux concevoir

Te trouver à cent pieds de moi !




D'une agilité époustouflante 

À l'allure de l'élégance canine

Hors pair, tu es toujours prêt

À me donner satisfaction

Malgré l'impétueuse énergie

Qui t'habite, pour poser

Ton si doux regard sur moi,

À ma demande pressante !




Devais-je vouloir retenir

La saveur de ce temps

De complicité délicieuse

Entre l'animal et son maître,

Devinant en mon for intérieur

Qu'il allait m'être dérobé 

Dans un prochain avenir !




Toi qui te déplaces

À la vitesse de la lumière

Et rien ne pouvant mettre frein

À ta soif de liberté,

Compagnon du quotidien

Et pas le moindre, aussi bien

Que de mes vivifiantes marches,

Tu traces de ton légendaire flair

Chacun de mes sentiers entrepris !




Je sais

Qu'aucun obstacle

Ne devrait te retenir définitivement

Là où tu te trouves,

Emprisonné par la haine

Pour regagner ta seule demeure,

Dont les murs colorés

De ta présence se vident

Par cette douloureuse absence

Injustement inexplicable !




Je franchirai toutes les barrières

Pour te libérer

Là où la malveillance te retient

Contre ton gré !




J'irai ouvrir tous les cadenas

De la cruauté et de l'inconcevable,

Puissent-ils se défaire 

De la rouille de l'indifférence,

Car je sais que désormais

Tu poses ton regard

Dans l'espérance de cette attente

Et pour t'avoir recueilli

Une première fois

Au cœur d'un abandon apprivoisé,

Ô combien m'as-tu rendu gratitude !




C'est pourquoi délivrance du nuisible,

Je veux t'apporter à nouveau

Du fruit de mes laborieuses recherches,

Dussé-je y déchiffrer l'empreinte

De tes coussinets

Sur tous les chemins du possible !





Texte protégé et déposé
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Elsa/Catherine Dutigny - Carnets secrets - Prologue

















Carnets secrets




Prologue



La tentation est grande, au moment où je trempe ma plume dans l’encrier, d’écrire sur la page blanche, cette phrase tant de fois lue et tant de fois prononcée : il était une fois…

Libre à vous de penser que l’usage d’une plume Sergent Major et d’un vieil encrier m’autorise l’emprunt de cette phrase à Charles Perrault et que des fées vont bientôt au fil de ces pages agiter leur baguette magique sous le nez de dragons crachant de la lave.

Il vous est également autorisé d’imaginer - un lecteur a presque tous les droits - que j’inscris ces mots sur un antique grimoire, aux pages jaunies et à la tenace odeur de moisi. Mais il serait pourtant dommage qu’emportés par cette même imagination, vous attendiez des lignes qui vont suivre un catalogue de recettes magiques, de pratiques sulfureuses. Non, je ne vais pas vous livrer la quintessence d’un savoir ésotérique que j’aurais, toujours selon votre fantaisie, accumulé tout au long d’une vie bien remplie d’alambics et de cornues fumantes. Désolé de vous décevoir, je n’ai nul talent divinatoire, pas le moindre globule rouge de Nostradamus ne coule dans mes veines et si j’habite une contrée peuplée de fades, de pierres-sottes et de meneux de nuées, je vous assure avoir les pieds bien calés sur le plancher des vaches, la tête qui raisonne à l’endroit et non à l’envers.

Tout ce que je m’apprête à vous conter, je le tiens d’un cantonnier, pardon… d’un « Agent de travaux des Ponts et Chaussées » aujourd’hui disparu, qui venait, il y a fort longtemps, reposer ses os usés par de laborieux travaux départementaux, dans un fauteuil Voltaire auprès d’un feu de cheminée dans ma demeure et réchauffer ses entrailles assoiffées du vin épicé que j’avais coutume de lui préparer.

Point de grimoire, non plus ; c’est sur un cahier d’écolier à petits carreaux que je vide ma mémoire, ou plutôt la sienne, pour la simple et bonne raison que je dispose d’un stock de cinq cents cahiers vierges, modestes reliques d’une vie consacrée à tenter d’alphabétiser. Oui, ne vous en déplaise, j’aime entendre l’acier crisser sur la surface du papier, et je n’ai jamais pu m’habituer à la raideur d’un Bic et encore moins à la froideur d’un feutre, soit-il à gel, en nylon, à la pointe extra-fine, fine, moyenne ou large... Ces instruments glissent, alors qu’il faut qu’une plume bataille, livre une lutte sans merci pour trouver les mots justes, traduire les sentiments avec finesse, décrire les situations simples comme les plus compliquées. Il faut qu’elle interpelle son maître, lui brise le poignet pour tester sa résolution à aller au bout de son récit. Mon cantonnier n’aurait guère apprécié que je me serve d’un ordinateur. D’ailleurs, il est décédé bien avant que je n’en fasse l’acquisition. Ce qu’il m’a confié est trop étrange, pour que je prenne le risque qu’un hacker vienne violer mon disque dur, lire ce texte à mon insu et le diffuser sur internet. Pourquoi pas le signer de son nom, par-dessus le marché ? Remarquez, je ne vois guère ce qui pourrait dans cette histoire l’intéresser. Il ne trouvera ici, rien de ce qui le fait saliver sur la toile. Et s’il aime l’univers des mangas, les films d’Hayao Miyazaki, que je ne dédaigne pas, loin de moi cette pensée, il risque d’être rapidement déçu par l’univers que je tente de ressusciter.

Tiens, je n’avais pas envisagé cette possibilité ! Si je commence mon récit par « il était une fois », et que je sois un jour dans l’obligation de le transformer en tapuscrit, tout pirate informatique laissera vite tomber son chapardage. Trop ringard ? Tant mieux ! Et puis, j’aime bien cette formule qui traduit exactement le doute dans lequel je suis immanquablement plongé lorsque je feuillette mes notes prises lors des interminables monologues de mon vieil ami et confident. Toutes ces confidences… les a-t-il réellement vécues ou les a-t-il rêvées ? Par prudence, étant donné le contenu délicat de certaines des révélations qui émailleront ce texte, et mon incapacité à en assurer la véracité, je suis contraint de changer les noms des lieux et des protagonistes. Certains d’entre eux ont engendré une descendance procédurière ; je suis bien placé pour le savoir, la plupart d’entre eux ayant râpé leur fonds de culottes sur les bancs de mon école !

Employons donc cette formule toute faite, qui laisse la place au doute, au merveilleux et au cruel…



Il était une fois, un petit village du Berry niché sur un éperon de granit, au cœur de la contrée du Boischaut qui surplombe une vallée profonde où le bocage dense et sinueux épouse les courbes naturelles d’une rivière. À le voir ainsi perché, vigie de pierre sur la mer verte des haies, des buissons sarmenteux, des roches moussues, surveillant nonchalamment les troupeaux de chèvres rousses paissant au pied des cormiers séculaires, guettant le vol des canards sauvages, serpentin aérien qui projette son ombre sur les chemins creux, on a le sentiment que la vie à cet endroit s’est figée à jamais. On pense à ceux qui s’y établirent en des temps immémoriaux et chaque tertre de terre, possible cachette d’une précieuse sépulture, avive nos sens tandis que les vers d’Hésiode affleurent à notre bouche :"Ils vivaient comme des dieux, le coeur libre de tout souci… Lorsqu'ils mouraient on eût dit qu'ils tombaient endormis." Tandis que ses toits se pressent les uns contre les autres en une mosaïque carmin et ocre brune, ses terrasses cascadent, lourdement chargées de plantes médicinales et lorsque l’on tend l’oreille avec juste ce qu’il faut de finesse, il est possible d’entendre le murmure discret du ruisseau que nous nommons traîne et les plaintes des martes, ces esprits mâles et femelles qui poursuivent de leurs imprécations flutées les laboureurs des champs de la plaine. Si les lourds murs de granit de nos demeures s’appuient et se confondent aux remparts de l’ancienne cité médiévale, c’est pour concentrer leurs forces et dresser un mur inviolable à la Grand’bête ou chien blanc dont le seul souffle décime les hommes et les troupeaux. C’est là que tout commença une tiède soirée de novembre quand le coq noir du père Baillou se fit couper la tête.


©Catherine Dutigny/Elsa mars 2014
à retrouver sur le site iPagination




à suivre...



mardi 18 mars 2014

Marcel Faure - 0011 à 0015 de "La danse des jours et des mots"




Cliquer sur la vidéo








Lundi 3 octobre 2011

Je ne suis plus jaloux. Je dialogue avec votre bouquet. Tout ce que je n'ai pas su vous dire, ce sont vos fleurs qui en auront la primeur. Cette danse des couleurs qui me transporte ... à mon tour de vous remercier pour la lumière, pour la fraîcheur, pour l'abeille qui nous visite et pour cette soirée qui vibre encore en mon cœur.


Mardi 4 octobre 2011

Dans cette dérive insidieuse, où je perds peu à peu contact avec la réalité, un soleil, pétales en éventails, me décroche une œillade. Le paysage bascule. J'enfile mes chaussures. Je suis dehors à m'assouplir, dans une chaleur accablante qui ne m'accable pas. Quel bonheur de faire le lézard en octobre !
Le climat change. Nous en tirerions même quelques profits en cet automne absurde où il ne pleut pas. Tout à mon plaisir, je participe à l'indifférence générale. Foutue mauvaise conscience qui me paralyse quoi que je fasse. Je bats le pavé plus fort pour me martyriser. Bientôt je transpire.
Rapidement à la périphérie, soudain vidé de toute énergie, mais léger, apaisé, je m'arrête à l'ombre d'un platane. Immobile, j'écoute de tout mon corps.
Je suis toujours assis dans ce fauteuil un peu dur à savourer ce brin d'évasion qui monte par la fenêtre ouverte. Où est donc cette unité de lieu chère aux auteurs classiques ! Comme si l'esprit pouvait rester emprisonné.



Mercredi 5 octobre 2011

Prise de sang ce matin; agitée, inquiète, Lloydia attend le résultat des d'analyses. Cette maladie de Horton n'en finit pas de la boursoufler au rythme des rechutes. La cortisone joue au yoyo avec sa peau.
Je ne peux pas me détacher de cette angoisse qui la tourmente. Je manque de perspectives. J'ai beau fouiller dans mon vieux sac à dos où j'avais rangé quelques bouts de chemins, rien.
Je compulse de vieilles notes. Cette phrase :
Lorsque la vie place la barre un peu haute, seuls les rêveurs peuvent la franchir.
Aujourd'hui, je n'arrive pas à rêver.



Jeudi 6 octobre 2011 

Le ciel bouge. Je l'ai vu ce matin dans le vol d'un oiseau. Il hésitait comme si sa boussole interne était déréglée. Affleurant de ses ailes la surface incertaine, il chantait faux. Peu à peu, son chant s'est affirmé. Il a repris sa route vers le sud poursuivant l'indicible. Le ciel ne peut-être hostile à celui qui aime.
La rançon de l'amour, c'est cette inquiétude qui ronge. Suis-je à la hauteur... Vertige ... Tout ce bleu qui m'aspire ... J'agonise ...Je ressuscite ... Il pleut. Le ciel s'étire et s'essore. Gratitude de l'herbe. Je pousse une main jusqu'à ta hanche. Tu souris.
Mon second fils vient déjeuner à la maison entre deux rendez-vous. Il s'invite presque toujours en ne prévenant qu'au dernier moment. Une assiette de plus, un steak haché sorti du congélateur, une poignée de spaghettis, pas de quoi en faire toute une histoire. Mais quelle fête.
Mon fils aîné habite à plus de cent kilomètres avec son amie. Ils se font plus rares à notre table. Alors toute la cuisine grésille, rissole, mijote et se réjouit de leurs présences. Toute une salade ce jour-là, avec plein de crudités et de douceurs et de grands paniers de sourires.




Vendredi 7 octobre 2011 

Sur un petit lutrin de table, un livre déposé. Dans la langueur du réveil, je l'observe sans l'ouvrir ... heureux qu'il soit là avec ses verbes, ses sujets, ses compléments. Dès que je le touche des yeux, il ronronne comme un gros matou charmeur. Il voudrait me séduire ce beau phraseur. Je caresse sa couverture, je hume le papier.
Impatient, il me griffe d'un titre " Hauteurs de Macchu-Picchu " Encore ? Dis-je en ouvrant au hasard. " Je regarde ... la trace de l'eau dans le creux sonore ... Des semaines, des mois d'air, mille années d'air, de vent bleu, ..." Un lointain feulement descendu du Tibet attire mon attention, " cet hymne mouvant, ce don farouche, ... chemine au plus haut des cieux astrés. ... "
Néruda et Segalen entament un étonnant dialogue ... et moi, " suant mon encre " je suis malade de cette fièvre des hauts plateaux. Je mâche la coca en buvant du thé rance.



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dimanche 16 mars 2014

Aliza Claude Lahav - Le marché









Au marché - Demonaz




Le marché de Aliza Claude Lahav


Sur le boulevard, en bas de chez moi, le marché vient s’installer trois fois par semaine, le dimanche, mardi et vendredi . La veille, dans l’après-midi, on plante des poteaux, on installe les étals, on déplie les bâches qui protègent de la pluie ou du soleil. Le lendemain, très tôt, les marchands arrivent avec camions ou camionnettes, déballent leurs marchandises, primeurs, viandes, fromages, ustensiles, ou autres objets des plus insolites. On s’interpelle d’un stand à l’autre, on prend des nouvelles, on s’intéresse, du coin de l’oeil on jauge la marchandise des voisins. Et bien sûr on va prendre un café bien tassé, ou un petit rouge, mais pour certains c’est un petit blanc, au café du coin. On trinque avant de commencer la journée, avant que badauds et clients n’arrivent ; il faut bien s’éclaircir la gorge avant la criée, ce n’est pas avec une voix éraillée que l’on vend ses fruits et légumes. Les fromagers, eux, sont moins bruyants, du moins j’en ai l’impression, c’est plutôt par le parfum de la marchandise qu’ils attirent le client. Quant aux fleuristes et pépiniéristes, il leur suffit de déposer sur leurs étals leur richesse de couleurs, de formes et de parfums et les badauds s’arrêtent pour humer un peu de rêve d’espaces verts et de nature.

Sur ce marché il n’y a pas que des victuailles, on y trouve également un grand choix de marchandises, des plus banales aux plus étonnantes. Vêtements, parapluies, sacs à main, vaisselles neuves et usagées, bijoux, babioles de toutes sortes, jouets anciens et modernes, et sans doute bien d’autres que j’oublie… il y a même un joueur de boite à musique avec un chapeau haut de forme et sur son épaule un petit singe à l’air blasé attaché à une chaîne. Mais le plus insolite des stands, celui qui attire les curieux sans pour cela en faire des acheteurs, celui qui intrigue et qui fait sourire les plus dubitatifs, celui qui est le plus silencieux et le plus discret du marché, c’est celui du marchand de mots. Le monsieur qui le tient est vêtu d’un élégant, bien qu’élimé jusqu’à la trame, costume gris foncé enjolivé d’une cravate noire à gros pois jaunes. Il se tient un peu à l’écart, prêt à servir ou à répondre à la demande des passants, un vague sourire sur des lèvres un peu pales, un visage émacié qui laisse deviner que cet homme ne mange pas tous les jours à sa faim. Il est présent, tendu, prêt à remettre de l’ordre dans la marchandise souvent malmenée par les clients.

Sur l’étal les mots sont rangés dans un ordre parfait ; classés par catégories, chaque mot inscrit sur son petit carton, comme une carte de visite, et placés dans des dizaines de boites et coffrets de toutes formes et grandeurs et de couleurs variées. Sur chaque boite un titre qui permet de faciliter les recherches ; il y a la boite aux mots de tous les jours, celle aux mots rares et insolites, celle aux mots d’argot et une autre aux mots anciens, une aux mots tendres, une autre aux mots de colère. Les inclassables se trouvent dans une boite à chapeaux d’antan, ceux de vengeance sont sous cloche, comme des fromages à l’odeur incommodante. Quant aux mots d’amour ils sont rangés soigneusement dans un ancien coffret à bijoux muni de petites cases et tiroirs tapissés de velours rouge foncé.

Je ne vais jamais au marché sans passer par là. Je fouille, je regarde jusqu’au fond des boites, j’y trouve des merveilles. Certains mots me font sourire, d’autres éveillent des souvenirs, et puis il y a ceux qui me font rêver, ceux qui m’émeuvent un peu, beaucoup. Mes préférés sont les mots rares, ceux que l’on entend peu, que l’on écrit jamais et que l’on lit rarement. Et puis j’observe. J’observe les passants qui, curieux, s’arrêtent un moment et continuent leur chemin. Les habitués qui ont des demandes, des besoins précis, qui recherchent certains mots parce que leur mémoire leur fait défaut. Il y a aussi les amoureux des mots, ceux-là ne s’attardent pas à la signification, mais plutôt à ce que tel ou tel mot évoque en eux ; ils en apprécient l’harmonie plus que le sens. J’ai vu, je vous l’affirme, des personnes s’extasier sur de si jolis mots comme « Abeillage » ( c’est un droit seigneurial), « Érubescent » ( quelqu’un qui devient rouge), ou encore « Majolique ou Maïolique » ( si doux à l’oreille, mais qui n’est qu’une faïence ancienne italienne ou espagnole), « Panséléne » (c’est la pleine lune). Zec est un zest et Trudaine une tromperie, « Erotidies » est un nom féminin qui se met toujours au pluriel, laissez donc votre imagination vous mener vers sa signification.

Si par hasard vous passez par là en fin de matinée, heure à laquelle le marché est bondé, vous verrez beaucoup de monde autour du marchand de mots ; les gens, certains avec un regard un tant soit peu moqueur d’autres tout à fait sérieusement, regardent, fouillent dans les boites et cartons, s’inspirent ou interrogent, et laissent derrière eux une grande pagaille. On peut alors admirer toute cette ribambelle de mots dispersés sur l’étal, toutes catégories confondues, les mots d’amour ou d’amitié avec ceux de vengeance ou de guerre, les insultes avec les mots doux, les anciens avec les nouveaux… on a l’impression qu’ils vont se donner la main pour faire une grande ronde autour du marché. Lorsqu’un client désire acquérir un mot, quel qu’il soit, et qu’il demande au marchand : « c’est combien ? » celui-ci explique qu’il ne s’agit pas d’argent, mais d’un échange, si vous prenez un mot vous en déposez un qui fait partie de votre vocabulaire et le tour est joué. À cet effet le marchand indique un coffret à moitié plein, c’est là que l’on dépose sa quote-part ; à côté il y a des petites cartes vides il vous suffit d’y inscrire le mot dont vous aimeriez vous séparer. Il me semble que vous avez fait une bonne affaire n’est-ce pas ?

Le marchand, quant à lui, ce n’est pas étonnant qu’il ait l’air si décharné ; l’amour des mots ne nourrit pas son homme. Mais en apprenant son nom de famille on comprend bien qu’il avait un avenir prédestiné. Sur une plaque en cuivre placée au milieu de l’étal on peut lire :

« Marchand de mots de père en fils – Monsieur Vocabulis »

©Aliza Claude Lahav

Mai 2011



Documentation:
 "Petit dictionnaire des mots rares et anciens de la langue française"Que vous pouvez trouver ICI

samedi 15 mars 2014

Liliane Collignon - Chronique: Genres et styles dans la peinture classique




Chronique 

à découvrir en cliquant ci-dessous

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Principes de base, classification simplifiée des thèmes et des styles dans l'histoire de la peinture figurative : quelques exemples emblématiques


La peinture classique est classée par genre, celui-ci définit ainsi son sujet. Le plus noble des genres est la peinture religieuse et d’histoire, « le grand genre ». Le Couronnementde l’empereur Napoléon et de l’impératrice(1805-07), par David, (tableau gigantesque 621 x 979) en est la plus belle illustration.
Sont représentées deux cent figures de grandeur nature ; « on marche dans le tableau» se félicitait Napoléon 1er. A chaque époque son style, qu’une classification toujours arbitraire tend à caricaturer, il reste un outil pédagogique nécessaire pour la clarté d’un exposé.

De la peinture d’histoire à la nature morte

L’extension et le détournement de la peintured’histoire fait passer du récit à l’allégorie, souvent mêlée à des narrations historiques ; les plafonds de Versailles abondent de cette personnalisation de villes, de régions, de batailles…Dans un grand élan lyrique l’Allégorie de la Richesse (Vouet 1634) sujet à portée héroïque est un hymne à la vie peint pour Louis XIII à Saint Germain en Laye. La Liberté guidant le peuple (Delacroix 1830) commémore les trois glorieuses, sujet plus moderne, l'allégorie se fait plus discrète.

Le portrait d’apparat au caractère officiel destiné à l’exposition publique, a un rôle social et porte les insignes d’un rang, d’une fonction, le parangon du genre : le portrait de Louis XIV (H. Rigaud 1701) Le portrait et l’autoportrait si bien pratiqués par les peintres hollandais et ceux de la Renaissance posent l’homme au centre de la création, personnages illustres ou inconnus, dont l’identité interroge ; LaJoconde en est l’archétype le plus fameux.

Suivent dans la hiérarchie des genres le paysage, la scène de genre, sœur cadette de la peinture d’histoire, qui présente la vie simple, celle décrite par Greuze, la bambochade ou l’éloge de l’intime incarné par Vermeer. La nature morte complète la liste dans cet ordre de gradation. Les Vanités appartiennent à cette dernière catégorie mais portent en elles un message philosophique qui est une méditation sur la mort et qui leur permettent de rester des valeurs nobles.

Quelques clefs selon le style

Les artistes, que l’on nomme Primitifs au 14ème, sont au service d’un dogme, d’un symbolisme religieux et reçoivent les commandes de l’Eglise. L’espace de l’oeuvre se limite à deux dimensions, la perspective est absente. Les personnages sont souvent trop grands, hiérarchisés en fonction de leur statut religieux ou social, sans souci de réalisme sur un fond doré datant de la tradition byzantine et du Moyen Age. Le goût de l’organisation formelle privilégie la symétrie ; la prédilection pour le haut, lieu noble et beau dans la morale chrétienne, est celle des élus. Le tout s’agrémente d’une surcharge décorative que l’Artgothique international maintient dans un style brillant et superficiel.

A laRenaissance la redéfinition d’un nouvel humanisme permet aux artistes d’acquérir une autonomie esthétique et une imitation de la réalité plus grandes. L’espace est rationalisé par des techniques de perspective linéaire et atmosphérique. La rigueur à l’antique et la sobriété des couleurs caractérisent ses débuts. Elle consacre de grands génies dont la liste serait trop longue, en Flandre, VanEyck principalement et en Italie, Botticelli, L. de Vinci, Raphaël, M. Ange pour les plus grands. Elle atteint son apogée avec l’influence culturelle de Rome au milieu du 16ème.

Le Maniérisme au 16ème qu’illustre parfaitement L’enlèvementdu corps de saint Marc (Tintoret 1562) déconcerte par la création d’un univers irréaliste presque visionnaire, par le décentrement de la composition où la ligne serpentine domine; les corps des personnages subissent des déformations anatomiques. Puis les violents coups de projecteur duCaravagisme accompagnent une nouvelle révolution dite "ténébriste", qui exalte et oppose la couleur et la lumière aux clairs obscurs et aux ombres colorées. Caravage introduit dans la peinture religieuse plus de vérité dans la représentation des personnages idéalisés par la Renaissance.

Le pictural et la surcharge s’imposent dans l’artbaroque, opposé au classicisme, les définitions que proposent les historiens vont du plus simple au plus compliqué faisant intervenir des critères telle que la profondeur, la composition, son unité et sa lisibilité. La période Rococo transmet, elle, un message épicurien, au service de la galanterie et du libertinage du 18ème . Elle laisse place, par un retour à des valeurs plus sûres, au Néoclassicisme, au Romantisme et à un Réalisme considéré audacieux par ses contemporains, dernier courant majeur avant l’Impressionnisme et la vitalité stylistique du 20ème.

Pour certains auteurs, ce classement des styles suivrait une logique cyclique de l’histoire de l’art qui, d’une période primitive, sorte de balbutiements au stade expérimental, verrait s’épanouir un style classique, au sommet de son art, pour ensuite se perdre dans la décadence : « le baroque parle le même langage que la Renaissance mais c’est un langage dégénéré ». Avant l’avènement d’un nouveau stade primitif qui introduirait un nouveau cycle.

On peut s'interroger à l’aube du XXIe siècle sur la période dans laquelle se situerait l’art d’aujourd’hui?





Chronique de Liliane Collignon
à retrouver

jeudi 13 mars 2014

TippiRod et Laurent Pigeault - J'attends l'amour aussi





BANDE AUDIO DE L'INTRODUCTION ICI


Laurent Pigeault est un musicien auteur compositeur interprète et créateur en 2008 de l'association PACIR  les artistes au grand coeur, réalisation de spectacles et comédies musicales dont il est l'auteur, scénario, musiques, chansons, au profit de la recherche médicale. 


Voici l'invitation à écrire qu'il lança sur le site iPagination en 2012


The Voices-Iférées est une comédie musicale proposant une parodie de la célèbre émission TV. Vous incarnerez dans vos paroles soit un chanteur passé aux oubliettes qui ne trouve plus la grâce du public, soit un chanteur qui souhaite percer et livre en ses paroles : ses attentes, espoirs et rêves de réussite. De façon sensible et émouvante vous écrirez pour ces chanteurs qui rêvent de la reconnaissance du public ou de la reconquête de ce dernier. Ils ont LA voix et attendent vos paroles? pour se faire connaître , entendre, et livrer leur difficulté pour y parvenir. Vous écrirez la chanson qui saura toucher le cœur du public.

Invitation à laquelle Mathieu Jaegert et moi-même Tippi avons répondu




Pour entendre les paroles écrites par 

TippiRod

cliquer ci-dessous










J'attends l'amour aussi

auteur TippiRod

 Compositeur interprète
 Laurent Pigeault





Tu n' t'es pas retourné
                                                   Je suis tout riquiqui
Moi qui suis enchanté
                                                  Je n'ai plus mes esprits
D'avoir été casté
                                                  J'ai envie d' faire pipi
Pouvoir te rencontrer
                                                  J'voudrais qu' ce soit fini




Suis venu tout espoir
                                                     Je suis sourd comme un pot
Crié pour toi ce soir
                                                                                                            Aucun retour micro
Me laisse pas dans le noir
                                                     Purée qu'est-ce qu'il fait chaud
Etriqué du couloir
                                                     Vais y laisser ma peau




Etre une star une belle
                                                     J'en perds tout mon latin
Mes mots s'ront étincelles
                                                     C'est vraiment pas humain
Si tu me tends l'échelle
                                                     Mince j'ai bouffer l' refrain
Souffle pas ma chandelle
                                                      J'ai dit que les quatrains





Bon sang retourne-toi
                                                     J'ai l'air d'un pitre triste
Je n'ai plus de chez-moi
                                                     J'veux plus être ton choriste
Mon sort à ton minois
                                                     Je t’espérais altruiste
Dépend que je sois coi
                                                     Je m'écrase sur ta piste




Explose le champignon
                                                    Je fantasme les nuques
Que sur rue j'ai pignon
                                                    Les votres me font eunuque
Coutumier des vieux gnons
                                                    J'ai rien compris au truc
J'aspire pas au pognon
                                                    Mon charme vous laisse de stuc




Aussi besoin d'amour
                                                    Y' a pas que la chanteuse
T'en prie ne sois pas sourd
                                                    A être prometteuse
Je suis ton troubadour
                                                    J' lui chante pas une berceuse
Pas une proie aux vautours
                                                    Pourquoi reste t-elle boudeuse ?





Je veux chanter très fort
                                                     J' suis ma caricature
Bouscule moi le décor
                                                     Blessé sous mon armure
N'entrave pas mon essor
                                                     Et je me vois conclure
Fais de moi la voix d'or
                                                     Tombé sous ta censure





Combat un contre quatre
                                                      Je suis allé au bout
Quatre dos d'idolâtres
                                                      Je suis fier et debout
Feux mes espoirs dans l'âtre
                                                      J'remporte tout mon bagou
Je m' rends chez mon psychiatre !
                                                      Je vaux bien un cachou !!!





Déposé à la SACEM


La chanson a été interprètée les

15 juin et 9 novembre 2013

pour le spectacle "Voicesiférées"







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